‹ Les précurseurs de la réforme aux Pays-Bas (volume 4)Chapitre 22 sur 72 · JEAN VAN RUYSBUOECK ET LE MYSTICISME · texte numérisé non relu

JEAN VAN RUYSBUOECK ET LE MYSTICISME

Avec saint Thomas, la scolastique avait atteint sa perfection; il ne restait plus, ce semble, qu'à perpétuer paisiblement, au sein de l'Université, les traditions de la Somme, expression la plus pure de l'enseignement scolastique. Mais, arrivée à ce point culminant, l'école catholique ne put échapper à la décadence. A partir du xiv^ siècle, les grands penseurs ne se montrent plus parmi les scolastiques. L'école aristotélicienne, au contraire, comprimée dans le siècle précédent par Albert le Grand, saint Thomas, Alexandre de Halès et saint Bonaventure, grandit d'une façon surprenante. La scolastique commença à déchoir et sa gloire s'éclipsa derrière de futiles arguties. Les questions les plus abstraites, les plus subtiles, les plus hardies, étaient débattues au sein des écoles universitaires. Bien poser un problème, argumenter avec éclat, résoudre fructueusement une difficulté, embarrasser, condamner au silence un rival, devint une affaire d'État à laquelle on consacrait les jours et les nuits. Telle était la situation de l'enseignement, lorsqu'en 1520, Ockam renouvela le nominalisme. Surnommé le Docteur singulier, il eut pour adversaires Michel de Cézène et Pierre de Rien, licencié de Louvain et appelé l'Athlète invincible dans la dispute. L'école se divisa de nouveau en deux camps et la querelle des nominalistes et des réalistes se ranima plus brûlante que jamais pour ne s'éteindre que par la lassitude des combattants. Mais, à côté de cette théologie qui se produisait au milieu du bruit des écoles publiques du moyen âge, une

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