‹ Les précurseurs de la réforme aux Pays-Bas (volume 4)Chapitre 45 sur 72 · OUU.I>ES LA RENAISSANCE · texte numérisé non relu

OUU.I>ES LA RENAISSANCE

naturel du laïque ; c'est le loup dans la bergerie, il vole le bien et la femme du prochain ; c'est l'adorateur du veau d'or : cupide et avare, il accorde des indulgences et ouvre le ciel à prix d'ai'gent. » Même au déclin de sa vie, Maerlant ne modéra pas son langage, malgré la colère des prêtres, qui le menaçaient du feu et de la hart : « L'Antéchrist, s'écrie-t-il, est-il déjà né et précédé par ses disciples? Si j'osais, je dirais que oui. Un sot se fait-il raser une tonsure, large jusqu'aux oreilles, en devient-il d'un grain plus sage? Je voudrais dire combien la premièi'e tonsure fut humiliée, celle que portait saint Pierre à Antioche, lorsqu'on le jeta dans un cachot, quoique innocent, parce qu'il voulait ramener le peuple qu'il croyait innocent. Aujourd'hui, la tonsure est une source de trafic pour ces avares que rien ne peut rassasier. Je crois que jamais on ne vit race si âpre au gain. Combien de loups sont devenus pasteurs au milieu de ces brebis précieuses, pour lesquelles le Christ a versé son sang! Ils ont adopté les vêtements courts, les larges épées, les longues barbes et les hauts destriers. Ils vendangent dans la vigne du Seigneur et recueillent sa grasse moisson. Ge sont eux et les leurs qui enseignent au peuple la bienfaisance, et ils ne s'inquiètent pas de ceux qui tremblent de froid et gémissent de faim parce qu'on manque pour eux de charité. De là ces plaintes des pauvres: Ah! Seigneur, n'aurez-vous pas pitié de moi, que j'aie de quoi me nourrir? Ainsi crient-ils, l'estomac vide, le corps malade et les bras nus. Et vous, vous êtes assis, dans les délices, près de vos brasiers; vous ne leur permettez pas de se réchauffer auprès de vous. Vous repoussez ceux que vous devriez protéger, et vous possédez les biens de la sainte Église, qui, de droit, ne vous appartinrent jamais. Ecoutez votre sentence. On vous accuse. Vos membres sont couverts des vêtements du pauvre ; tous vos efforts tendent à amasser des richesses. Votre main est toujours fermée. Le pauvre se plaint que vous lui ayez refusé l'aumône lorsqu'il vint à vous. Vous voulez suivre les traces des grands; mais votre orgueil

.I.Vr.Ql KS VAN MAKIU.AM'.

sera humilié. » El aillours: « Quand la tète s'emplit de vin sans nu'suie, tous les membres subissent une révolution. Alors le moine crie et frappe, saisit et déplace ce qui était bien; ses jambes et ses pieds cliancellent sous lui. Ainsi l'Eglise de Rome, la tête de la chrétienté, est dans l'ivresse et sans ressource. Pas un de ses membres ne lui prête secours. Empereurs, rois, prélats, se sont perdus par leur avarice. Lorsque les prélatures deviennent vacantes, chacun s'empresse, l'un va supplier, l'autre fait l'amour, et la simonie marche tête levée. Quels sont ceux qui recueillent le bénéfice? Ceux qui ont le cœur rempli de renards. Les biens qui devraient nourrir les enfants de Dieu et les soulager dans leurs misères, ils s'en sont emparés, les avares ! Je ne veux pas faire honte aux bons, mais puisse le cœur saigner à ceux qui entretiennent d'orgueilleuses maîtresses! La ruse obtient les grosses prébendes et la piété mendie son pain. Voilà le spectacle que nous avons sous les yeux (^). »

Il y avait, chez Maerlant, une foi vive dans la bonté de la Providence et, par cela même, une grande colèi-e contre les moines qui ouvraient ou fermaient le ciel suivant les dons qu'on leur faisait et qui rendaient le chemin du paradis fort étroit pour les pauvres. Aussi faut-il lire dans l'original les mordantes invectives du poète contre ces portiers du ciel et de l'enfer, dont l'ignorance est cause que l'on interprète si mal le vrai sens de l'Ecriture f).

