I..V SATIUE IVr LES PUEMIKUKS IlftUÉSIES
alors ])leine de vaiuloisic, et il ne la quitta (jne plus irrité contre la papauté, qu'il attaqua dès lors sans aucune espèce de ménagements. Cinquante ans auparavant, un de ses compatriotes, Lollard Waltcr ('), avait répandu les idées vaudoises à Londres, et ses doctrines s'étaient également introduites dans la Flandre. Les lollards, qui se montrèrent en assez grand nombre dans la patrie de leur maître, après l'année 1577, étaient des hommes simples et moraux; ils méprisaient les richesses et se faisaient remarquer par leur modération, leur chasteté et leur frugalité ; dans leurs discussions avec l'Eglise, ils ne s'appuyaient que sur les saintes lettres et rejetaient le baptême des enfants f).
Les relations commerciales de la Belgique avec l'Angleterre contribuèrent non seulement à répandre, mais encore à entretenir les opinions wicléfistes dans nos provinces. Les œuvres du réformateur anglais y furent lues et méditées aussi bien par les moines que par les laïques; car aucun pays de l'Europe occidentale n'avait atteint un degré de civilisation égal à celui de nos grandes villes. Ce fut un disciple de Wiclef, natif de la Bohême, qui introduisit les œuvres de son maître dans ce royaume; les professeurs de l'université de Prague les commentèrent, et bientôt du noyau des anciens dissidents se forma le parti des husites f).
Les doctrines de Hus, et non pas Huss, n'avaient donc rien d'original ; elles n'étaient que la reproduction de celles de Wiclef, avec le même fatalisme de la prédestination (^); mais avec des tendances démocratiques ('). A ce titre, Hus est le
(') D'autres soutiennent qu'il était Allenianrl. Voir à ce sujet Lechlhr, Zeitschrift fier die historische Théologie, t. XXIII, p. 191-193.
(*) Lechlek, Wiclif, der Yorlœufer der Reformation, Liepzig, 1873, p. 9 et 10. — PAVU.Geschichte von England, t. IV, p. 477 et 478. — Blaupot, p. 68-70.
(') BoxHORN, p. 155. — Merle d'Aubigné, Histoirede la Réformation,'Pdv\s.,\'è(S\ , 1. 1, p. 114. — Va\ der Elst. p. 29 et 30.
{*) Bossuet, Hisfoira des variations, p. 201 et suiv., t. IV de ses œuvres, édit. de F. Didot (Paris 1841).
{^) J. Friedrich, Johann Huss, Frunkfurt, 1864, partie, ji. 13 et suiv.