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APRÈS LEUR DÉFAITE ET NOTRE VICTOIRE

profonde qu'elle causerait aux yeux du monde, qui avait entendu les ambitions si hautement proclamées auparavant \

Guillaume II prit la fuite 2, mettant ainsi le sceau à la prophétie de Lehnin qui depuis des siècles était le cauchemar de son grand-père et qui, durant tout son règne, l'avait mis et tenu dans cet état d'indécision qui le faisait passer d'un extrême à l'autre, des déclarations les plus belliqueuses à l'inaction dans les circonstances les plus favorables.

Et cependant l'Allemagne se montre aujourd'hui aussi orgueilleuse, aussi prétentieuse, aussi exigeante qu'elle l'était hier du respect des droits qu'elle s'attribue. Et comment ne le serait-elle point? Elle eût pu, elle eût dû être rayée du rang des grandes puissances ; elle est restée debout. Elle est redevenue menaçante dès le lendemain de sa défaite et dans son désastre. C'est qu'elle a senti que dès lors la couvrait l'ombre protectrice d'une égide tenue par une main invisible, mais que ses chefs savaient être celle de la secte au service de laquelle elle s'était mise et qu'elle pouvait servir encore, la secte judéo-maçonnique: eux prodest, id fecit. En dehors de cette intervention il est impossible d'ex-

i. D'après les déclarations faites par le Président de la République dans le discours qu'il prononça à Givet : « Le jour où les armées allemandes ont signé leur capitulation devant les troupes victorieuses du maréchal Foch, elles étaient impuissantes à continuer la guerre, et trois ou quatre jours de bataille de plus les auraient condamnées à capituler en rase campagne. C'est pour échapper à ce désastre que l'Allemagne a signé l'armistice. »

Trois ou quatre jours seulement venant s'ajouter aux quinze cents et plus qui avaient précédé, et l'armée allemande capitulait en pleine campagne, c'est-à-dire se trouvait dans la nécessité de se constituer tout entière prisonnière avec son matériel complet. Ces trois ou quatre jours nous en eussent vraisemblablement épargné trois ou quatre cents et peut-être des milliers d'autres, qui menacent de nous échoir dans un avenir plus ou moins prochain, car l'Allemagne, grâce au genre de paix qui lui a été faite, peut rester et reste un loup vigilant et armé.

2. Mais auparavant, le 15 juin 1918, après le succès des offensives du 21 mars, du 8 avril et du 27 mai, le Kaiser, se croyant victorieux, était monté au Capitole et avait de nouveau proclamé la grande pensée de son règne dans un discours prononcé au Grand Quartier Général à l'occasion du trentième anniversaire de son avènement : « Le peuple allemand ne vit pas clairement quand la guerre éclata quelle signification elle aurait. Je le savais très exactement... Il s'agissait d'une lutte entre deux conceptions du monde : droit, liberté, honneur et morale, doit rester en honneur ; ou bien la « conception anglo-saxonne », qui signifie se livrer à l'idolâtrie de l'argent. Les peuples de la terre travaillent comme des esclaves pour la race des maîtres anglo-saxons, qui les tiennent sous le joug. Les deux conceptions luttent l'une contre l'autre. Il faut absolument que l'une d'elles soit vaincue... »

Le Kaiser définit comme il peut les diverses conceptions du monde, mais il^ dit bien clairement que, dès le début des hostilités, une lutte sans merci s'est engagée entre les Prussiens-Allemands et les Anglo-Saxons, qui ne devront jamais oublier à quel péril ils ont échappé.

Les Pourquoi de la Guerre mondiale. — III 13

pliquer la qualité de la Paix qui a été faite : Paix qui a maintenu l'Allemagne dans l'unité que lui avait donnée Bismarck et dans la possession des moyens de menacer de nouveau l'Europe et le monde ; tandis que ce même traité de paix enlevait à la France, qui venait de délivrer le monde, la sécurité que lui aurait procurée la reconnaissance de ses frontières naturelles et lui enlevait aussi la situation que lui donnait parmi les peuples la puissance morale, tant de fois séculaire, dont elle jouissait en Orient.

