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La Légitimité, par Blanc de Saint-Bonnet, p

3. Les révélations- de M. de Giers faites dans le salon de la baronne X*** ont été publiées ppu après, elles ont été reproduites dans nombre de revues

et de livres sans avoir jamais été démenties.

avoir à cette abstention d'autre raison que celle-ci : entre la secte et les descendants de l'apostat Grand-Maître de l'Ordre teutonique, il y a toujours eu des affinités secrètes et même une entente pour arriver à unifier d'un commun effort l'Allemagne sous le sceptre des Hohenzollern. Parmi les connivents de la Prusse à cette fin figurait le duc de Saxe-Weimar, Charles- Auguste, un des membres les plus actifs des hauts grades maçonniques.

Metternich, à l'occasion de 'l'assassinat de Kotzebue, porta devant les souverains la question des sociétés secrètes. Il écrivit, le 30 juillet 1819, à l'empereur François, une lettre dans laquelle il résuma une entrevue qu'il avait eue avec le roi de Prusse Frédéric-Guillaume III, à Tœplitz. Il y exprimait ainsi les pensées que cet entretien avait laissées dans son esprit :

« La conjuration découverte a son origine et son siège en Prusse ; les conjurés d'un rang inférieur sont connus aujourd'hui; les chefs ne le sont pas encore, mais ils appartiennent certainement aux plus hautes sphères ».

De nouveau, le 1er avril 1820, Metternich rendit compte à l'Empereur d'une conférence qu'il avait eue avec plusieurs princes et il dit :

ce La conduite louche jusqu'à l'invraisemblable qu'ont tenue la plupart des gouvernements allemands (et sous ce rapport le gouvernement prussien tient la tête) , a donné un tel essor à l'esprit révolutionnaire en Allemagne, que nous sommes arrivés peut-être à la dernière période où le mal puisse être combattu avec succès. »

Jusque-là, observe Metternich, les révolutionnaires allemands étaient séparés les uns des autres, comme les Etats dans lesquels vivaient les conspirateurs. Mais maintenant, ils voient que, dans de telles conditions, il était impossible de frapper un coup qui portât. Chose remarquable, ce sont des hommes appartenant à l'enseignement, qui travaillent le plus efficacement à la réunion des Allemands en l'Allemagne une. Ces professeurs se vantent de « suivre la véritable voie ». En effet, la génération déjà élevée ne peut servir à atteindre le but visé : il faut jeter les yeux sur les générations à élever. Il a déjà passé plus d'une de ces générations, depuis qu'on travaille systématiquement la jeunesse, en vue de ce but criminel ; aussi y a-t-il aujourd'hui toute une classe de futurs employés de l'Etat, d'instituteurs du peuple et de savants en herbe qui est mûre pour la Révolution ».

Ces paroles de Metternich montrent combien rapidement avaient été répandues les instructions données par le Pouvoir occulte à la Haute Vente et transmises par celle-ci aux Loges. Il y était dit : « Laissez de côté la vieillesse et l'âge mûr ; allez à la jeunesse, et, si c'est possible, jusqu'à l'enfance. »

Les Pourquoi de la. Guerre mondiale. — III 4

Metternich était bien loin de savoir qu'en ce moment-là même, l'un des membres de la Haute- Vente, un noble lombard nommé V*** et ayant pris le nom de Gaëtano dans sa correspondance avec ses complices, avait été introduit chez lui et travaillait dans son propre cabinet. Plus tard, la réflexion vint à celui-ci et il écrivit le 23 janvier 1844 au chef des conjurés :

« Avant de répondre à vos deux lettres, mon Nubius, je dois vous faire part de quelques observations. Dans l'espace de quelques années, nous avons considérablement avancé les choses. La désorganisation sociale règne partout, elle est au nord comme au midi. Nous aspirions à corrompre pour arriver à gouverner, et je ne sais si, comme moi, vous vous effrayez de notre œuvre. Il a été très facile de pervertir, sera-t-il aussi aisé de toujours museler Jes pervertis ? En Suisse comme en Autriche, en Prusse comme en Italie, nos séides qui seront demain nos maîtres — et quels maîtres, ô Nubius! — n'attendent qu'un signal pour briser le vieux monde. L'élan donné et reçu, où ira cette pauvre Europe ? La crainte que j'éprouve à Vienne 4, ne la ressentez- vous pas ? Je n'ai pas encore de remords, mais je suis agité de craintes 5 ».

