Voy. ci-dessus, p. 89, n
3. Se disait, d'une manière générale, pour théâtre^ spectacle; ainsi H.vMiLTON {Chev. de Gram., 10): « La duchesse étoit à la comédie avec sa sœur. »
4. Lat. applaudere ; notre orthographe applaudir est plus régulière.
5. La langue du dix-septième ^siècle mettait très souvent de pour à entre deux verbes. De même Mme de Sévigné (V, 234) : « Voyez quelle gageure ces pauvres personnes se sont engagées de soutenir.» Cependant engager à était plus usité et, en 1694, dans la première édition de son Dictionnaire, l'Académie n'admet pas engager de.
6. C'était, en effet, un usage du temps et très utile aux auteurs, à cause de l'influence des cabales. Molière lut le TaWu/'/e chez plusieurs personnes (« Molière avec Tartuffe y doit jouer son rôle » Boileau, le Repas ridic), notamment chez le Légat, chez l'académicien Habert de Montmor, chez Ninon de Lenclos, etc., le Misanthrope chez Madame, chez le comte de Broussin, les Femmes savantes chez le duc de La Rochefoucauld et chez le cardinal de Retz. Dans ses Véritables Précieuses (se. VII), SSomaize introduit un poète qui prétend avoir entendu Molière lire ses Précieuses avec Don Garde de Navarre « chez un m-arquis de ses amis (du poète) qui loge au quartier du Louvre », et il en profite pour l'attaquer violemment.
belles, et leur donner de la réputation, et je vous laisse à penser, si quand nous disons quelque chose le parterre ose nous contredire ^ 'Pour moy, j'y suis fort exact; et quand j.'ay promis à quelque poëte, je crie tousjours, voila qui est beau, devant que Mes chandelles soient allumées '.
MAGDELON
Ne m'en parlez point, c'est un admirable lieu que Paris ; il s'y passe cent choses tous les jours, qu'on ignore dans les provinces, quelque spirituelle qu'on puisse estre.
CATHOS
C'est assez, puis que nous sommes instruites, nous ferons nostre devoir de nous écrier* comme il faut sur tout ce qu'on dira.
Je ne sçay si je me trompe ; mais vous avez toute la mine d'avoir fait quelque comédie.
MAGDELON
Eh, il pourroit estre quelque chose de ce que vous dites.
1. Molière nous apprend {Crit. de l'Ec. des Femmes, se. VI) que le ces messieurs du bel air ne vouloient pas que le parterre eût du sens commun » et qu'ils eussent été « fâchés d'avoir ri avec lui, fûtce de la meilleure chose du monde ». L'un d'eux, impatienté des rires du parterre, le regardait avec dépit et pitié, en disant tout haut : « Ris donc, parterre, ris donc. » L'homme sa^e de la pièce, Dorante, déclare qu'il ne saurait « souffrir (ces) ébuTlitions du cerveau de nos marquis de Mascarille », que « le bon sens n'a point de place déterminée à la comédie, » et que, pour lui, il « se fierait assez à l'approbation du parterre ». Voy. la scène en son entier.
2. Devant et avant étaient complètement synonymes dans les premiers siècles de notre langue. Avec que, Vaugelas disait ( t. I, p. 43) : «Tous deux sont bons.» L'Académie décida que avant que était préférable. La Fontaine {Vie d'Esope)^ dit comme Molière : « II* lui demanda, devant que de .l'acheter, à quoi il lui seroit propre. »