‹ Les précieuses ridicules; comédie. Nouv. éd., conforme à l'éd. originale, avec les variantes, une notice sur la pièce, le sommaire de Voltaire, un appendice et un commentaire historique, philologique et littéraireChapitre 108 sur 155 · Voy. ci-dessus, p. 112, n · texte numérisé non relu

Voy. ci-dessus, p. 112, n

2. C'est-à-dire aisé, dégagé, d'une élégance facile. De même Ha- MiLTON (Cheval, de Gramont, 7) : « Quoique j'aie la danse cavalière, y» Ètym, cavalier^ longtemps synonyme de chevalier. — Dans son Roman bourgeois (1666), Furetière reprend l'expression de Mascarille et la développe plaisamment : « Ce n'est pas (dit Belastre, l'un des personnages) que je veuille me piquer d'être auteur ni faire le bel esprit ; mais vous connoitrez que, quand je m'y veux appliquer, je suis capable de faire des vers à la cavalière. — Qu'entendez-vous par ces vers à la cavalière ? n'est-ce pas à dire de ces méchants vers dont tout le monde est si fatigué ? Belastre se hasarda de répondre que c'étoient des vers faits par des gentilshommes qui n'en savoient point les règles, qui les faisoient par pure galanterie, sans avoir lu de livres et sans que ce fût leur métier. : — Hé ! par la mort, non pas de ma vie, reprit chaudement Charroselles, pourquoi diable s'en mêlent-ils, si ce n'est pas leur métier ! un maçon seroit-il excusé d'avoir fait une méchante marmite ? Cependant il se coule mille millions de înéchants vers sous ce titre spécieux de vers à la cavalière qui effacent tous les bons et qui prennent leur place. » (Liv. II, édit. Ed. Fournier, p. 288-289.)

3. Il était fréquemment employé pour cela dans la langue du dix-septième siècle. On a déjà vu un exemple probable de cette construction, ci-dessus, p. 131, n. 6. Ainsi encore Molière {l'Etourdi, II, 7) :

Vous vous moquez peut-être. — Il est trop véritable.

Pascal (Pass. de l'am.) : «L'on a de la vénération pour ce qu'on aime : il est bien juste : on ne reconnoît rien au monde de grand comme cela. » Mme de Sévioné (19 nov. 1688) : « De vous dire que tout cela se passe sans larmes, il n'est pas possible. » Cet emploi, tomb'^ en désuétude, s'e'^t pourtant <:■■ nservé dans la locution il est vrai. Voy. Chassano, Gr. fr., par. 235»

MAGDELON

Oûy, je trouve ce oh, oh^ admirable.

MASCARILLE

Il semble que cela ne soit rien.

CATHOS

Ah. mon Dieu, que dites-vous! ce sont là de ces sortes de choses* qui ne se peuvent payer 2.

MAGDELON

Sans doute, et j'aimerois mieux avoir fait ce'* oh, oh, qu'un poëme épique.

MASCARILLE

Tudieu*, vous avez le goust bon.

Eh, je ne l'ay pas tout à fait mauvais.

1. Var. a Que dites- vous là? Ce sont de ces sortes de choses. » (1682.)

2. Ce n'est là qu'une expression proverbiale; mais il y eut, en effet, au dix-septième siècle, telles beautés littéraires que les protecteurs des lettres récompensèrent en argent, s'excusant de les payer au-dessous de leur valeur, ainsi les deux fameux vers de Colletet, dans le Monologue des Tuileries :

La cane s'humecter de la bourbe de l'eau. D'une voix enrouée et d'ua battement d'aile. Animer le canard, qui languit auprès d'elle.

Richelieu, «après avoir écouté tout le reste, lui donna, de sa propre main, cinquante pistoles, avec ces paroles obligeantes, que c'étoit seulement pour ces deux vers qu'il avoit trouvés si beaux, et que le Roi n'étoit pas assez riche pour payer le reste. » (Pellisson, Hist. de V Académie française, édit. Livet, t. I, p. 84-85.)

3. Ce est omis dans plusieurs éditions, peut-être pour ajouter encore au comique de la réflexion.

4. Juron très commun dans l'ancien répertoire ; euphémisme pour tue Dieu. Dès le seizième siècle, il était de très bon ton d'émailler son langage d'exclamations de ce genre : « Quant aux jurements et blasphèmes, aucuns et principalement des gentilshommes, usent maintenant de jurements et blasphèmes dont autrefois ils eussent eu horreur : de sorte qu'au lieu de dire II jure comme un charretier, il faudra dire II jure comme un gentilhomme. » (H. Estienne, Dial. du françois italianisé, t. II, p. 149.)

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