La première et la plus grande faute qui ait été commise à Versailles et qui — tout le démontre — a été voulue, avait d'avance été concertée entre plusieurs de nos alliés, peut-être imposée par la Synagogue, ce fut le maintien de l'œuvre de Bismarck. L'Empire allemand changeait de visage, il avait pris le nom de République, c'était toujours l'Allemagne de 1871, l'Allemagne unifiée, formant bloc pour les éventualités futures, comme elle venait de faire bloc dans la pensée de vaincre l'Europe et de se soumettre le monde. Dans ces conditions, l'esprit de l'Allemagne ne devait pas changer. Les Universités l'entretiennent avec ferveur ; leurs professeurs continuent à enseigner que l'Allemagne doit gouverner le monde pour le plus grand bien de l'humanité ; que sa surpopulation et sa surproduction lui donnent le droit de s'approprier par la guerre des territoires et des marchés nouveaux; que d'ailleurs elle n'a pas voulu la guerre et n'a pas été vaincue ; enfin qu'elle se relèvera après la défaite de 1918 comme après celle de 1806 3.

Les voyant dans cet état d'esprit, comment l'Assemblée des nations a-t-elle pu penser que soixante millions d'habitants accepteraient comme définitif le recul de leurs frontières de l'Est, la coupure des deux Prusse et la séparation de Kcenigsberg? Comment a-t-elle pu croire que soixante millions d'Allemands se résigneraient pendant trente ou cinquante ans à payer un tribut régulier de plusieurs milliards à quarante millions de Français? L'Allemand aura sans cesse son regard fixé sur nous, prêt à reprendre l'offensive, dès qu'il verra l'occasion favorable.

3. Les dernières élections ont prouvé la volonté de vivre qui anime l'Allemagne. Vivre, c'est pour elle se libérer des conséquences de la défaite : la révolution à l'intérieur, le traité de paix à l'extérieur.

L'unité allemande confirmée par le traité de paix, recevant de l'aréopage des nations une consécration qui ne lui avait pas été donnée jusque-là, est donc pour la France d'abord, puis pour le monde, un péril, ou du moins une source de difficultés et d'alertes perpétuelles; quelques précautions inscrites sur un parchemin ont peu de chances de tenir contre les conséquences d'un pareil fait. Il domine tout. Il nous forcera à remplir de nouveau les casernes, ce qui forcera les autres nations à faire de même. La contagion de l'armement de toute la population et la concurrence du chiffre des corps d'armée reviendront; les dépenses militaires croîtront avec les progrès de la science : ce que les Etats ne pourront supporter sans finir par succomber.

Est-ce ce que l'Assemblée œcuménique a voulu? Non, du moins d'une volonté expresse. L'a-t-elle vu ? Non, sans doute, faut-il répondre encore. Mais la Synagogue a pu le voir, se le proposer et arriver par les voies qu'elle connaît, qu'elle fréquente dans les régions diplomatiques à le faire accepter par ceux dont elle avait bandé les yeux. En dehors de cette supposition, que l'on trouve une explication à un fait si inattendu, si plein de tels périls et d'autre part si favorable au but poursuivi avec tant de ténacité et de persévérance par la Synagogue de Satan : abaisser, anéantir tout ce qui est obstacle à la domination des Juifs sur les goïms 4.

Plusieurs de nos lecteurs pourront se dire que ce sont là des assertions ou du moins des suppositions peu justifiées. Qu'ils attendent, avant de s'arrêter à ce jugement, d'avoir lu la Section qui a pour titre Pœuvre de la secte judéo-maçonnique.

