Tome VII, p
Je ne parle point des premières et terribles atteintes portées à l'unité du monde occidental par des traités que les progrès du mal ont pu rendre inévitables, mais dont l'Eglise n'a jamais omis de signaler les côtés funestes. J'appelle seulement votre attention sur cette première année du XVIIIe siècle, inauguré par l'éclosion de la royauté prussienne. Le Pape qui gouvernait alors l'Eglise, Clément XI, homme supérieur à plus d'un titre, ne laissa point passer sans réclamations cette atteinte au droit public de la société chrétienne. Dans le consistoire secret du 18 avril de l'année 1701, le vigilant pontife informe, le collège apostolique qu'il a appris et qu'il est notoire que Frédéric, marquis de Brandebourg, vient de se faire décerner publiquement la dignité et les insignes de la royauté par une investiture profane et jusque-là peut-être sans exemple chez les chrétiens, au mépris de toute autorité de l'Eglise de Dieu, et par la violation sacrilège de l'ancien droit appartenant à l'ordre sacré et militaire des chevaliers teutoniques sur cette province ; que par là il s'est mis dans la catégorie de ceux dont le Seigneur a dit : « Ils ont régné et ce n'a pas été en mon nom ; ils ont été princes, et je ne les ai pas connus » ; il observe combien ce fait est injurieux au Siège apostolique, combien il est contraire aux sacrés canons en vertu desquels un prince héréditaire devrait déchoir de sa dignité plutôt que d'en recevoir une nouvelle; et il ajoute que, pour satisfaire autant qu'il est en lui aux devoirs de sa charge, il a dénoncé à tous les peuples catholiques cet attentat irréligieux, les avertissant de ne ratifier en aucune manière le titre usurpé par ledit marquis, et de ne pas permettre que la vénérable et sacrée dignité de roi, qui doit être envisagée comme un bienfait singulier de Dieu, et qui doit servir au soutien et à l'ornement de la vraie religion, vienne s'égarer et se poser à son grand détriment sur la tête d'un prince non catholique. En effet, on trouve dans la collection des Brefs de l'infatigable pontife neuf lettres, adressées à l'Empereur, au Roi très chrétien, au roi de Pologne, à la république de Venise, au duc de Bavière et aux autres Electeurs du Saint-Empire romain, au Sénat des huit cantons catholiques de la Suisse, répétant à chacun, dans des termes variés, la même recommandation de ne pas laisser enfreindre le vieux droit de l'Europe, ni avilir la majesté royale, par l'introduction irrégu-
Iière d'une royauté nouvelle et surtout d'une royauté hérétique 2.
d Les diverses chancelleries de l'Europe répondirent en alléguant le prétexte ordinaire de la raison d'Etat* Clément ne se condamna pas au silence. Quatorze ans plus tard, il renouvela encore ses injonctions et ses réserves après le congrès de Bade, où la Prusse avait été honorée du titre de « royaume », et avait reçu des accroissements dangereux pour la population catholique. »
Le duc de Prusse, après un siècle de rapines, fut donc déclaré roi. Il se fit reconnaître comme tel par la Suède en trahissant la Pologne et par la Pologne en trahissant la Suède, puis en imposant à la Russie et à l'Autriche le partage de la Pologne. Ces crimes se sont renouvelés jusqu'à nos jours. En 1863, l'Autriche aida la Prusse à prendre un morceau du Danemarck, et l'année suivante la Prusse alla battre l'Autriche à Sadowa. Puis ce fut le tour de la France, et enfin le tour des peuples qui, tous, devaient subir le joug de la Kultur prussienne.