Pour Maerlant, la racine de tous les maux, c'était l'avarice. TtDus, il est vrai, vantaient l'éminente dignité des pauvres dans l'Église; mais tous, clercs, moines, jeunes gens, vieillards, pourchassaient les richesses et se livraient aux doux loisirs ou aux grasses voluptés de l'opulence. C'est pourquoi Maerlant nous représente l'Église corrompue, gorgée de vin,

{*) Maerlant, Der Kerhen daghe. — A. Willems, Reçue trimestrielle, 1859, t. Il, p. 29, 35 et 38. — Jonckbloet, l. c. — Montyn, t. I, p. 109. (*) Okke\, p. 68-70.

ORIGINES DE LA RENAISSANCE

tilubanlc comme un homme ivre, et il lui oppose la pauvreté (le son divin fondateur (').

Aux iniquités sociales ducs à la féodalité, Maerlant oppose un remède désespéré, la connnunauté des biens :

« Il n'y a que deux mots sur la terre, dit-il, le lien et le mien; si on pouvait les bannir, tout le monde serait libre, hommes et femmes; nul ne serait dépendant d'un autre; le blé et le vin seraient communs à tous, on n'assassinerait plus personne ni sur la mer ni sur le Rhin. Qu'on enlève le poison de l'avarice, qu'on annuUe toutes les lois et qu'on en fasse de nouvelles.

« Dieu, qui fit tout avec raison, donna les biens de la terre en commun à l'humanité, afin qu'elle se nourrît, se vêtît et vécût décemment; mais l'avarice sévit tellement aujourd'hui que chacun s'évertue à tout posséder à lui seul. C'est pour cela que l'on répand le sang humain; c'est pour cela que l'on construit force châteaux et maisons de pierre, pour le malheur du plus grand nombre. Et cependant les richesses ne manquent pas; si on les mettait en commun, si on les donnait aux pauvres, on verrait cesser immédiatement toute guerre et l'on pourrait expurger son âme de tout péché f). »

Les idées patriotiques et libérales de Maerlant agirent puissamment sur la Flandre, ainsi que sur la bravoure et le civisme de ses milices à Courtrai f).

Le poète flamand, tout en citant quelques-unes des compositions de Chrestien de Troyes, qui avait été attaché à la personne de Philippe d'Alsace, n'en voyait pas moins avec dépit la préférence que l'on accordait à la langue et aux fictions françaises. Mais les comtes de Flandre, pairs de France, et

(') LuLOFS, p. 89-90. — Le Long, Boehzaal der nederduitsche Bijbels, p. 157 etsuiv.; Reformatie van Amsterdam, p. 169-170. — Okken, p. 70-72.

(-) Maerlant, Wapcne-Martyn. — Cf. Serrure, /. c, et Labeye, Revue belge, t. VII, p. 300-393.

(•*) JoNCKBi.oET, Gesch. d. Ned. Letterkunde, Gron., 1873, p. 298-299.

JlvVN ltOEM)ALK.

dont la domination s'ctciulail sur des pays où l'on ne parlait que la langue française, se considéraient eux-niènies comme princes fi ançais, (ilrand nombre de leurs chartes, même pour les provinces llaniandes, furent rédigées en français; c'était la langue de l'aristocratie. De là vint que plusieurs écrivains, Flamands de naissance, l'ont préférée, et cela avec d'autant plus de raison qu'elle les mettait en comuumication avec un plus grand nombre de lecteurs ('). La satire animait de même celte poésie.

La langue française pénétra aussi en Hollande, à la cour des comtes de la maison d'Avesnes. Mais elle ne devint jamais populaire dans cette province ; elle ne le devint pas non plus dans celle de Flandre, quoique celle-ci fût bien plus accessible aux influences gauloises. Les vrais Flamands étaient jaloux de leur langue et soutenaient volontiers sa supériorité sur les autres (-).

