‹ Les pourquoi de la guerre mondialeChapitre 86 sur 146 · Israël infandum scelus audet morte piandum · texte numérisé non relu

Israël infandum scelus audet morte piandum

« Israël porte l'audace, audet, à un point que la langue ne peut exprimer, infandum. Le crime qu'il commet ne peut s'expier que par la mort, morte piandum. »

238 prévision d'un nouvel iéna.

Quel est ce crime? Qui est celui qui a eu l'audace de se rendre coupable de ce forfait plus criminel que tout autre? Quels rapports y a-t-il entre ce crime et la fin de la dynastie des Hohenzollern ?

Celui qui s'est rendu coupable de ce crime est nommé Israël. Ce nom, Israël, porte naturellement la pensée sur les Juifs. Quel crime ont-ils commis, de nos jours, inouï jusqu'ici? On a bien parlé en ces dernières années de meurtres rituels ; mais l'histoire de l'Eglise en montre à toutes ses pages; et ce ne sont, après tout, que des crimes personnels. Il semble bien que ce qui est annoncé ici est un crime national : Israël. On s'accorde à dire que les Juifs sont à la tête de la conjuration antichrétienne, qu'ils en sont les inspirateurs et les instigateurs. Mais ce n'est pas chose nouvelle. Depuis le déicide ils n'ont cessé d'organiser toutes les insurrections contre le divin Crucifié et contre son Eglise. On ne voit pas qu'ils aient fait en ces derniers temps autre chose que ce qu'ils ont toujours fait avec plus ou moins de gravité selon que le leur permettaient les circonstances de temps et de lieux.

Ce mot Israël, peut-il s'entendre d'un autre peuple?

Oui. Un pape, le pape Grégoire IX, écrivant à saint Louis, a été jusqu'à dire : « La tribu de Juda est la figure anticipée du royaume de France. Juda, le marteau et la terreur des ennemis d'Israël, mettait en fuite leurs puissants bataillons et les foulait aux pieds. La France, pour l'exaltation de la foi catholique, conduite par un illustre monarque, affronte les combats du Seigneur en Orient et en Occident... Aussi nous est-il manifeste que le Rédempteur a choisi le beau royaume de France comme l'exécuteur spécial de «es divines volontés. De même que dans l'antiquité Israël fut le peuple élu de Dieu, celui d'où la justice et la paix devaient se lever sur le monde, de même, dans le Nouveau Testament, le peuple franc est le peuple élu de Jésus-Christ, chargé de la mission de faire respecter la justice et la liberté de son Eglise n. »

D'après les témoignages les plus autorisés, a dit le cardinal Pie, la France, sous la loi nouvelle, a été l'héritière spéciale des prérogatives de

ii. Dans la brochure Dieu a fait la France guérissable, M. l'abbé Lé-

mann dit, après avoir mis en regard les paroles adressées aux rois de France

par les papes et celles adressées dans la Sainte Ecriture aux rois de Juda :

« On le voit, le parchemin de la Maison de Juda et le parchemin de Ifl

LE VATICINIUM LEHNINENSE. 239

la nation sainte. Entre toutes les autres nations chrétiennes, elle se glorifie du droit d'aînesse et se qualifie d'un superlatif que l'histoire ne lui dispute pas. Or, les bénéfices entraînent les charges, et, à ce titre, les fautes de la France auront toujours un caractère particulier de gravité... A l'heure où le Très-Haut préparait la grande société européenne, faisait la division des peuples, assignait à chaque nation sa frontière, il a posé le cordeau et jeté son dévolu sur le pays de France qu'il prenait pour son partage, et il a voulu que ce peuple fût son peuple.

Cette pensée que le peuple de France est aux yeux de Dieu et dans la conduite de sa Providence un nouvel Israël était commune à tous les peuples. L'Allemand Henri de Gorcum publia en 1429 un écrit sur sainte Jeanne d'Arc, il y dit : « Peuple d'Israël est un nom qui peut communément être appliqué au peuple de France 12. » Et dans le même temps le grand inquisiteur Bréal : « Maintenant que la synagogue est enterrée, que l'ancien peuple est dispersé en punition de sa malice, l'on

Maison de France se ressemblaient beaucoup ; l'un et l'autre portant gravé le nom du Rédempteur, l'un et l'autre se rapportant au Christ.

» Il y avait pourtant une différence.

)> Cette différence consistait dans le genre de mission annoncée et confiée à chacune des deux Maisons :

» Par son parchemin, la Maison de Juda était établie pour préparer et fournir la nature humaine de la personne du Christ à venir.

» Par le sien, la Maison de France a été suscitée pour garder et défendre l'Eglise, œuvre du Christ : « Je vous ai choisis pour mes fils adoptifs, afin » de défendre contre leurs ennemis la cité de Rome, le peuple que Dieu m'a » confié, et le lieu où je (S. Pierre) repose selon la chair. »

» A l'une, de préparer l'avènement de la personne.

» A l'autre, de sauvegarder son œuvre et d'assurer son règne.

» Personne ou œuvre, c'était bien toujours le Christ !

» De plus, c'est à cause de cette similitude de mission que des grâces presque semblables ont été accordées, à travers les siècles, ici, à la Maison de Juda, là, à la Maison de France.

» Qu'on en juge :

» Toutes deux sont, à leur origine, sacrées par un envoyé de Dieu : la Maison de David, par Samuel ; la Maison de France, par saint Rémi.

» Le don de la vaillance est fait à chacune d'elles ; la fierté du Sicambre et le rugissement du Lion de Juda ne sont-ils pas restés célèbres?

» L'une et l'autre, à l'heure du péril, se voient sauvées par une héroïne : la Maison de Juda par Judith, la Maison de France par Jeanne d'Arc.

» Mais aussi, lorsque ces deux Maisons se prennent à dévier dans l'accomplissement de leur mission, des châtiments presque pareils leur sont infligés, afin de ramener chacune d'elles dans sa voie :

» L'une et l'autre ont connu de ces revers soudains, inexplicables, où mille de leurs soldats, d'ordinaire sans peur, fuyaient éperdus devant la face d'un seul ennemi. »

Ce parallèle est continué. Nous le retrouvons exposé d'autre façon dans un autre livre de M. J. Lemann, L'entrée des Israélites dans la société française et les Etats chrétiens.

a De même, dit Lacordaire. que Dieu a dit à son Fils de toute éternité : « Tu es mon premier-né, la Papauté a dît à la France : « Tu es ma fille aînée. » (La vocation de la nation française.)

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