‹ Les Précieux, comédie en 1 acte, mêlée de chantChapitre 28 sur 35 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

GAUDIN, puis ULRIC.

GAUDIN, ahuri.

11 respecte ma couronne?... et il emmène ma nièce... Ahçaî mais, je suis stupide, moi ! j’aurais dû lui répondre: « Monsieur, vous n’êtes qu’un polisson I » Mais, avec leurs grandes phrases, on ne trouve jamais le mot sur le moment.

ULRIC, entrant vivement par le fond avec un sac qui s'agite tout seul. *

J'ai pincé le cygne... Il fait là-dedans une vie de polichinelle...

GAUDIN

Hein?

ULRIC, à part.

Oh ! du monde ! (Il cherche à dissimuler son sac.)

GAUDIN, très-intrigué des soubresauts du sac.

Qu’est-ce que vous portez donc là, monsieur? Qu’y a-t-il donc dans ce sac? **

ULRIC, de très-haut.

Prenez garde, monsieur!... du soupçon à l’injure, il n’y a qu’un pas...

GAUDIN

Mais il y a quelque chose dans ce sac !...

ULRIC, avec amertume.

Ainsi donc.vingt-huitans d’une vie de droiture et d’honneur ne sauraient mettre un homme à l’abri des imputations les plus stigmatisantes... Oh ! la société ! la société !

GAUDIN, inteiloqué. (

Ne vous fâchez pas...

ULRIC

Assez, monsieur ! **’

Gaudin.

Je n’ai pas eu l’intention...

ULRIC, avec majesté.

Mon honneur est une vierge... enfermée dans une tour qui n’a pas d’escalier !

* Gaudin, Ulric.

** Ulric, Gaudin.

**’ Gaudin, Ulric.

GAUDIN

Mais ce sac qui gigote ?...

ULR1C.

Pas un mot de plus! vous m’avez cruellement blessé !... Ah ! monsieur !

GAUDIN

Mais, enfin...

ULRIC

Ah ! monsieur ! (11 passe son sac d’une épaule sur l’autre et atteint l’épaule de Gaudin, puis il sort à droite.)

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