A l'école de Maerlant appartenait Jean Boendale. Il naquit au hameau de Boendale, sous Tervueren, vers 1280 ou 1285. Il vint habiter Anvers au commencement du xiv" siècle et y obtint la place de secrétaire du banc des échevins, fonction qu'il remplit jusqu'à sa mort, pendant plus de quarante ans.

Comme son maître Maerlant, Boendale ne cessa de tonner contre les iniquités des seigneurs et des prélats. Mais on ne trouve pas dans ses écrits les principes communistes de Maerlant. En revanche, la guerre qu'il fait au clergé a un caractère de violence inconnue au greffier de Damme. Il prélude à une réforme radicale de l'Église et porte l'audace jusqu'à méconnaître le pouvoir des saints. Et, toutefois, il était loin de songer à se séparer de l'Église; comme tous les hommes remarquables de son temps, il se bor-

(') De Reiffenberg, Chronique rimce de Philippe Moushes, t. I, p. cxxi,

LXII et LXIV.

(2) Id., ibid., p. cxxv.

OIIIGINES DE LA RENAISSANCE

liait à vouloir la réforme du catholicisme dans et par le catholicisme (').

Boendale recommande la lecture de la Bible de préférence à l'étude de la théologie. « Si, dit-il, il n'y avait que des jacobins, des frères mineurs, des augustins et d'autres moines, qui donc cultiverait la terre, qui ferait marcher le commerce et l'industrie? Pourquoi les reclus ne travaillent-ils pas comme les gens mariés? Sachez que le couvent ne peut donner la sainteté, qui ne consiste que dans la bonté du cœur, et, comme Dieu est partout, soyez convaincus qu'on peut l'adorer partout f). »

De Clerk ne fut pas seulement l'auteur des Brabandsclie Yeesten ou de l'histoire des ducs de Brabant depuis les temps les plus anciens jusqu'en 1550, il composa (1545) un doctrinal qu'il dédia au duc Jean III de Brabant. Dans cette dédicace, il disait que tout prince qui fait tort à ses sujets encourt la perte de sa couronne, et que les couvents ne peuvent donner la sainteté à l'homme, par la raison que Dieu est partout chez ceux qui sont purs de cœur. Il y faisait ressortir aussi la difficulté et même le danger qu'il y avait à rendre un bon jugement en justice, ajoutant qu'il n'y avait rien de plus insensé que de prononcer uniquement selon sa conscience et en dehors des prescriptions légales f).

L'année même de la mort de Boendale, l'audace de l'opposition se manifesta jusque sous les yeux du pape : en plein consistoire public, un des cardinaux laissa tomber adroitement une lettre qui ne manqua pas d'être ramassée et qu'on porta sur-le-champ au pontife. Elle était d'un style emphatique, écrite au nom du prince des ténèbres à Clément YI, qu'il nommait son vicaire, et aux cardinaux, qu'il qualifiait

(') VanEven, dans Alberdingk-Thym, Dedieische Warande, t. V, p. 303-321 — JoNCKBLOET, Dichtkunst, p. 238-239.

(-) Ypey, Beknopte geschiedenis dei- nederlandsche taie, Utrecbt, 1812, p. 358.

(») Van Kampen, Beknopte geschiedenis der lettcren en wetenschappen, t. I, p, 231. — JoNCKBLOET, Letterhwide, p. 311.

SCS conseillers. Il relevait les fautes communes à eux tous et celles qui étaient pai ticulières à chacun d'eux, les assurait (le son eslinie et les exhortait à la mériter de plus en plus, surtout en continuant à mépriser la vie pauvre et modeste des apôtres. Il se plaignait cependant que leurs enseignements ne fussent pas conformes à leurs œuvres, et les pressait de se montrer plus conséquents, afni de mériter un rang plus élevé dans son empire. A la fin de la letti e, on lisait les mots : « Votre mère superhe vous salue, avec vos sœurs l'avarice, l'impudicité et les autres vices, vos parents et amis, qui se vantent de prospérer en tous lieux par votre concours. Donné au centre des enfers, en présence de nos grands officiers. » Comme la satire était piquante par sa singularité mêm e et parce que les vices des prélats y étaient parfaitement caractérisés, il s'en répandit des copies sans nombre (^).