Oui, en dehors de cette supposition, il est impossible de s'expliquer pourquoi les Alliés se sont opposés au démembrement de l'Allemagne, alors que le démembrement de l'Empire austrohongrois leur a paru tout naturel ; alors que la reconstitution

4. La Vieille France a publié en 1919 ces paroles de l'auteur de Crimes et châtiments, M. Dostouwiski, déporté en Sibérie par le gouvernement russe : ce Bismarck, Beaconsfield, la République française, Gambetta, etc., tout cela comme force n'est qu'un mirage. C'est le Juif seul et sa banque qui est leur maître et à toute l'Europe... Le Juif et sa banque sont maintenant les maîtres de tout, de l'Europe, de l'instruction, de la civilisation, du socialisme, du socialisme surtout, par quoi le Juif arrachera le christianisme et détruira sa civilisation. Et quand il ne restera plus que l'anarchie, le Juif se mettra à la tête de tout. Car en propageant le socialisme, les Juifs resteront unis entre eux ; et quand toute la richesse de l'Europe sera dissipée, il restera la banque des Juifs. »

de la Pologne leur a paru peu désirable. C'est que la Synagogue s'est dit que la Pologne comme l'Autriche ont un passé catholique et qu'elles pourront reprendre leur esprit et leur rôle catholiques. Le 7 octobre 1916, un membre de l'Institut a rappelé ces paroles symptomatiques de Mazzini qui, écrivant à un Allemand en 1861, disait : « Abandonnez l'Empire d'Autriche à la condamnation que Dieu (le Dieu des loges) et les hommes ont formulée contre lui ». Pour la Pologne, elle aurait pu être une digue contre l'anarchie russe et le bolchévisme. On a préféré la livrer aux Russes, aux Prussiens et aux Tchèques. Heureusement Dieu, par le génie d'un général français, a déjoué cette machiavélique entreprise.

Tel est le sort que la Conférence de la Paix a fait aux Etats catholiques, après avoir pris pour directeur de ses pensées et de ses décisions le Président des Etats-Unis, disciple du néfaste docteur de l'Allemagne, Kant, et comme Franc7Maçon, serviteur de la secte judéo-maçonnique. Clemenceau a fait ce qu'il a pu, mais il avait contre lui Wilson et Lloyd George, et aussi l'état politique et international où nous met la République.

Il est un terrain autre que celui de son territoire naturel et de ses droits dans le Levant où la France sort delà guerre et entre dans la paix, menacée dans ses intérêts, on peut même dire dans ses forces vitales. Ses finances sont mises dans un grand péril5.

5. 'L'Excelsior a publié un tableau progressif des budgets de la France, de 1789 à 1919.

Voici les chiffres de Necker pour 1789 : 531.444.000 livres (la livre valait exactement o fr. 98.765). Les chiffres de M. Klotz pour 1920, évalués d'après ceux qu'il donne pour le premier trimestre, seront de 50 milliards!

C'est en 1812 qu'on dépasse le milliard. Le dernier budget de l'Empire (1814) est de 1. 176.800.000 francs. Avec la Restauration, malgré le règlement des dépenses de guerre, on descend au-dessous du milliard, sauf en 1817 et 1818, et le budget de 1830 est de 972.839.879 francs.

Le deuxième milliard est atteint sous le second Empire, en 1863. Avec la République, on arrive, en 1877, au troisième milliard, puis au quatrième en 1909, pour aboutir en 1914 à 5.373.329.449 francs. C'était le budget normal, établi avant la déclaration de guerre, et l'on devine s'il fut dépassé...

Moralité : la démocratie n'est pas un gouvernement à bon marché.

Et maintenant, nous sommes « au bord du gouffre », selon la formule qu'emploie M. Georges Lachapelle, en tête de V Avenir.

M. Emile Buré, dans V Eclair, admonesta nos alliés anglais et américains : « Au moins, s'ils ne voulaient rien nous donner personnellement, en récompense de nos sanglants et coûteux sacrifices qui leur assurèrent le gouvernement du monde, ne pouvaient-ils nous laisser récupérer sur l'Allemagne nos

Disons d'abord que depuis que les conditions de paix ont été signifiées à l'Allemagne, c'est-à-dire depuis treize mois (décembre 1919) nous n'avons pas reçu un pfennig.

