TENTATIVES D'UNION
et en même temps il s'efforçait d'aveugler les catholiques par des mesures qui pouvaient paraître bienveillantes et d'endormir la vigilance de la Papauté par ses démarches vers elle et ses visites au Vatican.
Déjà en 1817 le gouvernement prussien avait cherché à donner chez lui plus de consistance au protestantisme dont il voyait s'avancer de plus en plus la décomposition. A cette fin, il essaya d'opérer la fusion de l'Eglise luthérienne et de l'Eglise calviniste en une Eglise qu'il appela V Eglise évangélique. Avec elle exclusivement gouvernement et administration se tiendraient en rapports.
C'est Frédéric-Guiiiaume III qui avait fait cette tentative. Profitant du jubilé de la Réforme, il adressa à tous les chrétiens protestants de son royaume un appel à l'union. En 1822, il prescrivit un rituel, que calvinistes et luthériens devaient unanimement observer. En 1829, ne le voyant pas agréé, il dut le retoucher, mais les oppositions ne cessèrent point, et l'on vit maints pasteurs émigrer en Amérique ou en Australie avec leurs paroissiens. Ce ne fut qu'en 1841, après l'avènement de Frédéric-Guillaume IV, que les luthériens opposants eurent autorisation de se constituer en une Eglise séparée de l'Eglise évangélique.
Les souverains de la Prusse n'étaient point seuls à vouloir enrayer le mouvement de dissolution qui croissait de jour en jour. On eut alors l'idée de recourir à des associations qui s'emploieraient à unifier. C'est ainsi que naquirent en 1841 la société de Gustave-Adolphe , et en 1846 V Alliance évangélique qui compta parmi ses chefs les plus influents, le diplomate prus^ sien Bumsen, Merle d'Aubigné, Krummacher, etc. L'association eut pour organe la Nouvelle gazette de VEglise évangélique. Elle célébra son onzième congrès en 1857 sous la protection de Frédéric-Guillaume IV.
Rien de tout cela n'empêcha, sous l'influence de la philosophie rationaliste et les idées du jour, l'immense majorité des gens instruits de déserter le bercail où on voulait les retenir. La grande masse de la population se livra à une indifférence religieuse de plus en plus absolue.
Cependant les personnes et les familles faisant profession du