SCENE VIII
FULBERT
Oh! monsieur!... ils ne vendent rien... ce sont des très-comme il faut. ..!
GAUDIN et DUMOUFLARD, offensés.
Hein?...
GAUDIN
Est-il venu des lettres pour moi?...
FULBERT, tirant une lettre de sa poche.
Oui, monsieur, en voilà une.
GAUDIN
Donne.
gens
FULBERT
Non !...
GAUDIN
Comment, non?.,.
FULBERT
Attendez !... (Il va prendre un plat d’argent et pose la lettre dessus.) GAUDIN, le regardant.
Qu’est-ce qu’il fait?...
FULBERT, présentant le plat d'argent.
Le courrier de monsieur. *
GAUDIN
Pourquoi cette argenterie?
FULBERT
C’est l’usage, monsieur, on met les lettres sur le plat...
GAUDIN
Et sur quoi mellra-t-on les œuls, imbécile? pourquoi ne me les présentos-tu pas à la cueiller?
FULBERT
Mais, si c’était la mode...
GAUDIN
Voyons, assez!... est-ce qu’il a grêlé ici, pendant mon absence?
FULBERT
Non, monsieur.
GAUDIN
En traversant le verger, je n’ai plus retrouvé un seul abricot.
FULBERT
Ce sont sans doute les autans.
GAUDIN
Qu’est-ce que c’est que ça?
DUMOUFLARD.
Le vent.
GAUDIN, à Fulbert.
Alors, pourquoi ne dis-tu pas le vent?
FULBERT
Non, monsieur, c’est ponsif.
GAUDIN
Ali! mais !... lu m’agaces à la fin, animal, butor.
’ Gaudin, Fulbert, Dumouflard.
** Gaudin, Dumouflard, Fulbert.
FULBERT
Allez, monsieur, vous pouvez jeter le caillou de l’injure dans la mare de mon indifférence.
GAUDIN
Encore !... (a Dumouflard.) Laissez-moi le gifller ?
FULBERT, se sauvant.
Je vais vous annoncer à ces dames...*
GAUDIN
Dépêche-toi, et puis tu iras chercher mes bagages au chemin de fer.
FULBERT
J’irai, (a part, en sortant.) Oh ! la société !...
GAUDIN, à Dumouflard-
Il me tarde de vous présenter à ces dames ; justement j’entends ma nièce.
dumouflard.
Permettez-moi d’abord de faire un bout de toilette... une première entrevue... c’est grave.
GAUDIN
Allez, mon ami... (Lefaisant entrer à droite, deuxième plan.) Tenez, par là... (Dumouflard sort.)