Magdelon, à Cathos
4- Commencer à et comm.encer de étaient également en usage au «lix-septiènie siècle et avec la même signification. Depuis, les grammairiens ont essayé de distinguer entre les deux, disant, par exeml>le, que : Cet enfant commence à marcher, signifie que l'enfant prend l'habitude de faire des pas, et que : Cet enfant commence de marcher, signifie que l'enfant, qui était immobile, se met à faire des pas. « Cette distinction subtile n'est pas justifiée par l'usage des auteurs. » (LiTTRÉ.) -j Vaugelas (t. II, p. 149-30) voulait que l'on dît toujours commencer à ; l'Académie décida que les deux formes pouvaient s'employer indifféremment l'une pour l'autre. Molière emploie de préf-rence commencer de.
iO.
nues, voila le beau monde qui prend le chemin de nous venir voir.
MASCARILLE
Mesdames, agréez que je vous présente ce gentilhomme cy*. Sur ma parole, il est digne d'estre connu de vous.
JODELET
Il est juste de venir vous rendre ce qu'on vous doit, et vos attraits exigent leurs droicts seigneuriaux ^ sur toutes sortes de personnes.
MAGDELON
C'est pousser vos civilitez jusqu'aux derniers confins de la flateriea.
1. Forme de l'adverbe de lieu ici, très usitée au dix-septième siècle, dans les constructions de ce genre, pour exprimer l'idée d'actualité et de proximité : cet homme que vous voyez ici, qui est ici présent. On employa d'abord concurremment ci et ici. « Tout Paris dit cet homme-ci, ce temps-ci, cette année-ci, mais la plus grand'part de la Cour dit cet homme ici, ce temps ici, cette année ici... Pour moi, je voudrois toujours dire cet homme ici, et non pas cet homme-ci, et ainsi des autres.» (Vaugelas, Remarques sur la langue franc., t. II, p. 68.) L'usage donna raison aux Parisiens contre la Cour et contre Vaugelas. L'Académie décidait : « Il faut dire ce temps-ci, cette année-ci, et non pas ce temps ici, cette année ici. » {Ibid., p. 69.)
2. Les droits seigneuriaux ou féodaux étaient ceux qui appartenaient aux seigneurs sut leurs vassaux et leurs serfs. Les principaux étaient la foi et l'hommage.
3. Var. « Jusqu'aux derniers confins de flatterie. » (1663, 66, 73, 74.) — Cette suppression de l'article est un reste de la syntaxe du seizième siècle : « L'article déterminé le, la, ou indéterminé un. une, est souvent supprimé devant les mots homme, chose, fortune, devant lieu et temps précédés de en et suivie d'un complément, devant les noms communs pris dans un sens général, et devant les noms abstraits, » ( Darmesteter et Hatzfeld , la Langue franc, au seiz. siècle par. 143.) — Quant à l'expression elle-même, Somaize la note dans son Dictionnaire (p. XLvii). — L'orthographe flaterie est plus ancienne que la nôtre, flatterie; le mot semble venir du germanique flat, plat, uni, d'où les sens dépolir avec U main, caresser, aduler.