CHAPITRE XXVI
La royauté spirituelle du Messie cause de l'antagonisme,
Je suis Roi... Ma royauté n'est pas de ce monde.
Paroles de Jésus au tribunal de Pilate.
En lisant les premiers chapitres de cette troisième section du second Livre, nos lecteurs ont pu et même dû se demander d'où vient la haine dont les Juifs n'ont cessé de poursuivre les chrétiens depuis le drame du Golgotha jusqu'à nos jours : haine qui a atteint les premiers Apôtres à Jérusalem, qui a été l'inspiratrice et l'excitatrice de la persécution sanglante des premiers siècles, qui a suscité et fomenté les schismes et les hérésies tout le long de notre histoire, qui s'est emparée de l'institution de la Franc-Maçonnerie pour la faire servir à ses desseins, qui, par elle et avec elle, a fait la Révolution française et en a propagé les idées et les œuvres dans le monde entier, qui, aujourd'hui, soulève les nations les unes contre les autres dans des guerres d'extermination et qui, sur le terrain qu'elles ont préparé, a fait naître le bolchévisme.
Cette haine vient uniquement d'une déception, d'une espérance longuement nourrie et anéantie par le fait qui devait la réaliser.
Les Juifs, depuis la vocation d'Abraham jusqu'à la missiondu Messie, ont appelé de leurs vœux les plus ardents le Roi qui devait naître de la racine de Jessé dans la tribu de Juda.
Ce Roi vint au temps marqué, il se dit le Roi, mais ils virent bientôt que le genre de royauté qu'il revendiquait était tout autre que celui qu'ils ambitionnaient pour eux et qu'ils voulaient voir exercer par Lui.
Le préjugé était si profondément enraciné dans l'âme des Juifs que les disciples du Sauveur eux-mêmes ne le comprirent