Après la guerre de 1870, Mgr Pie fit cette observation :
« L'histoire a commencé de révéler, et elle achèvera de dire si la Papauté n'était pas grandement perspicace alors qu'elle voulait ainsi refouler à sa naissance un royaume nouveau, souillé dans sa racine première par le scandale d'une double apostasie et qui ne pouvait prendre rang parmi les grandes Puissances qu'au préjudice de tout l'univers latin 3. »
2. Le Bullaire romain conserve le texte de la protestation solennelle que le saint Pape Clément XI fit entendre en plein consistoire, le 18 avril de cette année. « Frédéric, marquis de Brandebourg, y lisons-nous, vient de se faire décerner publiquement la dignité et les insignes de la royauté par une investiture profane et jusque-là peut-être sans exemple chez les peuples chrétiens, au mépris de toute autorité de l'Eglise de Dieu et par la violation sacrilège de l'ancien droit appartenant à l'ordre sacré et militaire des Chevaliers Teutoniques de cette province. Par là il s'est mis dans la catégorie de ceux dont le Seigneur a dit : Ils ont régné et ce n'a pas été en mon nom, ils ont été princes et je ne les ai point connus.
3. Mgr Pie appela encore l'attention de ses auditeurs sur ces considérations: « Les voilà bien ces vieux papes, ces « vaillants » du nouvel Israël, tels que le prophète Isaïe nous les avait dépeints longtemps à l'avance: « J'ai établi des gardes sur tes murs, ô Jérusalem ; tout le jour et toute la nuit jusqu'à la fin ils ne se taisent point ». Sentinelles toujours debout sur les remparts de la chrétienté, les pontifes romains ont reçu cette consigne, et elle est la règle de leur conduite. Des hauteurs du Vatican, leur sollicitude s'étend aux peuples comme aux individus chrétiens, aux sociétés comme aux âmes sur qui s'est levée la lumière du Christ. Et dès que le monde nouveau a fait un premier pas en dehors de la vérité, dès qu'un membre de la grande famille des peuples catholiques s'est éloigné des principes qui sont le salut comme la gloire des nations régénérées en Jésus-Christ, le siège apostolique n'a pas perdu une seule occasion de prévenir des écarts si féconds en malheurs, de les déconseiller, de les censurer, de les flétrir... Et jamais la suite des évé^
C'est le 18 janvier 1741 que fut couronné à Kœnigsberg le premier roi de Prusse. Il est à peine besoin de rappeler que cet anniversaire du 18 janvier fut celui que le roi Guillaume choisit pour se faire solennellement couronner Empereur d'Allemagne à Versailles en 1871 ; et ce jour-là se trouva justifié le mot du Prince Eugène qui, beaucoup plus clairvoyant que l'empereur Léopold, avait dit en 1702 : « Les ministres qui ont conseillé à mon maître l'érection du royaume de Prusse méritent d'être pendus! »
Bien grande donc a été l'imprudence de l'Empereur au point de vue politique en donnant son consentement à l'accroissement de puissance des Hohenzollern. Elle ne le fut pas moins au point de vue religieux. Les descendants d'Albert étaient devenus les plus importants des princes réformés en leur qualité de rois. Ils se firent les champions du protestantisme et leurs Etats son boulevard.
Louis XIV vit, comme Clément XI, que cette nouvelle royauté avait un caractère révolutionnaire et qu'elle contenait les menaces les plus graves pour l'ordre européen, ce qui ne ©e manifesta que trop par la suite, ce que nous voyons aujourd'hui plus que jamais. Les autres cours eussent été sages de suivre la ligne de conduite que leur indiquait le roi de France.
L'Etat prussien n'était arrivé à faire sa place au soleil qu'en violant toutes les règles et par une série d'attentats contre les traités. C'est par les mêmes brigandages qu'il a toujours grandi depuis. Peut-on s'étonner que, sous sa direction, les Allemands d'aujourd'hui violent les traités internationaux et toutes les lois de la guerre? Louis XIV savait et prévoyait. Il refusa donc avec fermeté de reconnaître à Frédéric de Prusse le titre de roi ; il ne s'inclina devant le fait accompli qu'à la grande liquidation du traité d'Utrecht, en 1713. Le Saint-Siège tint bon jusqu'en 1787.
Au premier roi de Prusse succéda Frédéric-Guillaume Ier, surnommé le roi-sergent. Il dota la Prusse de l'armée dont devait
nements n'a manqué de donner raison à leur parole négligée ou méconnue; c'est pourquoi le pontificat romain, quand les calamités sont venues fondre sur l'humanité, a pu toujours la prendre à témoin qu'il avait les mains pures de tout le sang versé, alors qu'il n'avait jamais failli à annoncer ouvertement les conseils de Dieu.
profiter son fils Frédéric II, dit le Grand. Nous devons arrêter un instant l'attention de nos lecteurs sur ce personnage.
