Scène II
Gorgibus, Du Croisy, La Grange.
Gorgibus. — Eh bien, vous avez vu ma nièce et ma fille : les affaires iront-elles bien ? Quel est le résultat de cette visite ? 5
La Grange. — C'est une chose que vous pourrez mieux apprendre d'elles que de nous. Tout ce que nous pouvons vous dire, c'est que nous vous rendons grâce de la faveur que vous nous avez faite, et demeurons vos très humbles serviteurs. lo
Gorgibus. — Ouais ! il semble qu'ils sortent mal satisfaits d'ici. D'où pourroit venir leur mécontentement? Il faut savoir un peu ce que c'est. Holà !
. Scène III.
Marotte, Gorgibus.
Marotte. — Que désirez- vous. Monsieur ? 15
Gorgibus^ — Où sont vos maîtresses ?
Marotte. — Dans leur cabinet.
Gorgibus. — Que font-elles ?
Marotte. —De la pommade pour les lèvres.
Gorgibus. — C'est trop pommadé. Dites-leur qu'elles 20 descendent. Ces pendardes-là, avec leur pommade, ont, je pense, envie de me ruiner. Je ne vois partout que blancs d'œufs, lait virginal,^ et mille
1 Le lait virginal ' est une certaine liqueur pour blanchir les mains et le visage.'
autres brimborions que je ne connois point. Elles ont usé, deiauis que nous sommes ici, le lard d'une douzaine de cochons, j^our le moins, et quatre valets vivroient tous les jours des pieds de mouton S qu'elles emploient.