Voy. ci-dessus, stance, p. 144, n
2. Voy. ci-dessus, p.21,n. 1,1e portrait de la Précieuse par Somaize; il confirme de tout point la tirade de Molière. — « S'il s'imprime quelque comédie ou quelque roman, il faut tâcher d'en avoir des feuilles, à quelque prix que ce soit, dès auparavant même que les dernières soient achevées, afin de contenter les dames qui aiment la lecture. Que s'il y a des pièces curieuses qui ne s'impriment pointil faut en avoir la copie bien écrite, soit que ce soit de médisance ou autre sujet. » {Les Lois de la galanterie, XIII, p. 22.) — L'emploi du conditionnel, au dix-septième siècle, était moins étroit qu'aujourd'hui, et très souvent un conditionnel dépendait d'un autre. Ici, au contraire, nous mettrions j'ai vu au lieu de j'aurais vu. Molière dit encore {l'Avare, IV, 1) : « J'aurois assez d'adresse pour faire accroire à votre père que ce serait une personne riche,,., qu'elle serait éperdûment amoureuse de lui, et souhaiterait de se voir sa femme. > Voy. Chassaxg, Gr. /V.,-par. 303.
3. Il ne s'agit pas d'une académie constituée en forme, avec statuts, juridiction, etc., comme celle que veut établir Philaminte {Femmes savantes, III, 2), mais d'un cercle, d'une réunion régulière, comme le Samedi de Mlle de Scudéry. Voy., sur le Samedi, V. Cousin, la Société française au dix-septième siècle, ch. xv, et ci-dessus, p. 20.
VOUS me voyez, je m'en escrime* un peu quand je veux, et vous verrez courir de ma façon dans les belles ruelles* de Paris, deux cens chansons, autant de sonnets ^ quatre cens epigrammes*, et plus de
1. Encore une métapTiore digne d'un homme d'épée (voy. ci-dessus, p. 133, n. 1). ScARRON dit de même (Jodelet, I, IJ :
S'il s'est heureusement escrimé du pinceau.
De même, dans le Roman bourgeois (liv. I, édit. Ed. Fournier, p. 437) de FuRETiÈRE, Hyppolite, qui fait profession de bel-esprit : « Pour des madrigaux, des chansons, et d'autres petites pièces, on sait que je m'en escrime assez bien, et que j'en ferai tant qu'on en voudra, »
2. Les chambres à coucher, au dix-septième siècle, étaient divisées en deux par une balustrade qui isolait le lit du reste de la pièce. Le lit, aussi large que long, avait le chevet adossé au mur et faisait face à la fenêtre; il laissait, de chaque côté, deux espaces é^aux appelés l'un le devant du lit, l'autre la ruelle. Le devant était d'abord la place honorable, ce fut ensuite la ruelle. Les dames recevaient assises sur leur lit. Après la ruelle, on imagina Valcôve, sorte de petite chambre très ornée insérée dans la grande et où l'on plaça le lit. C'est la marquise de Rambouillet qui, très incommodée par la lumière, fit disposer dans sa fameuse chambre une alcôve, dont on a vu plus haut (p. 13) la description par Mlle de Montpensier. Déjà, en 1654, dans son Royaume de Coquetterie , satire de la société précieuse, l'abbé d'Aubignac disait des' ruelles : « Au milieu d'un grand nombre de portiques, vestibules, galeries, cellules et cabinets richement ornés, on trouve toujours un lieu respecté comme un sanctuaire, où, sur un autel fait à la façon de ces lits sacrés des dieux du paganisme, on trouve une dame exposée aux yeux du public, quelquefois belle et toujours parée; quelquefois noble et toujours vaine; quelquefois sage et toujours suffisante ; et là viennent les plus illustres de cette cour pour y brûler leur encens.» (P. 54-55.) On disait « tenir ruelle ». Les amis les plus intimes prenaient le titre de grands introducteurs des ruelles, ainsi les abbés de Bellebat et Dubuisson; les familiers s'appelaient aussi les alcôvistes. Voy. Ch.-L. Livet, Préface au Dictionnaire des Précieuses, p. xviii-xix, et Précieux et Précieuses, p. 8 à 11.
3. Petite pièce de vers composée de deux quatrains et de deux tercets, les deux quatrains roulant sur deux mêmes rimes et les deux tercets sur deux rimes différentes. Mis à la mode par l'école de Ronsard, qui l'emprunta ou le reprit aux Italiens, le sonnet (ital. sonnetto et anc. français sonet, chansonnette, dimin. de son) fut, au dix-septième siècle, l'objet d'un véritable engouement; on se passionnait pour des sonnets, et la société précieuse se divisa en deux camps, les Vranistes et les Johelins, pour le sonnet d'f/ranie par Voiture et celui de Job par Benserade (1638).
4. Chez les Grecsetles Latins, l'épigramme (ÈTtiYpajJLfxa, inscription) était une petite pièce de vers sur un sujet quelconque, otîrant une pensée ingénieuse ou délicate, souvent amoureuse, parfois satirique, exprimée avec grâce et précision. En passant chez les modernes, elle ne fut plus guère, selon la définition de Bouleau {Art