Voltaire et les philosophes du XVIIIe siècle le qualifièrent « grand ». Ils flattèrent4 et glorifièrent avec zèle ce « Platon de corps de garde » par haine du christianisme et de l'ordre chrétien, mais nullement par admiration ou amour. Voltaire détestait déjà Frédéric avant d'en avoir été bâtonné. Frédéric avait pour eux le même mépris ; il disait d'eux que s'il voulait perdre un empire, il le ferait gouverner par des philosophes, ce Les jugements de ce roi de Prusse sur Voltaire et ses conjurés, observe J. de Maistre, sont la chose du monde la plus curieuse. Lorsqu'il se livre à sa haine pour le christianisme, qui était chez lui une véritable maladie, une rage, alors il parle de ces messieurs comme de ses collègues, il fait cause commune avec eux, il dit : nous. Mais lorsqu'il ne s'agit plus de théologie, il en parle et il leur parle avec le dernier mépris : car personne ne les connaissait mieux que lui. Cette observation est justifiée par toutes les pages de cette correspondance. »
Frédéric II se fit le protecteur et souvent le conseil de ces hommes qu'il méprisait, Voltaire, d'Alembert et Diderot, quatre ennemis personnels de Notre-Seigneur Jésus-Christ que, dans leur correspondance, ils appelaient « l'infâme ». Ce mot, dit Barruel, était la formule inintelligible au vulgaire, le mot du guet dont usent tous les conspirateurs, et dont l'explication secrète dévoile et rappelle sans cesse aux adeptes le grand objet de leur conspiration.
Nous trouvons le Juif dans cette haine et cette conjuration. « Le Juif était à l'œuvre, a écrit récemment le Juif Darmesteter, dans l'immense atelier de blasphème du grand empereur Frédéric. » C'est de lui que la Prusse a reçu ce qui a achevé de la faire ce qu'elle est 5. « La Prusse, dit M. de Bonald, professe
4. Voltaire écrivit un jour à son Frédéric : « Vous êtes, sire, le fondateur d'une très grande Puissance. Je ne sais où vous vous arrêterez, mais je sais que F Aigle de Prusse ira bien loin. Je supplie cet aigle de jeter sur moi, chétif, du haut des airs, un de ces regards qui raniment le génie éteint. » Il avait aussi dit à Frédéric que « Paris était sa capitale ». Et au moment où l'héritier de Frédéric investissait cette capitale, le préfet de Paris ouvrait une souscription populaire pour élever à Paris une statue à Voltaire !
5. La cour de Frédéric le Grand n'était pas seulement un atelier de blasphème, mais aussi une maison de débauche. Condorcet, dans ses Mémoire?
Les Pourquoi de la Guerre mondiale. — III 2
moins la religion de Luther que la religion de Frédéric II. » Et ailleurs : « Les opinions philosophiques de son plus grand roi, accréditées par ses succès militaires, ont répandu en Prusse un extrême libertinage d'esprit. Il y manque ce principe de vie que la religion communique aux sociétés en donnant la raison du pouvoir et le motif du devoir. La Prusse est un camp plutôt qu'une société : sa population est toute en soldats, comme son territoire est tout en frontières. »
Lakanal, membre de la Convention, dans la séance du 24 octobre 1794, parlant de cette nation, a dit ce à quoi l'a réduite celui qu'elle continue à appeler « le Grand » : « d'Alembert et Voltaire, dit-il, ont été auprès de Frédéric ce que Diderot a été auprès de Catherine ; la Russie est demeurée peuple de barbares, et la Prusse est demeurée peuple d'esclaves ». Esclave ! Quel peuple a jamais été soumis à un esclavage tel que celui auquel les rois de Prusse ont soumis leurs sujets par l'organisation militaire qu'ils lui ont imposée? Qu'on se rappelle le mot du colonel Stoffel dans le rapport envoyé de Berlin à Napoléon III le 28 février 1870 : « La Prusse c'est une armée qui a un pays, non un pays qui a une armée. » Hélas ! cette organisation militaire, cet esclavage, la Prusse, après l'avoir accepté pour elle-même, l'a imposé à toute l'Allemagne, et par contre-coup, aux autres peuples, mis dans la nécessité de parer ses agressions.