En 1872, la France avait déjà payé les deux cinquièmes du tribut consenti. La Prusse, toujours gouvernée par la même secte qu'au temps de Guillaume II, a pu manœuvrer de telle sorte que notre ministre des finances n'a pas craint de dire à la tribune que « la France est le banquier de l'Allemagne ». Renversement des rôles scandaleux. « Déjà, a-t-il dit, la France a sorti des caisses du Trésor dix milliards, dont trois en ces trois derniers mois, servant, sans le concours de ses associés, de banquier au vaincu : paradoxe matériel, paradoxe moral invraisemblable, incroyable ! » Un autre jour, lorsqu'il présenta à la Chambre un projet d'emprunt en Angleterre, il dit encore : « Nous avons avancé à l'Allemagne les quinze milliards qu'elle nous doit pour allocations militaires, un milliard pour les pensions militaires, dix milliards pour les réparations dans les régions dévastées. Ne nous étonnons pas que nos dépenses pour l'année 1919 soient évaluées à cinquante milliards — avec dix milliards de recettes seulement. Ne nous étonnons pas que l'émission de papier-monnaie à jet continu, le recours à la planche aux assignats, soient une nécessité, et que le franc baisse à mesure qu'il y a plus de francs, non pas réels, mais imprimés. »

Lorsque le Boche était vainqueur et qu'il arrivait dans une ville belge ou française, serbe ou roumaine, ou italienne, le commandant des troupes envoyait dire à la préfecture ou à la mairie: « Il nous faut cent mille, cinq cent mille, un million, cinq millions de contributions. Si elles ne sont pas levées dans les vingtquatre heures... », suivait la menace qu'on savait toujours devoir être exécutée. Les cent ou les cinq cent mille, le ou les millions étaient versés. Ce qui n'empêchait point parfois de brûler la ville, après avoir palpé la rançon.

Comment des mesures n'ont-elles pas été prises pour déterminer l'Allemagne au même résultat automatique et rationnel?

« L'Allemagne, a conclu notre ministre, nous doit déjà du

pertes innombrables? Ils ont tout fait, au contraire, pour nous empêcher de profiter de notre victoire, pour détruire le prestige incomparable qui nous accompagnait partout après l'armistice.

chef de ces avances à elle faites par nous, un capital de vingtcinq milliards. »

Ainsi, notre débiteur, l'Allemagne, nous doit du chef que nous lui avons servi de banquier la coquette somme de vingtcinq milliards 6.

Autres faits. La France constate, non sans inquiétude, l'allure désordonnée imprimée au même moment à notre marché des changes et la chute de notre franc. Les cent francs français ont coté cinquante-et-un francs 7.

Ici encore, en recherchant la cause on trouve la main du Juif. La Journée industrielle, du 17 septembre 1919, disait : « Il y a quelques jours, les deux groupes financiers germano-américains

6. Le lendemain M. Herbette a écrit dans le Temps : « Les Boches s'appliquent à amoindrir le patrimoine visible de leur pays et à déprécier le change, comme s'ils trouvaient plus profitable de conduire l'Allemagne à la faillite que de la mettre en état de payer ses dettes. Il est grand temps que la mise en vigueur du traité permette aux gouvernements alliés de concerter les mesures qui assureront tout à la fois le relèvement économique de l'Allemagne et sa solvabilité. »

7. A l'Assemblée de 1.200 chambres de commerce qui fut réunie aux Etats- Unis dans laquelle siégeait M. Schneider comme représentant des Chambres de France, celui-ci a montré à l'assemblée l'inquiétante situation économique de l'Europe et les graves dangers qu'elle peut faire courir. Son discours a produit une énorme impression.

