‹ Les précieuses ridicules; comédie. Nouv. éd., conforme à l'éd. originale, avec les variantes, une notice sur la pièce, le sommaire de Voltaire, un appendice et un commentaire historique, philologique et littéraireChapitre 29 sur 155 · Registre, p · texte numérisé non relu

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3. Voy., sur cette curieuse famille des Bé)art, outre les ouvrages cités plus haut sur la troupe de Molière, l'article qui lui est consacré dans le Dictionnaire critique de A. Jal.

exercé sur Molière la plus grande et la plus utile influence; on peut voir par les paroles qu'il lui prête dans Vlmpro'mptu de Versailles^ quelle sûreté d'affection et quelle sagesse de conseil il lui reconnaissait, même lorsqu'il combattait ses avis.

Mlle Hervé, de son vrai nom Geneviève Béjart, était la sœur cadette de Madeleine; elle avait pris le nom de sa mère pour qu'on ne la confondit point avec celle-ci. Comédienne de Vlllustre Théâtre, elle y jouait les soubrettes et les utilités.

Marie Ragueneau, fille d'un camarade de Molière qui se faisait appeler au théâtre M. de TEstang, fut d'abord, selon Grimarcst,. femme de chambre de Mlle de Brie, puis, devenue à son tour comédienne, épousa son camarade La Grange. Elle n'avait qu'un talent médiocre. On l'appelait familièrement Marotte, diminutif de Marie, et, si elle joua réellement la suivante des Précieuses, Molière n'aurait fait, comme pour La Grange, du Croisy et Jodelet. que donner au rôle le nom de l'actrice.

Mlle de Brie- appartenait, depuis 1653, à la troupe de Molière, qui l'avait rencontrée à Lyon, où elle jouait avec son mari. Douce et bonne, elle fut pour Molière, après une liaison plus tendre, l'amie la plus dévouée. C'était une excellente actrice, d'une remarquable beauté, et qui conserva très longtemps encore les apparences de la jeunesse : elle jouait encore, dit-on, à soixante-cinq ans, dans ÏEcole des Femmes, le rôle d'Agnès, qu'elle avait créé.

Mlle du Parc^, entrée dans la troupe de Molière probablement à la même époque que Mlle de Brie, excellait dans la tragédie comme dans la comédie. D'une grande beauté, elle aussi, elle avait un talent très souple et devait représenter à merveille la précieuse Cathos, si l'on en juge par les paroles que lui adresse Molière dans ÏImpromptu de Versailles, où il lui avait donné un rôle de « marquise façonnière » :

a Molière. — Pour vous, mademoiselle....

» Mlle du Parc— Mon Dieu l pour moi, je m'acquitterai fort mal de mon personnage, et je ne sais pas pourquoi vous m'avez donné ce rôle de façonnière.

i. Scène I.

2. Catherine Le Clerc du Rozet, femme de Edme Villequkn^ dit DE Br.ie; voy. ci-après.

.3. Marquise-Thérèse de Gorla, fille d'un « premier opérateur du » Roi(?), femme de René Berthelot, dit du Parc.

» Molière. — Mon Dieu! mademoiselle, voilà comme vous disiez lorsque l'on vous donna celui de la Critique de l'Ecole des Femmes; cependant vous vous en êtes acquittée à. merveille, et tout le monde est demeuré d'accord qu'on ne peut pas mieux faire que vous avez fait. Croyez-moi, celui-ci sera de même, et vous le jouerez mieux que vous ne pensez.

»Mlle dd Parc — Comment cela se pourroit-il faire? car il n'y a point de personne au monde qui soit moins façonnière que moi.

» Molière. — Cela est vrai ; et c'est en quoi vous faites mieux voir que vous êtes excellente comédienne, de bien représenter un personnage qui est si contraire à votre humeur ^ »

Fort capricieuse, à ce qu'il semble, elle avait quitté, avec son mari, la troupe de Molière très peu de temps après l'arrivée de celle-ci à Paris, pour aller jouer au théâtre du Marais, et elle n'y rentra qu'à Pâques 1660. Elle ne put donc créer le rôle de Cathos, les Précieuses ayant été représentées le 18 novembre 1659. H est probable, par suite, que ce fut Mlle de Brie qui joua le rôle d'original et qui, dévouée aux intérêts delà troupe et d'humeur accommodante, le céda peut-être à son exigeante camarade, lorsque celle-ci fut de retour. En ce cas, le petit rôle de Marotte aurait été tenu d'abord par Mlle Hervé (Geneviève Béjart), comédienne moins expérimentée que sa sœur Madeleine. On sait que, veuve depuis 1664, Mlle du Parc quitta définitivement en 1667 1a troupe de Molière, sur le conseil de Racine, pour aller jouer Andromaque à FHôtel de Bourgogne, et que ce départ brouilla les deux poètes 2.

De Brie^, mari de l'actrice du même nom, était, parait-il, un comédien médiocre et un homme fort désai^réable, que l'on gardait dans la troupe seulement à cause de sa femme. 11 était bretteur; aussi lui confiait-on des rôles en rapport avec son caractère; s'il joua réellement celui d'Almanzor,

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