‹ Les pourquoi de la guerre mondialeChapitre 26 sur 146 · LA FRANCE · texte numérisé non relu

LA FRANCE

qui triomphe, il saura bien, pensait-il, trouver dans ce triomphe des armes contre l'Eglise, contre les peuples catholiques et en particulier contre la France : ce dont nous sommes témoins depuis l'armistice le donne à penser.

Nous voyons que la France, grâce au secours divin, et grâce au génie de ses hommes de guerre et à la vaillance de l'âme française, a triomphé de l'Allemagne. Qu'en est-il résulté ? La France est victorieuse ; mais, conformément aux vœux de la secte, elle est réduite à l'impuissance tandis que l'Angleterre a tiré de cette victoire tous les bénéfices qu'elle pouvait désirer, et que l'Allemagne vaincue est mise à même de se relever aussi puissante que jamais, aussi résolue dans ses desseins d'hier. De cette sorte l'Allemagne et l'Angleterre pourront toujours l'une et l 'autre servir la secte dans ses desseins.

Au-dessus de Satan et des Juifs, au-dessus des Maçons et des chefs des peuples qui acceptent leurs services, au-dessus de leurs projets et de leurs machinations pour les réaliser, il y a Dieu, Dieu tout-puissant. Et comme le dit Donoso-Cortès :

« Lucifer n'est pas le rivai, i! est l'esclave du Très-Haut; le mal qu'il introduit dans le monde, il ne l'introduit pas sans la permission du Seigneur ; et le Seigneur ne le lui permet que pour châtier les impies ou pour purifier les justes par le feu brûlant de la tribulation. De cette sorte, le mal même arrive à se transformer en bien sous la conjuration toute-puissante de Celui qui est, et qui a tiré tout ce qui est en dehors de lui, des abîmes du néant 1. »

C'est l'esprit dominé par ces grandes pensées que nous devons considérer les événements actuels. J. de Maistre y invitait avant Donoso-Cortès :

« C'est à l'accomplissement des décrets divins, disait-il, que sont coordonnés tous les faits, toutes les révolutions que l'histoire a enregistrés, tous ceux qu'elle enregistrera jusqu'à la fin des temps. Tous concourent à l'œuvre secrète que Dieu opère presqu'à notre insu et qui ne sera pleinement révélée qu'au grand jour de l'éternité. »

Si cela est vrai, et cela est vrai — de toutes les guerres, de toutes les révolutions, de tous les faits qu'enregistre l'histoire ;• — combien cette vérité ne s'impose-t-elle pas à notre esprit lorsqu'il considère cette guerre et la révolution qu'elle est en train de produire dans l'état de l'Europe, dans les conditions politi-

i. L'Eglise et la Révolution.

ques et financières, sociales et religieuses des autres parties du monde, en un mot, dans l'état général de l'humanité.

Quel sera ce nouvel état de choses ? C'est le secret dont Dieu seul a le mot. Nous l 'étudierons cependant au troisième livre de cet ouvrage, mais avec crainte de nous tromper et non sans un tremblement révérenciel ; car nous n'ignorons pas la recommandation de l'Ecclésiastique : « Les choses qui sont au-dessus de toi ne les recherche pas ». (Si ce n'est dans le respect du mystère divin, la crainte qu'il impose et la louable intention d'être utile à ses frères.)

C'est, disons-nous, le secret de Dieu ; ce qui n'empêche pas la secte d'avoir le sien. Qu'elle soit pour beaucoup dans le déchaînement des ambitions et des convoitises qui déchirent le monde, qui peut en douter? Mais s'il appartient à Dieu de réaliser pleinement son secret à lui, la secte n'a pas le même pouvoir en ce qui est du sien.

Quel est-il?

Aux suppositions exposées ci-dessus, une autre peut être jointe. Il peut se faire qu'Israël croit proche l'heure de fonder la République universelle qu'il gouvernera et par laquelle il régnera sur tout le genre humain. S'il en est ainsi, on s'expliquerait qu'il ait uni l'Angleterre, la France, l'Italie, l'Amérique pour arrêter l'Allemagne et la maintenir quoi qu'il advînt, sous sa dépendance, et en même temps mettre les nations adverses dans un état d'épuisement où elles seront toutes à sa merci.

Déjà nous voyons se dessiner les grandes lignes du plan à exécuter. La secte pouvait se dire qu'au lendemain de la guerre, lorsque toutes les nations seront gisantes sur le carreau et que de toutes les poitrines humaines s'élèverait le cri : « La paix ! La paix à toujours ! » Israël se présenterait comme capable d'établir cette paix. Déjà il a pris ses dispositions pour répondre à ce vœu de la multitude, à ce besoin d'une paix générale et incessante, que ses journaux, ses congrès et ses ligues pacifiques ne cessent depuis un siècle de dire désirable et réalisable. La présente guerre si désastreuse et ses déplorables conséquences lui permettent de surexciter ces vœux : « Plus de guerre ! abolition de la guerre à jamais ! »

Israël prend ses dispositions pour répondre à ce vœu. Il a

fait instituer la Société des Nations, faisant dire à ses journaux, ses congrès et ses ligues comment, par elle, le besoin de paix universelle et définitive peut être réalisé : il le serait par l'autorité d'un tribunal des conflits entre nations. Ce tribunal est en formation à l'heure actuelle, et Israël prend ses dispositions pour le présider. Nous avons dit ce qu'a fait la conférence de Versailles ; M. Flourens nous dira plus loin ce qui s'est passé à La Haye et comment s'ébauchait le tribunal qui veut être l'arbitre, le juge, le roi de l'univers.

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