Rien que pour la France, les dommages de guerre, y compris les pensions aux victimes, s'élèvent à 71 milliards de dollars, chiffre officiel. A l'ensemble des nations qui ont pris part à la grande guerre, on admet généralement que la guerre a coûté 200 milliards de dollars. C'est treize fois plus que toutes les guerres additionnées qui ont eu lieu dans le monde depuis 1850. Mais, de plus, la terrible g-uerre a singulièrement diminué la production des matières indispensables ; pendant quatre ans, on n'a produit que pour détruire. L'or, en France, est devenu invisible ; une quantité considérable de papier circule à sa place et représente de cinq à huit fois sa valeur.

Au sujet du change, M. Schneider évoque devant les gens d'affaires qui l 'écoutent, les conséquences que la situation actuelle peut avoir pour les Etats-Unis. Quelles seraient les conséquences économiques et sociales si les acheteurs d'Europe se détournaient d'un pays au change si élevé? « Les monceaux d'or que vous gardez dans vos coffres, dit-il, ne sauraient vous donner à cet égard un sentiment de sécurité. L'or n'a qu'une valeur d'échange. A partir du moment où tout l'or est d'un seul côté, il n'y a plus d'échange possible. Votre intérêt n'est donc pas moins profondément engagé que le nôtre dans les problèmes financiers. »

De fait, la créance de 9.102 millions de dollars (50 milliards de francs) que les Etats-Unis possèdent maintenant sur les nations d'Europe commence à les préoccuper. Pour ce qui est de la France, qui a failli tomber sous le joug allemand, elle est une colonie d'exploitation d'Israël ; elle finira par devenir une annexe économique des Etats-Unis, comme le Portugal est une annexe économique de l'Angleterre depuis deux cents ans.

La dette de douze à treize milliards que nous avons contractée vis-à-vis des Etats-Unis au cours d'une guerre qui fut leur guerre comme la nôtre, porte la presse américaine à appuyer des projets d'apparente coopération économique ou de cessions territoriales qui ne nous disent rien de bon.

Warburg et Speyer ont tenu, en Suisse, d'importantes conférences avec des banques israélites allemandes. Des accords de principe seraient intervenus. » L'Economiste français disait de son côté, le 13 décembre : « Des financiers allemands travaillent sans relâche notre change et le change anglais sur les marchés suisse et espagnol. » Et d'autres journaux ont posé cette question : cc on a condamné, pour intelligences avec l'ennemi, des avocats, des journalistes, des officiers : jamais un financier. — Pourquoi? »

La Libre Parole a un jour répondu : Pour amener la banqueroute. « La banqueroute est chose exquise, merveilleuse, parce que cela représente beaucoup de souffrances, beaucoup de haines, et que de ces souffrances et de ces haines la révolution peut surgir, emportant tout ce qui constitue l'ordre, la discipline, la règle de l'Etat français, de la société française. Quelle joie ! »

Juifs, Francs-Maçons et socialistes se sont montrés avant, pendant et après la guerre unis dans une sorte de conspiration, qui put n'être point consciente pour tous, pour amener . la France à cette banqueroute et par suite à la révolution désirée par un grand nombre des leurs.

Avant la guerre, par leur campagne contre la folie des armements, les chefs socialistes ont contribué à amener l'agression et l'invasion de 1914 qui n'eût jamais été osée contre un Etat fort et un peuple sur ses gardes; par leur liaison persévérante avec la République sociale allemande, ils sont en train, non seulement de nous préparer un nouveau débordement germanique, mais de nous empêcher de le repousser.

