IIIe série, Tome XXII. Juillet-novembre
qu'il faut nous étudier15, afin de nous rendre les régulateurs de toutes les valeurs, et, autant que faire se pourra, prendre en nantissement des capitaux que nous fournissons au pays, l'exploitation de leurs lignes de fer, de leurs mines, de leurs forêts, de leurs grandes forges et fabriques, ainsi que d'autres immeubles, voire même l'administration des impôts. »
Il y a une dizaine d'années, Edouard Drumont, qui a si bien compris les Juifs et qui les a observés de si près, disait : « Quand le moment paraîtra opportun, les Juifs feront un coup de ciuerre comme ils font un coup de bourse ». La guerre mondiale est-elle un coup des Juifs? Mystère. Ce qui est certain, ce qui ne peut échapper à aucun œil, quelque myope qu'il soit, c'est que la guerre mondiale imprime à la fortune juive une impulsion, lui donne un accroissement, dépassant toute imagination. Que restera-t-il demain aux peuples en vraie propriété? « Le monde sortira de tout cela extrêmement pauvre », a dit le premier ministre du Canada. Il aurait pu ajouter : « Il y a quelqu'un qui en sortira extrêmement riche », riche de tous les biens liquidés et d'une bonne partie de ceux qui sont fixés dans le sol.
15. N'est-elle point prodigieuse, n'était-elle point inimaginable la facilité ec laquelle se sont faits pendant cette guerre les emprunts qui se comptent
avec
par centaines de milliards ?
Depuis cent vingt ans, le Code Napoléon, les lois fiscales et en particulier celles sur la transmission de l'héritage s'appliquent à démolir la famille en France. Depuis quelque vingt ans cette démolition est accélérée.
L'héritage, c'est le patrimoine accumulé par les générations provenant d'une même souche, transmis aux générations qui vont suivre comme moyen de se maintenir, d'accroître non seulement leur aisance, mais leur dignité, leur rôle social et de les mettre à même de rendre à la société des services meilleurs et plus nombreux. Sans transmission de patrimoine, il n'y a pas, à proprement parler, de famille, il n'y a que des ménages qui naissent et disparaissent comme les champignons. C'est l'héritage qui donne la durée aux familles et permet de maintenir et d'accroître de génération en génération la tradition des coutumes et des vertus des ancêtres.
La constitution donnée à la famille par la Révolution et le Code favorise la propriété privée en même temps qu'elle pulvérise le patrimoine tous les trente ou trente-cinq ans, sans tenir compte de l'intérêt social qui demande de stabiliser les réserves, de maintenir la vigueur d'une industrie, la puissance d'une exploitation, le respect d'un nom. Elle encourage ainsi l'égoïsme et les vices qui en découlent, elle contribue à mettre la société dans l'état où nous la voyons.
Le grand, très grand besoin d'argent où s'est trouvée la France, a fait penser à nos représentants qu'ils se trouvaient dans la nécessité d'en prendre où il y en a et où il est plus facile de le prendre, à la mort du propriétaire. De là des projets de loi et les lois sur les successions et sur le capital, qui reviennent à la règle suivie par les sauvages de la Louisiane, « couper l'arbre pour avoir du fruit ».
Les droits de succession, qui étaient de deux cent trente-six millions en 1916, se sont élevés à trois cent trente-neuf millions
en 1917, à trois cent soixante-cinq millions en 1918, à six cent soixante-dix millions en 1919. Quel chiffre atteindront-ils en cette année 1920 et en 1921, après l'application du nouveau budget ?
Il eût été mieux, semble-t-il, plus naturel et plus rationnel d'exiger des Allemands le paiement prompt et intégral de la dette contractée à notre égard, que de demander aux Français de la liquider. Mais non, on nous a proposé un impôt de cinquante milliards à prendre sur le capital, c'est-à-dire sur les propriétaires fonciers de France, sur les industriels, sur les commerçants, grands et petits, sur tous les producteurs et les stimulateurs de la richesse publique, sur la richesse vivante et opérante. N'est-ce pas préparer la mort économique de la nation,, après avoir préparé celle des familles?
C'est l'avènement officiel du socialisme et bientôt du communisme qui se présente à l'horizon. Aussi ne faut-il pas s'étonner de voir les socialistes de la Chambre et du Sénat pousser avec ardeur aux dépenses, l'une des causes de la progression des impôts ; et cela pour acculer la société bourgeoise au suicide.
Le socialisme et la ploutocratie internationale sont également intéressés à ces impôts sur les successions, sur le capital, etc. Le socialisme y voit une préface à la confiscation générale, et la ploutocratie y trouve l'occasion d'affaires fructueuses d'une envergure insoupçonnée jusqu'ici.
M. Edgar d Alex, professeur à la Faculté de Droit à Paris, a écrit dans la Revue politique et parlementaire la page suivante :
M. Gaudin de Villaine a donné, un jour à la tribune, un moyen d'échapper à cette catastrophe. « Supposons, dit-il, pour une minute, que je suis du gouvernement. Après entente avec mon collègue le garde des sceaux, ministre de la justice, j'eusse convoqué dans mon cabinet la personnalité qui passe à juste titre pour être le chef de la haute banque internationale, du moins dans le vieux monde, et, en particulier, en Europe occidentale. Là, après lui avoir rappelé les accusations que j'ai déjà apportées à cette tribune, le 25 janvier 1917 et le 13 mai 1919, accusations qui n'ont jamais été démenties et qui n'ont été qu'enveloppées de silence par une certaine presse à laquelle la discrétion rapporte peut-être plus que les scandales de la publicité (Sourires) , j'aurais rappelé, dis-je, à cette personnalité les
graves responsabilités prises par elle et sa famille contre cette France, qui s'est montrée trop hospitalière, et je lui aurais dejnandé, comme contre-partie,de faire au Trésor français l'avance sans intérêts des quelques milliards qui manquent à notre trésorerie pour équilibrer Le budget jusqu'à l'apport des fonds allemands. Je vous assure, messieurs, que la haute banque, qui a glané plus de vingt-cinq milliards depuis 1914 dans les charniers sanglants d'Europe et d'Asie, eût accepté la transaction, trop ^heureuse d'éviter ainsi de prochaines et suprêmes expiations. »