‹ Les précieuses ridicules; comédie. Nouv. éd., conforme à l'éd. originale, avec les variantes, une notice sur la pièce, le sommaire de Voltaire, un appendice et un commentaire historique, philologique et littéraireChapitre 51 sur 155 · Voy. ci-dessus, p. 30, n · texte numérisé non relu

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temps, la matière de la comédie, et que par la mesme raison, les véritables sçavans, et les vrays braves, ne se sont point encore avisez de s'offenser du Docteur de la comédie, et du Capitan*, non plus que les juges, les princes, et les rois, de voir Trivelin' ou quelque autre sur le théâtre , faire ridiculement le juge, le prince ou le roy; aussi les véritables Précieuses auroient tort de se piquer, lors qu'on joiie les ridicules, qui les imitent mal ' : Mais enfin, comme j'ay dit, on ne me laisse pas le temps de respirer, et monsieur de Luynes* veut m'aller faire relier ^ de ce pas : A la bonne heure, puis que Dieu l'a voulu.

1. Deux des principaux types buufifons de l'ancienne commedia dell' arte (voy. ci-dessus, p. 2, n. 2). Le Docteur, originaire de Bologne, ville d'université, était le type du pédant nourri de scolastique et plein d'âneries prétentieuses. Le Capitan (espagn. capitan, capitaine) n'était autre que l'ancien miles gloriosus des Latins ; inspiré par les Espagnols, durant leurs guerres en Italie, il fut très longtemps populaire. Voy. L. MoLAND, Molière et la comédie italienne, chap. ii. ^

2. Autre type de la comédie italienne. Assez analogue à Arlequin, dont il est une variété, mais moins fin, plus balourd, Trivelin {trivium, carrefour, ou encore, d'un vieux mot italien, « le porteur de guenilles, d'habit troué ») appartient à la grande famille des valets issus des Sanniones de la comédie latine. Il revêt tous les costumes, traverse toutes les conditions, et toujours pour les tourner en ridicule. Voy., dans la Fausse Suivante (I, 1) de Marivaux, une longue et curieuse tirade, dont Beaumarchais s'est inspiré sans doute pour celle de Figaro [le Barbier de Séville, V, 3), et qui résume bien le caractère du personnage, et, sur ce type, Maur. S and, Masques et Bouffons, t. I, p. 113-116. — Le cardinal de Retz (Mém.., liv. I) dit, en parlant de Mazarin, que lorsque la reine le choisit pour ministre, « il parut d'abord l'original de Trivelino principe », c'est-àdire de quelque caneuas italien, où Trivelin jouait un de ces rôles de rois dont parle ici Molière.

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