Registre de La. Grange, p
2. « Ce sont des chiffres tout à fait remarquables pour le temps, et dont aucune autre pièce n'approche. Les recettes se traînaient alors de 150 à 200 livres, et pouvaient passer pour très belles quand elles s'élevaient au-dessus de 300 livres. » (L. Moland, Œuvres de Molière, t. II, p. 148.)
3. Gabriel Gilbert, bien oublié aujourd'hui, était regardé comme un des premiers auteurs comiques de son temps, et ses talents lui valurent la protection de Mazarin, de Lyonne, de Fouquet, de la duchesse de Rohan, de Christine de Suède, qui en fit son secrétaire des commandements et son résident en France. Entre autres pièces, — ■
nous ne connaissons que le titre, car elle n'a pas été imprimée. On peut supposer avec M. V. Fournel i, d'après le tilre de cette comédie, que c'était « une sorte de compromis avec les ruelles irritées, auxquelles Molière voulait mieux prouver parla ce qu'il avait dit dans sa préface, à savoir qu'il ne s'était attaqué qu'aux Précieuses ridicules et non aux véritables Précieuses » . La Vraie et la Fausse Précieuse eut neuf représentations 2, ce qui n'était ni un échec ni un succès.
La Cour ne goûta pas moins les Précieuses que la Ville : « La pièce, dit Segrais, ayant eu l'approbation de tout Paris, on l'envoya à la Cour, qui étoit alors au voyage des Pyrénées, où elle fut très bien reçue 3. » E. Despois fait à ce sujet une conjecture assez vraisemblable : « Serait-ce pendant l'interdiction momentanée de la pièce qu'elle aurait été envoyée à la Cour, et doit-on supposer que le Roi, très peu disposé, alors surtout, à goûter les raffinements quintessenciés des Précieuses, et dont le sens droit, il faut le reconnaître, a toujours eu des prédilections littéraires beaucoup plus justes que celles de son entourage, serait intervenu pour faire lever cette interdiction ? » 11 n'y aurait là rien d'impossible. Avant le retour de Louis XIV, la troupe de Molière est souvent appelée en visite, comme on disait alors, dans la haute société parisienne, pour représenter les Précieuses; c'est ainsi qu'elle va chez le marquis de Guénégaud, qui fut ministre et conseiller d'État, chez M. Le ïellier, secrétaire d'État de la guerre (février 1660), chez Mme Sanguin, « pour Monsieur le Prince », chez le chevalier de Gramont, chez la maréchale de l'Hôpital (mars), chez M. d'Andilly (mai). Lorsque la Cour est rentrée à Paris, les Précieuses sont re-
tragédies, comédies, tragi-comédies, pastorales, — dont une seule, Ica Intriçiues amoureuses, a été imprimée, il donna une Rodogune, représentée en 1644, la même année que celle de Corneille, dont elle semble être un plagiat exécuté avec le concours d'un confident indiscret auquel Corneille aurait lu sa pièce manuscrite. Sur G. Gilbert, voy. la notice que lui consacre M. V. Fournel, les Contemporains de Molière, t. II, p. 4-6.