C'est l'organisation donnée à son armée par le roi-sergent, et renforcée de jour en jour par ses successeurs, qui est le principe de l'armement chez toutes les nations de tous les citoyens. Cette organisation a eu pour premier effet de donner à la politique prussienne le moyen de s'élever par des acquisitions successives au détriment de tous. Les Hohenzollern continuèrent à se conduire en véritables condottieri.
de Voltaire, publiés à la suite de la Vie de Voltaire, dit : « Ce gouvernement singulier, ces mœurs encore plus étranges, ce contraste de stoïcisme et d'épicurisme, de sévérité dans la discipline militaire et de mollesse dans l'intérieur du palais, des pages avec lesquels on s'amusait dans son cabinet, et des soldats qu'on faisait passer trente-six fois par les baguettes sous les fenêtres du monarque qui les regardait, des discours de morale et une licence effrénée, tout cela composait un tableau bizarre, que peu de personnes connaissaient alors, et qui depuis a percé dans l'Europe. »
A rapprocher des révélations sensationnelles que fit le Juif Maximilien Harden et qui déshonorèrent honteusement les amis et conseillers de l'empereur Guillaume II.
Dans la première moitié du XVIIe siècle, la Prusse était formée de trois îlots : à l'Est, la Prusse propre avec sa capitale Kœnigsberg, enserrée dans les provinces polonaises; au centre, entre l'Oder et l'Elbe, le margraviat de Brandebourg, qui relevait de l'Empereur, faisait partie du corps germanique, et au sein duquel surgit Berlin ; à l'Ouest, le duché de Clèves sur les rives inférieures du Rhin, inclinant vers les Pays-Bas, comme la Prusse vers les pays slaves. Entre ces trois territoires, il n'y avait aucun lien moral ni aucun intérêt matériel. Pour vivre, cet Etat, mal formé, devait s'efforcer de rejoindre ses tronçons épars. A cette fin, le roi-sergent amassa des trésors et disciplina des soldats. Cette armée et ces trésors de guerre vinrent aux mains de Frédéric II, dit le Grand, qui sut s'en servir.
Pour arriver à écraser « l'infâme », Frédéric II, tout en s'occupant de l'organisation de son armée, s'occupait non moins activement de l'organisation de la Franc-Maçonnerie. N'étant encore que prince royal, il avait été reçu Maçon dans la nuit du 14 au 15 août 1753, et l'historien de la Maçonnerie en Angleterre, d'Asveld, dit que la Maçonnerie allemande fit en sa personne une acquisition de la plus haute importance. Devenu roi, il résolut de mettre en rapports plus directs l'ordre maçonnique de Saint-Jean avec les systèmes templiers ; il organisa à cet effet la Maçonnerie écossaise. Et c'est le rite écossais ancien accepté qui, avec divers remaniements datant de la fin du XVIIIe siècle, gouverne de nos jours le suprême conseil en France et est pratiqué dans la plupart des Grands-Orients 6.
Après la destruction apparente de l'Ordre des Illuminés en suite de la saisie de ses papiers en Bavière, l'apostat Fessla alla s'établir en Prusse et fit accepter par Guillaume III le patronage de la Grande-Loge York qui prit la suite de l'Illuminisme, qui servit plus que jamais de noyau à la conspiration antichrétienne et antisociale.
C'est dans les loges, sous le règne de Frédéric II, que naquit l'idée de détruire le Saint-Empire romain et d'abattre la maison d'Autriche qui en était titulaire, pour réunir toute l'Allemagne en un empire centralisé sous la dynastie prussienne. Nous en
6. Malgré des apparences contraires pour quelques-uns, les Hohenzollern furent tous, peut-on dire, en intimité avec la Franc-Maçonnerie comme avec l'Eglise protestante.
avons la preuve dans les dépositions juridiques faites au procès intenté à Weishaupt et à la secte illuministe instruit en Bavière. C'est l'un des adeptes de cette branche de la conjuration judéo-maçonnique, le marquis Constanza, qui fît cette déclaration.
