‹ Les précieuses ridicules; comédie. Nouv. éd., conforme à l'éd. originale, avec les variantes, une notice sur la pièce, le sommaire de Voltaire, un appendice et un commentaire historique, philologique et littéraireChapitre 50 sur 155 · PRÉFACE !I · texte numérisé non relu

PRÉFACE !I

J'en ay mesme qui m'auroient loue en grec, et l'on n'ignore pas, qu'une loiiange * en grec, est d'une merveilleuse efficace ^ à la teste d'un livre : Mais on me met au jour, sans me donner le loisir de me reconnoistre*; et je ne puis mesme* obtenir 1^ liberté de dire deux mots, pour justifier mes intentions, sur le sujet de cette comédie. J'aurois voulu faire voir qu'elle se tient par tout dans les bornes de la satyre* honneste*' et permise; que les plus excellentes choses sont sujettes à estre copiées par de mauvais singes, qui méritent d'estre bernez', que ces vicieuses imitations de ce qu'il y a de plus parfait, ont esté de tout

i. De louer (lat. îaudare, dénominatif de laiidem), avec un suffixe ange ou enge. A côté de louange, l'ancien français avait losajigc — On vient de voir (p. 88, n. 5) quel était, au dix-septième siècle, l'usage du tréma.

2. Efficace, comme substantif s5'nonyme d'e//îcacifé, était en grand usage chez nos anciens poètes ; il avait déjà vieilli au temps ih; Molière, sauf dans le langage tliéologique. Corneille l'avait emploj'é dans Médée (V, 3) et dans le Meilleur (IV, 3), au sens de pouvoir, en général : plus tard, il ne s'en sert plus que dans ses poésies sacrées et dans Polyeucte (I, 1). Ici, par sa physionomie grave et doctorale, le mot a certainement une intention comique. Molière dira de même (M. de Pourc, I, 2) : « Il est trop heureux d'être fou, pour éprouver Vefficace et la douceur des remèdes que vous avez si judicieusement ordonnés. »

3. De re et du lat. cognoscere, d'où l's étymologique. La forme en oi est la plus ancienne, en vertu de la règle qui cnangeait très souvent l'o latin en oi {loin de longe, voix de vocem, etc.). Du quatorzième siècle au dix-huitième, la langue hésitait pour plusieurs de ces mots en oi entre les sons oi, oué, ouai, oua. Voy., à ce sujet, CuASSANG, Gr. fr., par. 13, et Thurot, De la Prononciation française^ liv. II, chap. m, sect. i.

4. Du bas lat. metipsimum, contraction de metipsissimum, d'où l's étymologique.

5. Du lat. salira, poème satirique, venant lui-même de satura, plat de différentes espèces de viandes, pot-pourri, ce qui justifierait l'y grec, s'il ne s'expliquait déjà suffisamment par la substitution si fréquente dans l'ancien français de Vy et de l'i. Voy. ci-dessus, p. 87. n. 6.

6. Du lat. honestus, d'où l's étymologique. Quant au redoublement de l'n, l'orthographe du dix-septième siècle tantôt redoiiblait les consonnes sans nécessité, tantôt n'en mettait qu'une où il en aurait fallu deux.

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