Voy. ci-dessus, p. 129, n
3. Var. « Trois ou quatre spadassins entrent. » (1682,1734.) Ces spadassins sont supprimés à la représentation. — Un spadassin (italien spadaccino, de spada, épée) était un homme d'épée à gages, un bravo, prêt à tous les coups de mains, assassinats, etc. Les grands d'Italie entretenaient des spadassins en nombre pour servir leurs projets et leurs vengeances; le mot et la chose nous vinrent de là ; « Cosme de Médicis entretenoit un nombre de spadazins, avec lesquels il tenoit en crainte toute la cité. » (Bonivar, IdoL, 54.) Spadassin signifie plutôt aujourd'hui un duelliste de profession.
4. Magdelon croit à une mauvaise plaisanterie, Ibrt en usage à cette époque; les gens du bel air couraient, sous le masque, de bal en bal, sans être invités et en menant grand bruit. Les Lois de la galanterie (XII, p. 21) leur donnent le conseil suivant : « En ce qui est des longues nuits de cette froide saison, il faudra qu'ils s'informent s'il n'y en a point quelques-unes que Ton puisse passer au bal , et d'autant qu'il y a telle nuit que le bal se donne en vingt endroits de la ville, il faut les savoir tous pour aller de l'un à l'autre et voir les visages c^ui s'y trouvent, s'arrêtant enfin à celui où l'on aura plua dUnulination »
DU CROISY
Comment, mes dames, nous endurerons que nos laquais soient mieux receus que nous? qu'ils viennent vous faire l'amour à nos dépens, et vous donnent le bal*?
MAGDELON
Vos laquais !
LA GRANGE
Ouy, nos laquais, et cela n'est ny beau, ny honneste, de nous les débaucher, comme vous faites.
MAGDELON
O ciel, quelle insolence!
LA GRANGE
Maife ils n'auront pas l'avantage de se servir de nos habits, pour vous donner dans la veuë^, et si vous les voulez aimer, ce sera, ma foy, pour leurs beaux yeux. Viste qu*on les dépouille sur le champ "\
* JODELET
Adieu nostre braverie*.
1. Expression consacrée au dix-septième siècle. On vient de la voir (p. 185, n. 4) dans les Lois de la galanterie. On disait aussi," dans le même sens d'ofpnr, donner la comédie. Ainsi Molière (Mal. irnag., II, 6) '• « Il y en a qui donnent la comédie à leurs maîtresses; mais donner une dissection est quelque chose de plus galant. »
2. Dans le sens d'exciter l'attention, et, par suite, plaire. Ainsi encore Molière {Bourg, gent., 111,9) : « Ce monsieur le comte qui va chez elle lui donne peut-être dans la vue. »
3. Aujourd'hui, à la représentation, du Croisy ajoute : « Et qu'on leur ôte jusqu'à la moindre chose. » Cette réplique n'est pas inventée, mais empruntée quelques lignes plus bas. On coupe, en effet, depuis « Ah ! ah ! coquins, vous avez l'audace » jusqu'à « toutes ces hardes, dépêchez ». Voy, ci-dessus, p. 66.
4. Mot qui a vieilli; il signifiait toilette, beaux habits. De même Molière (Am. méd., I, 1) : « Je tiens que la braverie, Vajustement est la chose qui réjouit le plus les filles. » Et Tallemant des Réaux (t. VI, p. 29) : « Mme de Nouveau est la plus grande folle