Scène IV
Magdelon, Cathos, Gorgibus.
Gorgibus. — Il est bien nécessaire vraiment de faire tant de dépense pour vous graisser le museau. Dites-moi un peu ce que vous avez fait à ces Messieurs, que je les vois sortir avec tant de froilodeur? Vous avois-je pas connnandé de les recevoir comme des personnes que je voulois vous donner pour maris ?
Magdelon. — Et quelle estime, mon père, voulez- vous que nous fassions du procédé irrégulier de ces 15 gens-là?
Cathos.— Le moyen, mon oncle, qu'une fille un peu raisonnable se pût accommoder de leur personne ?
Gorgibus.— Et qu'y trouvez- vous à redire?
Magdelon.— La belle galanterie que la leur ! Quoi ? 20 débuter d'abord par le mariage !
Gorgibus.— Et par où veux-tu donc qu'ils débutent? par le concubinage? N'est-ce pas un procédé dont vous avez sujet de vous louer toutes deux aussi bien que moi? Est-il rien de plus 25 obligeant que cela ? Et ce lien sacré où ils aspirent, n'est-il pas un témoignage de l'honnêteté de leurs intentions ?
Magdelon.— Ah ! mon père, ce que vous dites là