Voy. ci-après, p
7. Dans son Mémoire pour servir à l'histoire de la société polie en Fr.mce, 1835, p. 134-135.
S. Charles Varlet, dit De La Grange (? 1639-1692), comédien dans une troupe de province, entra en 1659 dans celle de Mo-
camarade, ami et éditeur de Molière, et celui de plusieurs contemporains, y contredisent absolument ^ C'est bien à Paris et pour Paris que les Précieuses furent composées. Si Molière traite Cathos et Magdelon de «pecques provinciales», ce n'est là, comme nous le verrons 2, qu'un moyen comique et peut-être une mesure de prudence.
Le succès de cette petite pièce en un acte et en prose, de cette farce, comme on l'appela, fut éclatant ; il n'y manqua même pas, pour le compléter, un peu de persécution.
D'abord, elle parut modestement, avec Cinna, de Corneille, sans annonce spéciale, sans qu'on eût doublé le prix des places^,— comme c'était déjà l'usage, paraît-il, pour les premières représentations, et tant que durait le succès d'une pièce nouvelle * ; — et l'on a eu tort de dire que c'est le succès des Précieuses qui fit élever de 10 à 15 sous le prix du parterre. 11 ne paraît pas que l'orateur de la troupe, c'est-à-dire Molière lui-même, dans un de ces discours où l'on annonçait d'habitude les pièces nouvelles, ou dans l'une de ces affiches, plus détaillées que |celles de nos jours, dont se servaient les comédiens pour amorcer la curiosité publique^, ait attiré l'attention sur les Précieuses,
Hère, qui prit plaisir à le former et en fit un acteur excellent. Nous le verrons ci-après (p. 54) jouer sous son nom dans les Précieuses. Dès 1664, Molière se déchargea sur lui des fonctions d'orateur de la troupe (voy. ci-dessous). En 168!^, avec l'aide de Vinot, il donna des œuvres de son maître une édition très soignée, précédée d'une importante préface. Il a laissé un registre manuscrit, intitulé ExLra.it des recettes et des affaires de la Comédie depuis Pâques de l'année 1659, qui va jusqu'en 1685, et qui est le plus précieux de tous les documents qui nous restent sur la troupe de Molière. La Comédie- Française a publié ce registre enl876,avec une intéressante et complète'étude sur La Grange par M. Ed. Thierry. Outre ses qualités de comédien, La Grange était considéré comme le type même de l'honnête homme et de l'homme de cœur.
1. Pour plus de détails, voy. J. Taschereau, Vie de Molière, édit. de 1844, p. 222-223.