SCÈNE XII
DELPHINE, VERTCHOISI, puis GAUDIN.
DELPHINE, à elle-même.
Honnête homme... mais manquant tout à fait de lyrisme!
(Vertclioisi sort de sa cachette.)
VERTCHOISI, à parj.
Superbe affaire !... (Se jetantà ses pieds.)** Delphine !
DELPHINE, surprise et émue.
Monsieur!
VERTCHOISI, avec passion.
Oh ! j’ai tout entendu ! et mon àme s’est mise à la fenêtre de mon cœur, pour vous écouter chanter la mélopée de la jeunesse et de l’amour, (il tombe a genoux.)
GAUDIN, entrant par le fond.
Voyons si ce cher Dumouflard... (AperccvantVertchoisi aux genoux desa nièce.) Ah! mon Dieu ! ***
* Delphine, Dumouflard,
*• Delphine, Vertclioisi.
"*' Delphine, Vertchoisi, Gaudin.
DELPHINE
Mon oncle !
GAUDIN, furieux.
Monsieur, c’est unp horreur I une infamie !
VERTCHOISI, toujours à genoux avec le plus grand sang-froid.
Qu’avez-vous donc, monsieur?
GAUDIN
Ce que j’ai ! !
DELPHINE
Pourquoi cette colère ?
CAUDIN.
Ah! c’est par trop fort...* Comment! quand je vous trouve!.. Que faites-vous là, monsieur?
VEHTCHOISI, se levant.
J’aime, et je le dis!
GAUDIN
Comment?
DELPHINE
Nous chantons la mélopée de la jeunesse et de l’amour!
GAUDIN
Qu’est-ce qu’elle me chante? Quoi, mademoiselle, je vous laisse avec votre prétendu... et vous souffrez sans rougir...
VERTCHOISI, lui prenant la main.
Le soleil dit à la terre: Je t’aime ! et la terre ne rougit pas!
Hein?
GAUDIN
DELPHINE
Le flot dit à la brise: Je t’aime ! et la brise ne rougit pas.
GAUDIN
Comment! Quoi? la brise! le soleil!... (s’exaltant.) Je me moque de la brise! .. je me fiche du soleil!... c’est trahir l’hos-r pitalité... monsieur: c’est une indélicatesse. ..
VERTCHOISI, de très-haut.
Monsieur, la vieillesse est une royauté... je respecte votre couronne !... mais, sachez-le, celui qui trahit... est un traitre... L’homme qui manque à la délicatesse est un homme sans honneur... j’aime à croire, monsieur, qu’en me jetant à la face de telles paroles, vous n’en aviez pas pesé toute la portée...
GAUDIN, ahuri.
Monsieur... bien certainement... mon intention n’était pas précisément...
VERTCHOISI.
C’est bien, monsieur, j’accepte vos explications... (Offrant i* bras à Delphine.) Venez, mademoiselle,** venez... on ne vous comprend pas ici.
Delphine, Gaudin, Vertchoisi.
** Delphine, Vertchoisi, Gaudin.