‹ Les précieuses ridicules; comédie. Nouv. éd., conforme à l'éd. originale, avec les variantes, une notice sur la pièce, le sommaire de Voltaire, un appendice et un commentaire historique, philologique et littéraireChapitre 53 sur 155 · LES PERSONNAGES · texte numérisé non relu

LES PERSONNAGES

LA GRANGE ) , DUCR0ISY2 j Amans rebutez.

GORGTBUS 3, bon bourgeois.

MAGDELONSfillede Gorgibus ) ^ y. .,. ,

/^Arruricn 4 A n u c Précieuses ridicules.

CATHOS 5, nièce de Gorgibus S

MAROTTE^, servante des Précieuses ridicules.

1. Au seizième siècle, et dans les premiers temps du dix-septième, on disait entre-parleurs ; on a dit ensuite acteiirs, puis personnage^, qui est resté {persona, masque de théâtre). Molière euiploie acteiDs et personnages, tantôt avec, tantôt sans l'article.

2. C'étaient les noms mêmes des deux acteurs qui jouaient les rôles. Voy. ci-dessus, p. 55. ^ ^

3. Peut-être ce nom, de physionomie lourde et plaisante, était-il celui d'un emploi de l'ancienne comédie ; on a vu plus haut que parmi les farces jouées par Molière en province se trouvait un Gorgibus dans le sac. Gorgibus se trouve aussi dans la Jalousie de Barbouillé et le Médecin volant, les deux canevas de Molière qui nous ont été conservés, et dans Sganarelle. Ce qui est sûr, c'est qu'il existait dans la réalité (voy. Retz, Mémoires, édit. des Grands Ecriv., t. II, p. 580-583) et qu'il convient admirablement à un gros bourgeois, brave homme et borné, comme celui de Molière. Selon L. Molam) {Œuvres de Molière, t. II, p. 164), « l'acteur l'Epy, frère de Jodelet (voy. ci-dessus, p. 55), qui créa ce rôle, avait une voix de Stentor : c'est là peut-être ce qui fit choisir par Molière ce nom de Gorgibus. » Le «rond Gorgibus», dit Sainte-Beuve (Po)-fr. litt., t. II, p. 22), est parent de Chrysale, « cet autre comique cordial et à plein ventre. ?>

4. Orthographe constante de ce nom au dix-septième siècle. C'e>i un diminutif de Magdalena, Madeleine. Le nom des deux « Précieuses ridicules » fait contraste, par sa banalité populaire, avec la prétention de leur langage et de leurs sentiments.

5. Diminutif de Catherine. Se prononçait Catau et s'écrivait souvent de même. Il y a une Cathau dans la Jalousie de Barbouillé.

6. Diminutif de Marie, usité principalement à Rouen. Il y avait une actrice de ce nom, dont Corneille disait le plus grand bien, comme beauté, talent et caractère. Attachée à la troupe" du Marais. elle joua quelquefois dans celle de Molière, en représentation, comme noas disons aujourd'hui, en visite, comme on disait alors. Peut-être joua-t-elle ainsi d'original ce rôle de « servante », auquel Molière

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