Après Metternich, voici un autre Allemand, Prussien celui-ci, le principal ministre de la Prusse à cette époque, qui a témoigné de l'entente cordiale existant entre son gouvernement et la Maçonnerie. En même temps que ministre du gouvernement prussien, M. de Haugwitz avait la direction de la Maçonnerie et de V Ordre intérieur dans toute l'Allemagne, la Pologne et la Russie. En 1822, lorsque les sociétés secrètes firent explosion en Espagne, à Naples et dans le Piémont, les souverains, pour garantir leur couronne et la paix de leurs peuples, se réunirent en congrès dans la ville de Vérone. M. de Haugwitz leur remit un Mémoire sur les sociétés secrètes.

« Arrivé à la fin de ma carrière, dit-il, je crois qu'il est de mon devoir de jeter un coup d'œil sur les menées des sociétés secrètes dont le poison menace l'humanité aujourd'hui plus que jamais ». Il raconte comment il fut amené à entrer dans la secte et les fonctions qu'on lui donna à remplir. Ces fonctions lui permirent de voir et de dire : Son but est de parvenir à la domination du monde et de se servir pour cela des rois aussi bien que de l'ordre maçonnique... Mon premier soin (après avoir renoncé à la Maçonnerie) fut de communiquer à Guillaume III

4. Où il était placé près de Metternich, comme nous venons de le dire.

5. Voir l'Appendice du livre La conjuration anti chrétienne, qui donne intégralement les pièces confiées à M. Crétineau-Joly par le Vatican pour le livre qu'il était chargé de faire sur les sociétés secrètes.

mes découvertes. » Voici qui fait connaître le compte que celuici en tint.

A la suite de cette communication de l'ancien ministre de Prusse, les empereurs d'Autriche et de Russie prirent des mesures sérieuses contre la Maçonnerie. Le roi de Prusse, lui, se refusa à rien faire contre elle. Bien plus, il écrivit à son médecin Wiebel, lequel était membre de la Grande Loge d'Allemagne :

<r J'ai eu fort à faire ici au sujet de la Franc-Maçonnerie et de sa conservation en Prusse... Dites-leur que la Maçonnerie pourra compter sur ma protection, aussi longtemps qu'elle se renfermera dans les limites qu'elle s'est fixées à elle-même ».

« Dès ce jour, dit M. Claudio- 3 annet, le pacte fut resserré entre la Prusse et la Franc-Maçonnerie. Les Loges jugèrent que la Prusse était de tous les Etats de l'Europe le plus capable de réaliser leur œuvre, et elles en ont fait le pivot de leur action politique, sans se laisser déconcerter par les hésitations et parfois même par les velléités réactionnaires du successeur de Guillaume III. »

Cette résolution des Loges se manifesta d'une manière bien éclatante en 1848 au Parlement qui se réunit à Francfort. Les Loges avaient, réussi à introduire un bon nombre de leurs F.*. et leur avaient donné le mandat de faire déclarer le roi de Prusse, sous un titre ou un autre, le chef de l'Allemagne. Celui-ci se sentit talonné par des velléités successives et opposées. Enfin il se prononça pour un refus.

La Franc-Maçonnerie ne renonça point pour cela à son projet. Elle le fit réussir un quart de siècle plus tard, en 1871. Guillaume Ier se laissa proclamer empereur d'Allemagne. Il se garda bien de rompre avec la Franc-Maçonnerie. Il savait ce qu'il lui devait et comment elle le tenait.

Lors de la visite de Victor-Emmanuel, à Milan, en 1875, les Loges italiennes envoyèrent une députation à leur frère couronné, à la tête de laquelle se trouvaient les députés Mussi et Tamajo, qui se déclarèrent enchantés de l'intérêt que l'empereur d'Allemagne avait pris aux progrès des Loges en Italie. (Voir le Secolo du 23 octobre 1875 et la Capitale du 27 octobre6).

6. Cette affirmation du général Gelazinski, publiée avec l'autorisation des chefs de la Franc-Maçonnerie, à savoir que la dynastie des Hohenzollern a toujours été conséquente avec elle-même, que toujours elle a protégé la secte, rappelle une parole aussi surprenante que remarquable de Martin Luther. Il appelait le margrave Joachim de Brandebourg « fils du diable » ;

En 1881, trois ans avant l'Encyclique de Léon XIII, le même Guillaume avait fait présent de son buste aux F.*. Maçons de Berlin. Le dimanche 16 janvier, le général Ziegler, Grand- Maître de la principale Loge de cette ville, alla offrir au prince ses remerciements et ceux des membres de la secte. Après s'être entretenu pendant trois quarts d'heure avec ce général de choses concernant les intérêts de la Franc-Maçonnerie, l'Empereur congédia le Grand-Maître, en lui disant : Dites à vos frères que je suis toujours le vieux.

