Du lat. auscultare, d'où Vs étymologique
iSO LES PRECIEUSES RIDICULES
MASCARILLE
Oh, oh, je ny prenois pas garde.
Tandis que sans songer à mal, je vous regarde^ Vostre œil en tapinois * me dérobe mon cœur. Au voleur, au voleur, au voleur, au voleur-.
i. Etymologie incertaine. Viendrait, selon les uns, du grec TaTtsivo;, humble, qui se fait petit pour n'être ni vie ni entendu, par lintermédiaire du bas latin tapinus, humble, tapinositas, humiliation; selon les autres de tapir (se), du radical allemand zapf, tapon, linge mis en bouchon. La première etymologie est la plus probable.
2. On rapproche d'ordinaire le quatrain de Mascarille de ce madrigal qui se trouve dans les Poésies choisies publiées par Ch. de Sercy (t. IV, p. 7) :
Je souffre une extrême douleur,
Et je sens un nouveau martyre :
Depuis assez longtemps je conservois un cœur.
Que depuis peu je trouve à dire.
Soit dit, Philis, sans vous mettre en courroux,
L'auriez-vous point pris par mégarde î
Faites du moins qu'on y regarde ; Je crois, sans y penser, l'avoir laissé chez vous.
Il se peut que Molière ait emprunté aux Pièces choisies l'ide'e de cette fadeur ridicule ; mais Ed. FouE-NIER {Variét. hist. et littér., t. IV, p. 303 et 304) en signale le trait principal dans ce refrain qu'il trouve dans la Fieur des chansons nouvelles (16U, p. 385)
O voleur ! ô voleur I ô voleur !
Rends-moi ce cœur que tu m'as pris.
Enfin M. V. Fournel {la Littérature indépendante au dix-septième siècle, p. 89-91) montre par plusieurs citations que c'est plus haut encore qu'il faut chercher l'origine de cette métaphore de cœurs volés, car elle est dans Charles d'Orléans, dans Claude le Petit, dans un obscur poète, Le Virbluneau d'Ofayel, qui s'écrie très sérieusement dans un sonnet :
Alarme, alarme, alarme, et au secours ! On m'a volé mon cœur dans ma poitrine.
Il établit en outre qu'elle est venue jusqu'à nos jours, et il en cite même un exemple signé d'un nom illustre, celui d'Alex. Dumas père. Ménage, plus précieux et plus pédant que personne, crie Au voleur I en latin; traduisant par Laverna, qui signifie la déesse des voleurs, le nom de son élève, Mlle de La Vergne, qui devint Mme de La Fayette, il lui adressait cette petite pièce :
Omine felici nomen prsesaga dedere
Fata tibi. Furtis pulchra Laverna prseest.
Tu vénères omnes cunctis formosa puellis, Tu cunctis sensus surripis una viris.