Voy. ci-a})rès, p. 116, n. 4 et 162, n
7. Édit. Ed. Fournier, p. 299-300. — Outre ce portrait à la plume de Molière dans le rùle de Mascarille, il en resterait un autre au pinceau, selon M. A. Martin, qui faisait reproduire en héliogravure et commentait dans le Moliérisle de novembre 1882 deux curieuses peintures sur marbre, signée^Bosse, qu'il attribue à Abraham Bossk, le célèbre graveur et peintre du dix-septième siècle. Ces deux peintures sont accompagnées Tune de cette inscription : Jean Poquclin. Rôle de Mascarille, Bosse f., l'autre de celle-ci: La Béjar. Rôle de Madelon des Précieuses, Bosse f. Mascarille, se découvrant de la main droite, la gauche sur son épée, se présente chez les Précieuses : Madelon, dans une pose prétentieuse et ncible, semble lui indiquer un fauteuil. — D'autre part, dans une co])ie du Rùcit, faite sur le manuscrit qui en courut d'abord, copie qui se trouve au t. IX des manuscrits de CoNRART à la bibliothèque de l'Arsenal et que E. Despois a collationnée pour sa réimpression {Œuvres de Molière, t. II, p. 117-134), en lit, au lieu de la description du costume de Mascarille: « Pour moi, je le trouve si charmant que je vous en envoie le crayon. » Ce crayon, qui tenait lieu des détails donnés par rimprimé, n'a malheureusement pas été conservé par Conrart.
Il ne serait pas impossible que cet ajustement d'une exagération si plaisante ait été complété par le demi-masque à l'italienne, la mascarilla, d'où venait le nom de Mascarille ^ Ce masque, commun aux personnages bouffons de la commedia delV arte^, Arlequin, Trivelin, Pantalon, le Docteur, etc., était toujours en usage (on le retrouve encore au siècle suivant), et il ne serait pas étonnant que Molière, qui avait emprunté aux Italiens, dans l'Étourdi et le Dépit amoureux, leur genre d'intrigue et leurs personnages, eût pris aussi dans ses premières pièces le complément naturel de ceux-ci. Un passage de la Vengeance des Marquis, du comédien de Villiers, le donnerait à entendre : « Il contrefaisoit d'abord les marquis avec le masque de Mascarille : il n'osoit les jouer autrement; mais à la fin il nous a fait voir qu'il avoit le visage assez plaisant pour représenter sans le masque un personnage ridicule^. » Plusieurs critiques estiment qu'il faut entendre ces mots avec le masque comme une métaphore, Mascarille n'étant qu'un faux marquis, tandis que, dans ÏImpromptu de Versailles^ auquel répondait la pièce deMontfleury, Molière jouait un marquis véritable \ D'autres^, au contraire, les prennent au propre, en raison des habitudes de la comédie italienne, et font valoir, en outre, qu'à son retour à Paris, Molière avait intérêt à cacher son visage comme il cachait son vrai nom. Ce dernier, à vrai dire, n'était un mystère pour personne; de plus, il importe de remarquer que toutes les estampes du temps représentant Molière dans Mascarille nous le montrent sans masque. La question reste donc indécise.
Quant à Jodelet^, il était digne, comme comédien, de figurer à côté de Molière, au moins dans un rôle bouffon. C'était, en eflét, un des plus illustres «farceurs » de l'ancien théâtre français'. Entré dans la troupe de Monsieur, avec