DIVERSES TENDANCES MYSTIQUES
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sauce de riiébrcu, il rendit les plus éclatants services à l'explication grammaticale de l'Ancien ïestamcnt. Il distingua entre les livres canoni(|ues et non canoni([ues ou apocry[)Iies, (pii dilïéraieul les uns des autres comme le doute dillère de la vérité, mais que malheureusement on avait l'habitude de confondre de la manière la plus scandaleuse; car on confondait ainsi « ce qui avait été dicté par le Saint-Esprit avec ce qui avait été inventé par les hommes «. Lyianus distinguait ensuite le sens mystique et le sens littéral et soutenait que c'était à ce dernier qu'il fallait s'en tenir, d'autant plus que de jour en jour les textes se corrompaient davantage par l'ignorance et l'incurie des copistes (').
Dès le xu'' siècle, l'Italie, la France, l'Allemagne et les Pays- Bas s'étaient épuisés en généreux efforts pour rappeler à la vie le christianisme de l'esprit, du cœur et de l'action, ainsi que celui de la simplicité de l'amour et de l'abnégation apostoliques. Des associations de toute espèce s'étaient formées dans ce noble dessein; mais elles s'étaient perdues ellesmêmes par des égarements et des abus qui souvent dégénéraient en scandales publics f).
Le principe de ces aberrations était le panthéisme mystique, qui plaçait Dieu, non dans l'universalité des choses, mais seulement dans l'humanité, en ce sens que Dieu seul était l'être vrai et que l'homme n'était rien. Ce panthéisme aboutissait, d'un côté, au néant, de l'autre, par une exagération contraire, à la déification de l'homme, par le motif que l'intelligence étant divine, l'homme est Dieu lui-même. De là aussi, chez les mystiques de cette catégorie, la doctrine généralement dominante de l'absorption de l'homme par Dieu. Cette doctrine rencontra un adversaire implacable dans le patriarche de la mystique aux Pays-Bas, Jean
(') Lyranus, De.libris canomcis et non canoiiicis. — Prologas I, de commaida-. tione Sacrœ Scripturœ in generali, dans ses Poslillœ pcrpeti'.œ in Biblia. Rome, 1471, et Leyde, 1550. — Gieseler, t. II, 3, p. 269.
(■2) Ullmann, p. 18-20.