TALLEMANTjt. I,p
après le Cyrus, où elle a fait pour elle-même comme pour Mme de Longueville; Balzac Bélisandre, Voiture Valère, le duc de ÏNlontausier Menalidus, etc. ; Paris, c'est Athènes, le théâtre des ttalieus le cirque des Ausoniens, l'hôtel de Bourgogue, le grand Cirque, le quartier du Temple VEolie, la place Royale la place Dorique, le cloître Saint-Germainl'Auxerrois le circuit des Saliens^ etc. *.
Quant au langage , la métaphore l'envahit et en chasse , avec le mot propre, le naturel et la simpHcité ; on écrit et on parle par énigmes. La métaphore, en effet, est par excellence le fond du langage et du style précieux. On ne se contente pas de l'indiquer; on la prolonge, on la pousse jusqu'au bout; on en tire tout ce qu'elle contient. Lorsque Trissotin débite son célèbre couplet :
Pour cette grande faim qu'à nos yeux on expose,
Un plat seul de huit vers me semble peu de chose,
Et je pense qu'ici je ne ferai pas mal
De joindre à l'épigramme, ou bien au madrigal,
Le ragoût d'un sonnet, qui, chez une princesse,
A passé pour avoir quelque délicatesse;
Il est de sel attique assaisonné partout,
Et vous le trouverez, je crois, d'assez bon goût*,
il ne fait qu'épuiser la comparaison du goût qui goûte les mets d'une table avec le goût qui goûte les œuvres de l'esprit. Non seulement le style est métaphorique, mais l'expression, le mot le sont aussi; les choses les plus simples comme les plus relevées perdent leur nom. On ne dit plus les cheveux, mais la petite oie de la tête^ ; les dents, mais V ameublement de la bouche; les joues, mais les trônes de la pudeur; les pieds , mais les chers souffrants , sans doute parce que l'élégance faisait aux Précieux et aux Précieuses un devoir de se chausser très juste; unalmanach, c'est le mémoire de l'avenir ; une bougie s'appelle le supplé-mentdu soleil; la cheminée,rempù'e de Vulcain ; un soufflet, la petite maison d'Eole; un verre d'eau, un bain intérieur; le papier devient l'effronté qui ne rougit point; un portrait, un charmant insensible , tandis que la musique s'appelle l'agrément des oreilles, les femmes les divinités visibles.
1. Voy. SoMAiZE, édit. Livet, commentaire au bas des pages, passim et la Clef historique et anecdotique citée (p. 21, n. 1).