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CHAPITRE XXIX

Moyens employés par la Synagogue pour assurer son ascendant sur la chrétienté.

Le siècle pervers affirme aujourd'hui que la nature humaine est toute pure, qu'elle est immaculée, qu'elle n'a point de péché d'origine, qu'elle n'a point de concupiscence perverse, qu'elle ne pèche point, que ses laideurs sont des beautés, que la chair est sainte dans ses œuvres. L'humanité est toute divine, disent-ils; elle est Dieu! Délivrez donc ce Dieu captif. Délivrez-nous de toute loi, de tO)ite règle, de toute conscience. N'obéissons >>lus, mais régnons. Régnons par la libre et pleine expansion de notre nature et de tous ses mouvements, et ce sera le règne de Dieu sur la terre.

A. Gratry.

Éclairer les peuples. — De quelle lumière ? — Par quels moyens ? - Par l'insinuation. — Par la Presse. — Par les Autorités politiques. — Par l'action directe de la secte. — Par l'introduction des étrangers en France.

L'argent est un moyen de séduction et de domination bien puissant, mais ce n'est qu'un moyen extérieur. Il en est un autre d'une efficacité plus grande et qui n'a point à craindre les vicissitudes de la fortune, parce qu'il agit sur l'âme et dans l'âme. C'est la perversion de l'esprit public et la déformation des consciences.

Dès avant l'émancipation des Juifs, l'un d'eux, l'Allemand Weishaupt, qui fut le créateur de l'Illuminisme, association

Les Pourquoi de la Guerre mondiale. — III 22

supérieure dans le monde des sociétés secrètes, fondée dans l'intention de les inspirer toutes et de leur donner l'impulsion et la direction aux approches de la Révolution, lui donna cette Instruction qu'il considérait comme fondamentale :

Le grand art de rendre infaillible une révolution quelconque, c'est d'éclairer les peuples, c'est-à-dire amener insensiblement l'opinion publique à désirer, à vouloir, à exiger les changements, qui sont l'objet de la révolution voulue.

Il ajoutait :

Quand l'objet de ce vœu est une Révolution universelle, tous les membres de ces sociétés tendant au même but, s'appuyant les uns sur les autres, doivent chercher à dominer invisiblement et sans apparence de moyens extérieurs, non pas seulement sur la partie la plus éminente de la société, ou la moins distinguée d'un seul peuple, mais sur les hommes de tout état, de toute nation, de toute religion. Souffler partout un même esprit ; dans le plus grand silence et avec toute l'activité possible, diriger tous les hommes épars sur la surface de la terre vers le même objet. C'est dans l'intimité des sociétés secrètes qu'il faut savoir préparer V opinion.

Et à quoi doit tendre cette mystification? L'un des douze aréopagites de l'Illuminisme, le baron Knigge, nous éclaire pleinement là-dessus. Il écrit :

Pour rétablir l'homme dans ses droits primitifs d'égalité et de liberté, il faut commencer par détruire toute religion, toute loi civile, et finir par V abolition de la propriété... J

Voilà donc bien clairement déterminé et par les papiers mêmes de la secte le but où veut nous conduire la conspiration judéomaçonnique. Le but vers lequel nous marchons depuis plus d'un siècle et que nous sommes près d'atteindre : abolition de toute religion dans l'Etat et même dans les familles dès l'enfance et la jeunesse ; abolition des lois civiles qui gênent la marche de la Révolution, abolition de la propriété par des impôts grossissants et par les lois qui règlent la transmission du bien familial. Ce n'est le désir ni l'opinion de personne; on s'ingéniera à amener ces choses en fait et cela par l'opinion même et en faisant croire que ces choses et ces faits ne sont nullement des atteintes à la religion, à la famille, à la propriété.

i. Code Illuminé. Système général. T. II du procès dé Munich. Pièces justificatives, p. 391-395. Cité par Robiano. Continuation de l'histoire de l'Eglise. Toutes les recettes de subversion mises en oeuvre depuis la Révolution pour bouleverser le monde sont là, dans les papiers de Weishaupt, saisis et publiés en 1 7S5 et qui ont été le fondement des accusations et des condamnations prononcées contre lui et ses complices.

C'est ce que les Francs-Maçons ne cessent de dire. Ils ne cessent de crier bien haut : « La Franc-Maçonnerie n'est pas une secte religieuse ni une association politique. Elle ne prend pas et ne veut pas prendre une part directe ni indirecte au gouvernement de ce pays 2 . » Mais consultez son ce Bulletin »,, ses « comptes-rendus », aux ateliers, ses « publications clandestines», et vous vous convaincrez que toutes les lois soit politiques, soit antireligieuses, soit anti-familiales, votées par les Chambres, leur sont invariablement envoyées toutes faites du Grand-Orient. Il ne faut point croire que ce soit seulement sur les choses de grande importance que la secte exerce son art de mystifier le public et de le mener en fabriquant l'opinion. Tous les observateurs peuvent se rendre compte du «trust», de la coalition de milliers et de millions d'agissants mus par une même impulsion, le plus souvent inconnue, obscure, pour introduire les modes, changer les goûts, faire des succès d'estime ou démolir des réputations, se servant pour cela tantôt du bruit, tantôt du silence, aujourd'hui de diversions, le lendemain d'agitations, tout cela principalement par la presse.

Prenons pour exemple l'affaire Dreyfus. L'opinion était-elle favorable, le 17 novembre 1897, à la réhabilitation du condamné? Elle n'y songeait même pas. Tout à coup, dans les cafés, les cercles, les salons, on dit qu'un sénateur invite le gouvernement à procéder à la révision du procès. La nouvelle fait hausser les épaules. Mais le lendemain, l'affaire prend un retentissement surprenant, et le nombre des journalistes disposés à plaisanter de 1' « innocent » est diminué. Le surlendemain il diminue encore. Au bout de huit jours vous ne rencontriez plus que des nouvellistes criant leurs angoisses. Quels sont les inspirateurs et les meneurs? C'est ce qu'il est assez difficile de distinguer ; mais l'embauchage n'était pas niable. Et pas seulement à Paris, mais dans toutes les capitales, à Londres, à Berlin, comme à Paris, dans tous les pays. En Allemagne, en Autriche, en Amérique des agences internationales fonctionnèrent sans arrêter ; et les fausses dépêches partent de là par paquets, pour donner à tous les journaux sur tous les points du monde la note à publier, afin de donner le change au public sur ce que venaient de faire soit les juges, soit les gouvernants.

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