SCENE XI
Au diable soient tous les laquais'. Je ne pense pas qu'il y ait gcntil-liommc en France plus mal scrvy que moy. Ces canailles me laissent toujours seul '.
MAGDELON
Almanzor, dites aux gens de monsieur^, qu'ils aillent querirMes violons, et nous faites venir ces messieurs, et ces dames d'icy-près, pour peupler la solitude de nostre baP.
MASCARILLE
Vicomte, que dis-tu de ces yeux?
JODELET
Mais toy même, marquis, que t'en semble?
MASCARILI.E.
Moy, je dis. que nos libertez auront peine à sortir dïcy les brayes nettes^'. Au moins, pour moy, je re-
1. E. Despois rapproche de ce passage les vers suivants de Tristan l'Hermite, dans le Parasite (1634, act. I, se. 5) :
LE CAPÎTAN
Holà, ho ! Bourguignon, Champagne, le Picard,
Le Basque, Cascaret . .
Las-d'aller, Triboulet ! Où sont tous mes valets*. . . Je ne suis point servi : toute cette canaille Se cache au cabaret.
2. Le Pasquin de Marivaux, valet comi-ne Mascarjlle, et, comme Iv.i, travesti en seigneur ei en soupirant (voy. ci-dessus, p. 45, n. 1), lance une boutade assez semblable à celle-ci; dérangé par une suivante, il s'écrie {Jeu de l'Amour et du Hasard, II, 6): « Ne voila-t-il pas ! Eh ! m'amie, revenez dans un quart d'heure ; allez. Les femmes de chambre de mon pays n'entrent point qu'on ne les appelle... Ah! les sottes gens que nos gens ! »