Ce qui est pis encore, c'est le bolchévisme 8 qui déjà règne

8. Le bolchévisme a pris naissance en Russie. Il y a été la suite et le fruit de la Révolution que l'Allemagne a favorisée, sinon soulevée, afin de détacher cette nation de l'alliance conclue entre elle, la France et l'Angleterre, et avoir ses coudées libres sur notre sol. Dès l'ouverture des hostilités, tandis qu'en France le monde pouvait admirer l'empressement dans le calme et la dignité de la jeunesse française à se rendre à l'appel de la patrie sur les champs de bataille, en Russie la mobilisation n'avançait pas, les munitions n'arrivaient pas, les voies ferrées se prêtaient de moins en moins au transport du matériel aussi bien que du personnel. En même temps le parti allemand triomphait à la cour du tsar, grâce, dit-on, à la tsarine qui se laissait inspirer par un illuminé, Raspoutine. Dans l'armée elle-même la révolution à opérer comptait des complices et parmi eux un grand-duc. Le ministre de la guerre, aussi du complot, paralysait les opérations de ceux des chefs qui se distinguaient par une plus grande intelligence et un cœur plus haut.

Ainsi naquit la défection de la Russie et ses suites, la révolution, puis le bolchévisme.

en Russie et nous fait assister au spectacle de massacres et d'ignominies qui font reculer d'horreur. Là il règne déjà ; en d'autres pays il s'essaie. En France il frappe à la porte et il espère bien entrer. Déjà on peut constater qu'il y a identité de programme chez Lénine et chez notre parti socialiste: guerre des classes et mise en commun des moyens de production gérés par l'Etat. Pour arriver à leur but les meneurs tiennent leurs dupes en haleine par des grèves aussi multipliées que fréquemment renouvelées. Une journée de grève générale décrétée pour le 21 juillet devait être chez nous le préliminaire du bolchévisme. Elle put être empêchée, mais des grèves partielles éclatent tous les jours, dans toutes les provinces et en tous corps de métier. Et ainsi les ouvriers sont préparés petit à petit au soulèvement général. La même propagande révolutionnaire a lieu partout, car c'est l'Europe entière, c'est le monde qu'il faut arriver à révolutionner.

Bien entendu, dirent presqu 'unanimement les journaux conservateurs en tous pays, la main du bolchévisme et celle de l'Allemagne se rencontrent à chaque instant dans la préparation de ces troubles.

En Angleterre, outre les grèves, le soulèvement de l'Irlande et l'agitation des esprits dans les Indes deviennent de plus en plus inquiétants. La même préparation à la Révolution générale et définitive se constate en Italie, en Espagne. Partout on découvre ou on soupçonne la main de l'Allemagne.

On sait à Berlin, et pour cause, que les soviets de Moscou submergent l'Occident d'agents de toute sorte subventionnés, — dit M. Léon Daudet, qui ne parle pas à la légère, — « par divers richissimes profitaires internationaux et banquiers dont les noms sont connus. Leur but est de révolutionner le monde ; et c'est pourquoi par leur propagande ils minent les pays étrangers et en mûrissent les populations pour la révolution voulue par eux et par ceux qui les ont inspirés et lancés à l'assaut de la société. Cette propagande, ils la font non seulement dans les contrées européennes, mais on la suit partout, en Anatolie, en Perse, en Afghanistan. Les opérations militaires ou révolutionnaires qu'ils y font donnent à craindre un soulèvement des musulmans de l'Inde9.

9. Un journaliste qui a vu le bolchévisme de près, M. Boris Nolde, a écrit :

Il est une autre banqueroute qui menace non seulement la France, mais aussi l'Europe et tous les peuples, banqueroute non d'argent, mais de tout ce qui constitue l'ordre social. Elle aussi est fomentée par l'Allemagne, mais ici encore l'Allemagne est l'agent de la secte judéo-maçonnique.

Que le bolchévisme vienne de l'Allemagne, le Livre blanc du gouvernement anglais en contient l'affirmation. En France un député est venu affirmer devant la Chambre sa conviction qu'une des manifestations du bolchévisme, le « cheminotisme », dont

(( La nationalisation de l'industrie a apporté une désorganisation complète. La production industrielle s'est arrêtée partout ; l'organisme social économique est mort. Les usines se ferment l'une après l'autre. La majeure partie des ouvriers est congédiée ; s'il en reste quelques milliers dans les grands centres industriels, ce n'est qu'à titre décoratif: il faut bien que la société nouvelle des invalides de l'industrie entretenus aux frais de l'Etat soit représentée... L'Etat, seul dépositaire légitime des biens, ne fournit qu'une c.uantité de vivres insuffisante. Privé d'autres ressources, vous mourriez littéralement de faim. Comme cent millions d'hommes doivent continuer à vivre, un échange privé s'établit en premier lieu entre la campagne et la ville, puis à l'intérieur des villes ou entre les villes, échange sévèrement défendu et poursuivi par les autorités, mais qui prend une extension sans cesse plus considérable...