Un des plus hardis poètes flamands fut un chanoine d'Ypres, nommé Jean Weert (^, qui ne garda aucun ménagement pour aucun des abus de l'Église ; car il attaque tout à la fois la simonie, les bénéfices ecclésiastiques vendus à prix d'argent, les biens du clergé entre les mains des enfants du siècle les plus riches et non pas les plus dignes et les plus capables. Les captations des testaments surtout sont livrées à sa mordante hyperbole. « C'est ainsi que les pasteurs accaparent les rentes, qu'ils fabriquent Dieu pour le vendre ; vrais Judas qui trahiraient Jésus lui-même, s'il était encore sur la terre. Les prédicateurs mêmes font de la parole de Dieu métier çt marchandise, car ils ne prêchent pas gratuitement. — Vos prélats sont des Pilâtes. — La sainteté ne consiste pas dans des apparences, dans des signes extérieurs, mais à être réellement saint. La douceur du cœur, l'onction de la parole, la ferveur de la prière, voilà ce qui constitue la sainteté devant Dieu. Que nos prêtres, clercs, nonnes et

(') De Berault-Bercastel, Histoire de VÉglise, t. XIV, p. 129-130. (îj Mort en 1362.

200 ORIGINES DE LA RENAISSANCE

béguines commencent donc par là s'ils veulent prétendre au titre de saints! Qu'ils sachent que couvents et églises ne peuvent pas donner la sainteté, car Dieu est partout; et comme c'est par la pureté du cœur qu'on sert Dieu le mieux, on peut le servir partout, dans les rues, sur les montagnes et dans les vallées (^). »

Sous le rapport de la licence des mœurs du clergé et de la dépravation des femmes de cette époque, les poètes sont d'accord avec les prédicateurs, qui ne tarissent pas sur la vente que ces femmes faisaient de leur pudeur dans toutes les classes de la société. Les mères elles-mêmes engageaient souvent leurs filles à gagner leur dot aux dépens de leurhonneur. La prostitution était la plaie vive de la seconde partie du moyen âge f). Elle envahissait les rues malgré les édits qui cherchaient à la limiter; elle s'installait dans les hôtelleries, les tavernes, les étuves, et elle finit pas décrier tellement ces bains orientaux que les prédicateurs les poursuivirent de leurs anathèmes jusqu'.à leur entière disparition f).

Les historiens eux-mêmes ne tardèrent pas à faire entendre leur voix dans ce concert d'opposition. Un Belge, Jean Marins, historiographe de Louis XII, roi de France, écrivit, en 1496, qu'il n'y avait de sauvés que trente-deux papes; que presque tous les autres, avec un grand nombre de prêtres, étaient tombés dans la nasse du diable, qui les avait pris avec son hameçon d'hérésies, de richesses et d'orgueil ('').

On attribue à notre historien-poète Georges Chastellain

(') Manuscrit de la Bibliothèque de Bourgogne, n°' 11231-11236. — Willems, Belgisch Muséum, t. VIII, p. 237-238. — Voir, pour plus de détails, surtout ce qui précède, Serrure (C.-A.) Geschiedenis der vlaemsche en fransche letterkunde in het graefschap van Vlaendei'en, Gent, 1855.

(^j Un chroniqueur flamand dit de l'an 1367 : <• Het putieren was soo ghemeene, soo by leecke als papen in de stede van Gbendt, dat den officiael van Dornicke hierover letteren van kennis door scepenen ghesonden wierden. » Apud Cannaert, Bydragen tôt het oicde strafregt in Belgie, Gent, 1835.

(') ]Mkray, Les célèbres prêcheurs devanciers de Luther ,Qi(i. , Paris 1860, p. 191-192.

(^) Johann. Wolfii, Lcctionum memorabilium, t. I, f. 943.

GEORGES CIIASTELLAIN.

un mystère qu'il composa en 1452 ou l i55 sur le concile de Bille et dans lequel il fait tenii- à l'Kglise ce langage adressé au concile :

... Tout mal me sourt, Je vous (lis, pour le temps qui court, Par ceux qui me dussent accroistre...

