‹ Les précurseurs de la réforme aux Pays-Bas (volume 2)Chapitre 56 sur 85 · LANATOMIE ET LA BOTANIQUE · texte numérisé non relu

LANATOMIE ET LA BOTANIQUE

connaître les maladies ni pratiqué son art plus judicieusement et plus sûrement. Ses observations sont sages et solides. Tous ses ouvrages ont été imprimés à Amsterdam en 1745 et 1761 (^). — Lemmens (Liévin), plus connu sous le nom de Lemnius (*), après s'être appliqué, dans l'université de Louvain, à l'étude de la médecine et de la théologie, retourna à Zierickzée (1527) et y pratiqua l'art de guérir avec tant de succès que sa réputation ne tarda pas à se répandre en Europe. Cependant, il ne suivit pas cette carrière jusqu'à la fin de ses jours, car, après le décès de sa femme, il se fit prêtre et fut pourvu d'un canonicat. La mort l'enleva le 1®^ juillet 1568. Son fils, Guillaume, étudia, comme lui, la médecine et s'y distingua tellement que le roi de Suède, Eric XIV, l'appela à sa cour, lui donna sa confiance et le combla de bontés. Cette faveur devint fatale à Lemmens, qui fut jeté en prison et étranglé (1568) lorsque son protecteur lui-même fut renversé du trône par Jean III. Nous n'avons de lui qu'un opuscule tendant à prouver que l'éducation a plus d'influence que le climat sur le développement des facultés intellectuelles. Les ouvrages de son père, remarquables par un style qui ne manque ni de force, ni d'élégance, ont joui d'une grande vogue.

Henri Smet, d'Alost (^, embrassa la carrière de la médecine, après avoir étudié à Louvain et pris le grade de docteur à Bologne (1561). A son retour en Belgique, il s'établit à Anvers; mais la religion calviniste, qu'il professait, le mit dans la nécessité de se réfugier en Allemagne, où il fut successivement attaché au service du comte de Lippe et à celui de l'électeur palatin. Il se rendit ensuite à Neustadt, où il tint, pendant sept ans, une chaire de médecine, enfin à Heidelberg, où il fut professeur de médecine pratique jusqu'à sa mort (15 août 1614). Smet fut un des ennemis les

(*) Biographie universelle, article Lom.

(2) Né le 20 mai 1505 à Zierickzée.

(3) Né le 29 juin 1537.

SMET, COITER. 243

plus déclarés de Paracelse, dont il dévoila le charlatanisme et les mensonges f).

Comme anatomiste, nous avons à mentionner Vol car t Coi ter ou Coyter f). Jaloux de se perfectionne!- dans la science qu'il cultivait, il parcourut les universités les plus célèbres de la France et de Tltalie. A Montpellier, il se lia d'une étroite amitié avec le célèbre Bondelet. Les magistrats de Nuremberg lui offrirent, en 1569, la place de médecin pensionné de cette ville, qu'il accepta; mais un peu après, il abandonna ces fonctions pour aller remplir celles de médecin de l'armée française. Il mourut en 1576, Il fut un observateur judicieux. Personne, avant lui, ne s'était occupé de l'ostéologie du fœtus et de l'ostéogénie, dont il étudia les principaux phénomènes avec soin. Il reconnut toute l'importance de l'anatomie pathologique, dont il proclama l'utilité pour le médecin. On remarque qu'il se plaint déjà de ce qu'on néglige presque toujours d'examiner la moelle épinière des cadavres. L'anatomie comparée lui doit aussi quelques progrès. Enfin, l'anatomie proprement dite lui est redevable de plusieurs observations minutieuses et de quelques découvertes qui ont contribué puissamment à la perfectionner f). J'ai hâte d'arriver à Dodonée.

En parcourant les écrits des anciens chroniqueurs, on trouve que la Frise possédait, vers la fin du xv® siècle, une famille dont sortit plus tard l'homme illustre qui devait l'immortaliser. Cette famille ne commence à être bien connue qu'à dater de l'époque où- florissait Jarick Joenckema ou Joenkens, né à Staveren, ville jadis puissante, riche, populeuse, mais successivement amoindrie par des causes physiques et commerciales (^). Jarick, qui devint bourgmestre de Leeuwaarden, fut le bisaïeul de Dodonée.

(') Biographie umv)er selle, article Smet.

.(^) Né à Groningue en 1534.

(') Biographie loiiverselle, article Coitek.

{*) GUICHARDIN, f. 277.

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