» Le travail désorganisé, la production interrompue, les moyens de communication détruits, tout contribue à amener un état de détresse qui a été maintes fois décrit. La guerre mondiale a enfanté tant de douleurs, que la description d'un pays lointain où des milliers de personnes meurent de faim ne produit aucune impression sur le lecteur fatigué ou sceptique.

» Mais ceux qui ont vécu sous le bolchévisme n'oublieront jamais l'image de ces villes où l'on coudoie sans cesse la mort sous le visage hideux de la famine ; où toute vie intellectuelle est anéantie par le souci élémentaire de ne pas mourir de faim. »

Le meurtre vient s'adjoindre à la famine pour décimer la population. Voici quelques-uns des rapports de ses consuls que le gouvernement anglais a publiés :

A Goroblagodaloky, l'armée rouge jeta quarante-quatre cadavres, dont ceux de moines et d'une jeune fille, dans un puits. A Blagoveschensk, des officiers et des soldats de Toboloff furent trouvés avec des aiguilles de gramophone enfoncées sous leurs ongles, les yeux arrachés et des marques de clous sur leurs épaules, là où ils portaient leurs épaulettes. (Livre Blanc, p. 129.)

Beaucoup de milliers ont été fusillés, mais, depuis peu, les condamnés sont pendus. Ils sont conduits hors de la prison, en fournée, de bonne heure, déshabillés jusqu'à leur chemise et puis pendus, l'un après l'autre, étant attachés par une corde avec les pieds à quelques pouces du sol ; on les laissait mourir dans cette position.

Cent cinquante officiers russes, faits prisonniers à Pokoff par les gardes rouges, ont été mis entre les mains des soldats mongols, qui les ont sciés en morceaux (Livre Blanc, p. 69), etc., etc., etc.

Le Livre Blanc du gouvernement anglais conclut : « Le parti militaire allemand travaille, sans aucun doute, en donnant la main aux bolcheviks, avec l'idée d'étendre le bolchévisme jusqu'en Angleterre (et ailleurs aussi). A ce moment-là, ils espèrent en avoir fini avec lui chez eux et être en position pour retirer un avantage de nos troubles. La propagande bolchevique dispose de fonds illimités. »

l'esprit vient de Moscou, était aussi fomenté par l'Allemagne.

Dans la séance du 5 février 1920, M. Erlich, député de Paris, injurié (Judas !) par le socialiste M. Cachin, debout, d'une voix qui dominait les clameurs de l'extrême-gauche, déclara qu'il n'acceptait pas l'injure et dit : « Vous savez dans quelles conditions j'ai quitté mon parti. Après être resté trois ans sur le front français, j 'ai été envoyé en mission par mon pays en Russie ; moi qui parle couramment le russe, je suis resté dix-huit mois en Russie, de juillet 1917 à avril 1919 : à Pétrograde, où j'ai vécu le coup d'Etat bolchéviste; à Moscou, où j'ai vécu la terreur bolchéviste ; dans le Sud de la Russie, d'où à la démobilisation j'ai été renvoyé en France.

» Après dix-huit mois d'examen approfondi, après avoir suivi les chefs bolchévistes dans leurs meetings et leurs conférences, que j'ai comprises, moi, qui sais le russe, à la différence de vos amis qui ne le parlent pas, j'ai acquis la conviction que la plupart des chefs bolchévistes ne sont que des agents de l'Allemagne. (Vifs applaudissements à droite.)