Vint le Kulturkampf. Lorsque les négociations étaient déjà engagées avec le Saint-Siège pour y mettre fin, le journal allemand maçonnique, Latomia, rappela un discours prononcé par l'héritier présomptif de l'Empire, à l'inauguration de la Loge Royal York., à Berlin. Le prince y parla des rapports qui existent entre sa maison et la corporation maçonnique et il termina son discours par ces mots :

« Marchons courageusement en avant. Répandons la lumière et le progrès, correspondant ainsi à l'esprit du temps Si l'action des Frères maçons se tient dans la ligne qui leur est dictée par leurs règles, cette institution fleurira, et je continuerai, de concert avec vous, à consacrer à Vart maçonnique ma vie et ma force. »

Peu après, lorsque Léon XIII adressa aux peuples son Encyclique sur la Franc-Maçonnerie (20 avril 1884), le général Gelazinski publia à Berlin, avec l'autorisation de la Grande Loge d'Allemagne, autorisation dont la Franc-Maçonnerie n'est pas prodigue, un livre où il dit : « De toutes les Puissances européennes qui ont été en rapport avec la Franc-Maçonnerie, deux seulement ont toujours été conséquentes avec elles-mêmes ; la Prusse qui Va toujours protégée, et la papauté qui l'a toujours combattue. »

Voici un dernier trait qui montre l'intérêt que l'empereur Guil-

il l'accusait d'avoir fait en son nom et au nom des siens un pacte avec le diable. Voici son expression : Habuit fœdus cum sathana, ipse et Pater ejus. Pour ce qui est des Papes, Clément XII, puis Benoît XIV publièrent des Bulles par lesquelles ils condamnèrent la Franc-Maçonnerie. Pie VII, par la Bulle Ecclesiam a Jrsu Christo, condamna toutes les sociétés secrètes et notamment les Carbonari, aux ides de septembre 182 1. Léon XII, le 13 mars 1826, rappela les condamnations de ses prédécesseurs, et il les étendit aux sociétés formées dans les Universités. Pie IX renouvela toutes ces condamnations. (Allocution consistoriale du 25 décembre 1865.) Enfin Léon XIII publia une Encyclique, avertissant le monde des dangers que les sociétés secrètes font courir à la société.

laume Ier portait aux choses de la Franc-Maçonnerie, et qui en même temps manifeste l'un des traits de son caractère. M. Gloden, professeur à l'Université de Rostock, acheta et recueillit différents documents maçonniques prouvant que la Prusse a l'intention de se servir de la Franc-Maçonnerie pour établir sa prépondérance politique sur l'Allemagne. Il offrit ses papiers au prince de Prusse devenu l'empereur Guillaume Ier pour la somme de dix mille thalers. Ce prince lui en offrit cinq mille. M. Gloden refusa. Peu après deux gendarmes mecklembourgeois vinrent lui répéter l'offre de cinq mille thalers pour ses papiers. Nouveaux refus. Alors les gendarmes firent une perquisition, les trouvèrent et les enlevèrent de vive force. M. Gloden intenta un procès au gouvernement de Mecklembourg.

Ceci fut raconté par la Gazette de Leipzig et reproduit quelques années plus tard par l'Orient, revue mensuelle maçonnique qui cessa de paraître peu après, sans doute pour punir son indiscrétion.

Pour ce qui est de Guillaume II, contentons-nous de dire qu'à la seconde année de son règne, plusieurs prétendirent que le jeune Empereur était hostile aux Francs-Maçons. Le Journal des Débats lui opposa ce fait : l'Empereur vient d'envoyer à toutes les Loges maçonniques le portrait de son grand-père, en l'accompagnant d'une lettre des plus bienveillantes.

Voyant ses princes ainsi inféodés à la Franc-Maçonnerie, l'armée ne pouvait que les suivre. Dans l'ouvrage qu'il publia en 1913 et qui dans sa pensée était un monument élevé à la gloire de l'Allemagne moderne (titre du livre) , M. Jules Huret dit (t. I, p. 28) : « Beaucoup d'officiers allemands sont Francs-Maçons et ne s'en cachent pas, au contraire. Le prince Léopoîd de Prusse, président d'une Loge à Berlin, manifesta un jour son contentement de voir tant d'officiers présents à un convent maçonnique, car, dit-il, l'Empereur approuve la Maçonnerie. »

La Franc-Maçonnerie a laissé s'accomplir ou peut-être provoqué la chute des Hohenzollern conformément à ce qu'avait annoncé au correspondant de YOsservatore cattolico un ministre des Affaires étrangères du Brésil en 1888'. Mais, comme ce qui se passe actuellement le prouve, les relations entre la Prusse et la Maçonnerie ne sont Das moins étroites.

