‹ Les pourquoi de la guerre mondialeChapitre 115 sur 146 · Cité par Thiers, Histoire de la Révoluti · texte numérisé non relu

Cité par Thiers, Histoire de la Révoluti

Révolution, t. IV, p. 434.

316 l'émancipation des juifs

hommes dans la Révolution, dans leur révolte contre Dieu, dans l'ordre purement naturel. Remarquons, en passant, qu'un même nom, peu modifié, — Convent, Convention, — sert à désigner les assemblées générales de la Franc-Maçonnerie, l'Assemblée révolutionnaire de 1789 et l'Assemblée à venir des députés de toutes les parties du monde21.

On pourrait se demander : Comment la secte a-t-elle pu concevoir une pareille idée et exprimer dès les premiers jours de la Révolution, alors que l'on ne voyait encore rien ou peu de chose de ce travail de fusion du genre humain dont nous sommes témoins et qui s'accélère de jour en jour ? Comment a-t-elle pu poursuivre la réalisation de son idée avec une persévérance qui semble dépasser les facultés humaines, à moins qu'elles ne soient assistées des lumières et des haines d'En-bas? Comment la secte a-t-elle pu avoir, dès le XVIIIe siècle, la pensée et l'espoir qu'elle arriverait à s'emparer de l'humanité entière pour la transformer aussi radicalement? On ne peut l'expliquer que par l'inspiration de son maître. Satan pouvait voir, alors, dans leurs causes, les événements auxquels nous assistons aujourd'hui et qui brisent l'une après l'autre toutes les barrières qui séparent les peuples et les races. Il voyait les progrès des sciences physiques qui venaient de naître ; il ne lui était point difficile de prévoir ceux qu'elles feraient et la facilité, l'étendue, la rapidité et la multiplicité des rapports entre les hommes ; enfin il ne pouvait douter que les disciples de Voltaire et de Rousseau en

21. Le gouvernement des loges a servi de type, aux hommes de la Révolution, pour réorganiser la France, a Le gouvernement de la Franc-Maçonnerie, dit le F.-. Ragon (Cours philosophique, pp. 7, 9, 377 et suiv.) était autrefois divisé en départements, en loges provinciales, qui avaient leurs subdivisions. L'Assemblée nationale, considérant la France comme une grande loge, décréta que son territoire serait distribué suivant les mêmes divisions. Les municipalités ou communes répondent aux loges ; elles correspondent à un centre commun pour former un canton. Un certain nombre de cantons, correspondant à un centre nouveau, composent un arrondissement ou district, actuellement une sous-préfecture, et plusieurs sous-préfectures forment un département. Les grandes loges de province avaient un centre commun, dans la Constituante. » C'est l'ébauche de la façon dont sera organisée la République universelle.

Le F.-. A. J. Régnier, dans un discours aux Conférences maçonniques de Lyon, prononcé le 22 mai 1882, a dit de même : « Le régime républicain est calqué sur nos institutions. » Et le Bulletin maçonnique, livraison de décembre 1890, pp. 229, 230 : « La préoccupation de la Maçonnerie a toujours été d'amener dans l'ordre politique l'avènement de la forme républicaine, et dans l'ordre philosophique le triomphe de la libre-pensée. On peut dire qu'elle n'ajamais failli à sa mission. »

arriveraient aux radicales négations qui bouleverseraient la raison et permettraient, à lui et aux siens, de tout tenter.

A la fin du XVIIIe siècle, ce projet de gouverner le genre humain tout entier, par une Convention unique, placée au centre du monde et composée des députés des Conventions établies dans les anciens royaumes réduits à l'état de départements, pouvait paraître fou. Mais aujourd'hui, à l'entrée du XXe siècle, -où nous voyons le globe entier sillonné par les fils télégraphiques, les chemins de fer, et les steamers, le messie attendu par les Juifs pourrait facilement tenir le monde entier dans sa main, et le gouverner par une Convention centrale en rapport avec des Conventions locales.

On peut voir dans Deschamps, t. II, p. 150 et suiv., l'aide que la Convention, puis Napoléon, reçurent de la Franc-Maçonnerie en Allemagne, en Belgique, en Suisse et en Italie, pour essayer de former les Etats-Unis d'Europe, acheminement vers l 'Etat-Humanité. Le projet n'a jamais été abandonné. L'unification de l'Italie et de l'Allemagne, les ambitions des Etats- Unis, appelés peut-être à recueillir de l'Angleterre l'empire des mers, le mouvement qui agite l'Extrême-Orient, font progresser de jour en jour, sur tous les points du globe, la marche vers l'unité politique. Avant cent ans, cinquante peut-être, deux ou trois empires, grossis par la « consumation » des nationalités de second ordre, pourront se heurter dans un conflit suprême pour laisser le vainqueur libre et maître de disposer à son gré des destinées du monde 22.

22. La duchesse de Dino, qui vivait dans une intimité de famille avec la Cour de Prusse, a noté — c'est à la date du 25 juin 1860, pendant l'entrevue solennelle de Bade — un entretien avec l'Empereur des Français et le prince régent de Prusse, qui sera le futur Empereur d'Allemagne, Guillaume Ier, proclamé â Versailles dans la grande galerie de Louis XIV !

C'est Napoléon III qui parle :

« Que pour en finir avec les révolutions, il fallait faire partout de grands Etats ; que l'Italie devait redevenir VEmpire romain ; que l'Allemagne devait devenir VEmpire prussien; que les petites populations françaises de langue et de mœurs, qui longent les frontières de la France : la Belgique, le canton de Vaud, ceux de Neuchâtel et de Genève, devaient rentrer dans VEmpire français ; qu'alors les nationalités seraient satisfaites, les ambitions aussi ; que les imaginations auraient de l'espace, que ce qui faisait les révolutions étaient le9 petits qui voulaient devenir grands ; que du jour où il n'y aurait que des grands, en petit nombre, mais unis entre eux, on aurait bon marché des révolutionnaires; que les grands Empires, c'est la paix!» Quelle illusion! Ne voyons-nous pas les grands Etats se livrant une guerre d'extermination qui laisse le vainqueur maître du monde.

Page 1