En 1778, l'impératrice Marie-Thérèse avait-elle le pressentiment de ce qui s'accomplit à Versailles en 1870? Elle écrivit à sa fille, la reine de France, une lettre qui, en 1868, fut citée dans un procès de presse fait à Darmstadt au journal Heissische Volksblaetter. Dans cette lettre elle parle avec une clairvoyance étonnante de ce dont nous sommes devenus témoins :
« Ce qui est extraordinaire, dit-elle, c'est que les Puissances ne songent pas à s'unir pour prévenir un tel malheur dont toutes, tôt ou tard, auront à subir les conséquences funestes. Ce que je viens d'annoncer concerne toutes les Puissances de l'Europe ; l'avenir ne me paraît pas sous un jour riant. Cependant, nous subissons aujourd'hui l'influence de cette monarchie despotique et militaire qui ne reconnaît aucun principe, mais qui, dans tout ce qu'elle fait et entreprend, poursuit toujours son même but, son intérêt, son avantage exclusif. Si l'on continue à laisser gagner du terrain à ce principe prussien, qu'auront à espérer ceux qui nous succéderont un jour ? »
Les conséquences funestes de l'entente des Hohenzollern avec la secte judéo-maçonnique ne tardèrent pas à produire leurs effets.
Ce fut sous le règne de Frédéric le Grand, en 1772, qu'eut lieu le premier partage de la Pologne. H y gagna la Prusse occidentale. Les partages de 1793 et 1795 procurèrent à la Prusse d'autres notables accroissements. Elle ne se déclara point encore satisfaite.
A la fin du XVIIP siècle, l'Allemagne était devenue une fédération de deux grands <Etats, Autriche et Prusse, de deux Etats-moyens, Bavière et Saxe, d'une multitude de grandes et de petites principautés ; en tout dix-huit cents Etats dont trois cent cinquante seulement avaient une étendue appréciable, et une centaine une histoire. Les guerres de Napoléon portèrent le fer et le feu dans cette anarchie politique que le traité de Westphalie avait consacrée. Elles mirent fin au Saint-Empire romain, fin voulue par la secte, ardemment désirée par la Prusse. Il avait vécu mille ans, agité par bien des convulsions. En 1804, François II changea son titre en celui d'Empereur d'Autriche. La grande pensée du Pape Léon III et de Charlemagne s'était
dissipée au souffle de la révolution. Le 31 août 1806, J. de Maistre écrivait au chevalier de Rossi :
« Voici l'empire germanique détruit, et souvenez-vous bien que c'est pour toujours. Lorsque les vieilles institutions compliquées, vermoulues, pour ainsi dire, par le temps, et qui ne subsistent aujourd'hui que parce qu'elles subsistaient hier, viennent à être renversées par quelque coup violent et inattendu, elles ne se relèvent plus. »
La Prusse put ainsi relever l'Empire allemand et mettre dans ses fondements le contraire de ce qui permettrait de l'appeler ce le Saint-Empire ».
Elevant sa pensée vers le Roi éternel des siècles et l'abaissant sur l'armée de Satan, J. de Maistre disait :
a Vous voyez que le monde entier est ébranlé. Tout ce que nous voyons n'est que le préparatif de ce que nous ne voyons pas encore. »
Il ajoutait, dénonçant la Franc-Maçonnerie comme le démiurge caché de ces bouleversements :
ce J'ai de bonnes raisons de croire qu'à Vienne comme ailleurs, et plus qu'ailleurs, il existe une force cachée qui mène les princes par des fils secrets et les précipite tous l'un après l'autre. Ce qu'il y a d'inconcevable, c'est que les princes les plus puissants et les plus intéressés ne voient ni le mal ni le remède ».
Loin de voir le mal et de rechercher le remède, aujourd'hui encore ils acceptent d'être les instruments du malfaiteur.