Mais tout s'en va comme il vient ; J'ay grand deuil quant il m'en souvient Comment j'ai esté gouvernée; J'aimasse mieux n'estre oncques née, Si brief remède n'y est mis.

« Concil, si par votre science, Moyennant réformation, Ne m'est faite provision Telle que Paix soit sus remise, Il n'est plus riens de moy Église.

La douleur que j'ay, trop m'altère, Quand je regarde et considère J'ay de mal tant en tous estats...

Chastellain, qui mourut le 13 février 1475, a laissé des pages saisissantes sur ce remarquable xv^ siècle, qui forme l'époque de transition oii le moyen âge s'efface pour faire place à la société moderne. Il pleure, raconte-t-il, avec une éloquente émotion ('), « sur des choses de tribulation et de ruine, sur ce présent temps auquel les rois et les princes de la terre estoient divisés ensemble, frois en amour, nonchaillans en devoir, paresseux au fait de la chose publique, pleins de vanité, pleins de murmures, pleins de couvertes envies, pleins de desrèglements, pleins de vices, chaulds et bouillans en leurs propres querelles, par lesquelles menacent le monde et le font trembler, laissant la querelle de leur Créateur, l'expédition de la vraie foi sainte, en quoy Dieu se pourroit con-

(') PiNCHART, Notes inédites sur George Chastellain et sur Julien Forrestier, p. 20. Gand, 1862. — Kervyn de Lette.nhove, Œuvres de Georges Chastellain, Brus., 1863-65 t. VI, p. 4, 20 et 22.

ORIGINES DE LA RENAISSANCE

tenter d'eux et chrétienté resourdre, qui maintenant va chancelant et desconfortée, criant hautement devant les portes des royaux palais, mais ne trouve que cœurs endormis, afTeclions refroidies, amour petite, dévotion sohre, compassion nulle, rien que la convoitise et la vaine gloire (') ».

On sait les lamentations des Pères du xv" siècle sur le déplorahle état de l'Église de ce temps ; on sait les tristesses des Clémangis et. des Gerson; on connaît leurs foudres contre les iniquités des cardinaux et des papes, contre les débauches, l'ignorance et le zèle farouche du clergé en général f). Aussi l'Église avait-elle compris qu'il était temps pour elle de mettre un terme aux désordres qui l'affligeaient, et elle le tenta en s'attribuant un pouvoir supérieur à celui de Rome : ce fut l'œuvre des conciles de Constance et de Bàle (1414-1451) f).

Quoique, sous le rapport des mœurs, le clergé fut beaucoup moins répréhensible dans nos provinces que partout ailleurs, cependant, il n'avait pas échappé à la corruption, à l'ignorance et à la vénalité qui lui étaient généralement reprochées et qui devinrent autant de griefs articulés contre lui par notre révolution du xvi" siècle f), mais qui remontaient beaucoup plus haut. En effet, dans l'abbaye de Yillers f), aujourd'hui la ruine la plus importante que possède la Belgique, la décadence avait commencé, à partir du milieu du xnf siècle, et les choses ne firent qu'empirer pendant presque tout le xv^

L'abbaye de Saint-Martin, à Tournai, après avoir brillé d'un vif éclat, était aussi déchue, livrée aux discordes et au schisme,

(') Kervyn de Lettenhove, Œuvres de G. Chastellain,Bi'nx. , 1863-65, fol. xxvii.

("■') Voy. Gerson apud Dux, Der deutsche Cardinal Nicolaus von Cusa, t. I, p. 85. — GjiRSON, Declaratio compendiosa defectorum virorum ecclesiasticorum, ajnid GoLDAST, Monarchia S. Rom. Imperii. Francof., 1611, t. Il, fol. 1445, — Id., ibid., fol. 1467.

(3) QuiNET, l. c, p. 164.

(*J Correspondance de Philippe II, par G.\CHARD, t. II, p. 87-88. (^) A une lieue à la gauche de Genappe.

Page 1