RUYSBROECK ET LE MYSTICISME
Dès 1269, on avait vu paraître : Le bien universel ou les abeilles mystiques du célèbre docteur Tlwmas de Cantimpré, de l'ordre des frères prêcheurs, évêque suffragant de Cambrai (^).
Guillaume-Henri, de Leeuw-Saint-Pierrc, à deux lieues de Bruxelles, surnommé Thomas de Cantimpré f), était né en 1201, d'une famille noble du Brabant. Son père avait fait partie de la célèbre croisade dont un des chefs était Richard Cœur de Lion. Le jeune Henri fut élevé, à Liège, dans le culte de Dieu et des lettres. Entraîné par sa vocation religieuse, il embrassa la vie de chanoine régulier de Saint-Augustin dans l'abbaye de Cantimpré, située dans un des faubourgs de Cambrai, d'où il reçut le surnom de Thomas Cantipuata:sus (1217). Il y séjourna un peu plus de quinze ans, et il y reçut la prêtrise. Vere 1252, il entra, à Louvain, dans l'ordre alors si célèbre des dominicains, et s'y distingua autant par sa piété que par son éloquence. A cette époque brillait avec éclat, dans les ténèbres du moyen âge, Albert, comte de Bollstoedt, surnommé Albert le Grand, savant docteur scolastique, qui, outre l'érudition théologique, possédait, en mécanique, en physique et en histoire, des connaissances fort étendues pour son temps, à ce point que ses contemporains le regardaient comme un sorcier. En 1237, Thomas quitta Cologne pour se rendre à Paris, où il acheva le cours de ses éludes. En 1246, il fut de retour à Louvain, où il remplit les fonctions de sous-prieur et de lecteur ou professeur. Sa plus haute dignité fut celle de prédicateur général dans une province monastique, composée de cantons de l'Allemagne, de la Belgique et de la France f). Après quoi,
(*) Traduit du laiinparle R, P, frère Vincent Willart, d*Arras et du mesme ordre, Bruxelles, 1650, in-4®.
(») M. BoRMANS {Bulletins ds l'Académie de Bruxelles, t. XIX, 1, p. 132; nie qu'il se soit jamais appelé Guillaume ou Henri, et soutient qu'il faut, écrire Thomas de Cantimpré, né à Leeuw-Saint-Pierre.
(') Daunou, HisL m, de la France, t. XIX, p. 1T7 et 178. — Conf. Escallier, r Abbaye d'Anchin, Lille, 1852, p. 145.