‹ Les précieuses ridicules; comédie. Nouv. éd., conforme à l'éd. originale, avec les variantes, une notice sur la pièce, le sommaire de Voltaire, un appendice et un commentaire historique, philologique et littéraireChapitre 73 sur 155 · Du lat. baptisma, d'où Vs étymologique · texte numérisé non relu

Du lat. baptisma, d'où Vs étymologique

2. Les Précieuses aimaient beaucoup l'exagération dans les adverbes. Elles employaient volontiers celui-ci pour beaucoup, extrêmement, et on le retrouvera plusieurs fois au cours de la pièce (voy. ci-après, p. 147,lo546l.) Elles employaient de même terriblement (ciaprès, p. 148,122), horriblement, etc. et les adjectifs des mêmes adverbes (ci-après, p. 163, 171). Somaize ne manque pas (p. lvi) de relever « furieusement » qu'il traduit par tout à fait, et il ajoute : « Epouvantablement et terriblement ont aussi la même signification. Furieusement, dans la langue précieuse, combat d'antiquité avec le mot dernière (voy. ci-dessus, p. 110, n. 4); mais, sans examiner les raisons que l'on allègue, je puis dire que furieusement se rencontre plus souvent que dernière, et qu'il n'est point de Précieuse qui ne le dise plus de cent fois par jour, et que ceux qui affectent le langage des Précieuses l'ont toujours à la bouche. » Voy. aussi les Héros de romans, de Boileau.

Ces façons de parler n'avaient pas été inventées par les Précieuses. D'AuBiGNÉ trouvait déjà qu'elles « emplissaient la bouche des plus sots courtisans ». « Aujourd'huy, disait-il, court furieusement, jusques à dire ii est sage, il est doux furieusement... On use mal aussi de plusieurs adverbes à la cour, comme : je vous aime horriblement ; on dit mesmes grandement petit. » [Aventures du baron de Fœneste, édit. E. Réaume et de Caussade, liv. III, chap. xii.) Bien avant, dès le temps de Charles VIII, on disait ierriblernen't plaisant, terriblement heureux (Le Duchat, cité par Mérimée, édit. de Fœneste, p. 205.) Enfin, on trouve quelques adverbes de ce genre dans le style familier. Ainsi Scarron [Rom. com., II, 1): « L'état surprenant où il se trouva l'étonna furieusement. » Et Molière luimême (Avare, I, 5) : « Vous donnez furieusement dans le marquis. •

Page 1