» Alors, rentré dans mon pays, voyant dans quelle passe de folie criminelle étaient engagés mes anciens amis qui appelaient Lénine et Trotzki leurs camarades, alors que je les considérais, moi, comme des traîtres à la France, avais-je le droit de garder mon sentiment pour moi? Si je l'avais fait, j'aurais été un Judas vis-à-vis de la France elle-même. »

Un peu plus tard, M. de Gaillard-Bancel a dit à la même tribune : « L'Allemagne a en effet la main dans toutes les organisations bolchévistes de la Russie : tous nos journaux sont pleins de renseignements qui ne laissent aucun doute à cet égard 10. »

io. En France, les socialistes travaillent à nous amener et à nous soumettre au régime bolchevik en reconstituant l'Internationale sous la forme nouvelle qui prend la place des deux formes qui ont précédé la guerre.

Pour ne citer que la Fédération socialiste du Nord, elle s'est réunie en congrès le 8 février 1920. Elle a donné un mandat à ses délégués à Strasbourg, recommandant à la section de cette ville comme à toutes les sections des autres régions de rechercher l'union avec le parti socialiste indépendant d'Allemagne pour porter partout l'action socialiste sur le terrain de la lutte des classes et de la révolution. C'est donc l'adhésion au bolchévisme et au régime des soviets que la Fédération socialiste du Nord demande et fait '!'• mander.

Puissent tous ceux qui, dans le monde ouvrier, ont du bon sens et de l'honnêteté — ce sont en réalité les plus nombreux — ouvrir les yeux et voir où les mènent leurs ligues et leurs journaux.

Toutes les autres nations voient combien le traité de paix a été favorable à cette République-Empire, état insupportable pour elle, mais conservant les moyens de se libérer du joug, de rompre ses liens, et de s'ouvrir les voies à un nouvel assaut contre la civilisation, à un nouvel essai de domination sur le genre humain.

Les choses étant ainsi, comment les délégués des nations envoyés à Versailles pour prendre les moyens de doter le genre humain d'une paix universelle et perpétuelle, ont-ils pu, au lieu de brider l'Allemagne, la mettre en état de faire ce que nous venons de constater? Une seule supposition paraît acceptable, celle donnée par ceux qui ont vu cette assemblée inspirée et gouvernée par le Pouvoir occulte judéo-maçonnique.

Ce Pouvoir était persuadé que le moyen à prendre pour réussir dans ses desseins était de soutenir en tous pays ceux qui y sèment les idées révolutionnaires, qui suscitent les grèves, qui soulèvent les révoltes dans les armées, armée de mer et de terre : l'Allemagne a fait et fait tout cela en employant à préparer la Révolution universelle, « la grande nuit »,, l'argent qu'elle devrait nous verser. Mais, comme dit le proverbe : ce Celui qui sème le vent, recueille la tempête. » Ludendorff le sait, le voit et il dit : « Nous coulons à pic. Mais nous entraînons les autres dans le tourbillon. » Le bolchévisme est considéré par l'Allemagne comme un grand atout dans ses mains. Elle s'en est servie d'abord pour révolutionner la Russie et la détacher de nous ; elle l'y maintient comme un foyer toujours brûlant et dévastateur des nations voisines pour les préparer ainsi à passer sous son joug. Elle y voit le moyen de rompre ses propres liens et de se soustraire aux engagements pris envers les Alliés, tout en observant ceux qui la lient à la secte, plus étroits que ceux formés par ses empereurs.

La Prusse arrivera-t-elle à se préserver et à arrêter la « chute à pic » ? Nous avons vu ci-dessus que la prophétie de Lehnin, qui a si clairement annoncé le détrônement de Guillaume II, répond : Non. Mais aussitôt elle fait apparaître au monde étonné une Allemagne nouvelle, ou plutôt renouvelée, rappelant l'empire tel qu'il fut au temps de saint Henri.

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