Note complémentaire.

Alliance contractée entre le Gouvernement prussien et la secte judéo-maçonnique de disposer un certain nombre de soldats allemands habitués des Loges à manifester pendant la guerre les sentiments qiïils y puisent à Végard de la Personne de Notre-Seigneur Jésus- Christ et de tout ce qui lui est consacré, personnes et choses.

M. Prum, député catholique à la Chambre luxembourgeoise, a publié dans le Journal de Clairvauoc un article qui montre bien quel esprit animait, non certes tous les soldats de l'armée allemande, mais ceux qui étaient fanatisés par la secte et plus imbus de l'esprit prusso-maçonnique.

M. Prum, dans cet article, évoque quelques-uns des innombrables sacrilèges commis par les Allemands rien qu'en Belgique. Il peut suffire de relever ceux-ci :

A Sorinnes, les Allemands ont traité un ciboire rempli d'hosties consacrées de telle manière que, par respect pour le lecteur, nous ne pouvons pas en dire plus.

A Aerschot, le tabernacle de l'église principale fut brisé, les Saintes Espèces souillées, et tous les vases sacrés enlevés.

A Ethe, le tabernacle fut fracturé, les saintes hosties jetées dans un trou, les vases sacrés emportés, l'ostensoir mis en pièces.

A Porcheresse, Bouge, Evrechailles, Lisogne, Maizeret, etc., les tabernacles furent brisés et les Saintes Espèces profanées.

Dans l'église d'Aiseau et dans celle de Saint-Trond les soldats allemands commirent sur les autels des actes si abominables qu'il est impossible de les évoquer.

A Hastière, le curé était occupé, lors de l'entrée des troupes allemandes, à mettre en sûreté le Saint Sacrement. Les soldats teutons se saisirent de lui, lui arrachèrent les hosties consacrées, les jetèrent sur le sol et les foulèrent aux pieds.

Pour la France, citons seulement à titre d'exemple le cas de Gerbéviller... où les Allemands utilisèrent le tabernacle comme cible, en brisèrent la porte et traversèrent à plusieurs reprises le ciboire rempli d'hosties consacrées.

Ces abominations, observe M. Prum, étaient parfaitement connues des autorités allemandes compétentes et même de hautes personnalités susceptibles d'intervenir. Il ajoute :

ce Déjà, dans la lettre ouverte que j'adressais à M. Erzberger, j'avais appelé avec insistance l'attention des catholiques allemands sur l'effroyable horreur des sacrilèges perpétrés par leurs soldats. De même dans mon livre Der Witwenstand der Wahrheit, j'avais consacré un chapitre spécial à ces attentats et où je montrais la mer de sang et de larmes, les incendies et les sacrilèges infernaux qui, depuis le mois d'août 1914, séparaient la nouvelle civilisation allemande et ses doctrines de « surh'imanité » de la vieille civilisation chrétienne et tout spécialement de la chrétienté catholique.

Ce passage de mon livre, considéré comme offensant pour l'armée allemande, m'amena devant le Conseil de guerre de Trêves. Le 25 janvier 1916, en séance publique, je maintins énergiquement devant les juges militaires, avec mon accusation, ma protestation, et je déclarai :

« Tous les sacrilèges effroyables racontés ou seulement indiqués par moi sont des faits prouvés. Mgr Heylen, après une enquête conduite par ses soins, a adressé un rapport aux hautes autorités ecclésiastiques de Rome sur cinquante sacrilèges de cette sorte connus dans le seul diocèse de Namur. »

A ces sacrilèges, il faudrait ajouter les meurtres de prêtres innocents, sur lesquels on a le témoignage du peuple belge tout entier et de ses évêques. Des exécutions par les armes aussi peu justifiées ont été faites à Lille et sans doute ailleurs.

Enfin il faudrait dire le crime plus odieux encore de viol sur des personnes consacrées à Dieu dans leur propre couvent, et l'enlèvement en masse par la force armée de milliers de jeunes filles de Lille, Roubaix, Tourcoing, etc., et soumises aux sévices les plus ignominieux.

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