LOUIS VIVES
Je reviens aux belles-lettres et à la philosophie pour nf occuper d*un des plus illustres amis d'Érasme, Jean-Louis Vives, né à Valence en 1 il)2.
C'est en Italie que les humanistes espagnols avaient cherche leurs inspirations, dès la (in du xvi* siècle. « Antoine de Ij^hrixa est le précurseur le plus remarquable de cette classe de penseurs et d'érudits. A leur approche, la vieille scolastique frémit. Vives raconte qu'à Valence, son vieux maître, voué à la routine de l'école, faisait déclamer ses élèves contre les novateurs; lui-même avoue «ivoir composé ainsi contre Lebrixa des déclamations détestables, mais vivement applaudies. Des succès de ce genre ne pouvaient séduire un homme tel que Vives, l'esprit le |>lus judicieux de son temps », et à qui l'avenir réservait une place entre Érasme et Budée dans ce glorieux triumvirat où il brille par le jugement autant que ses deux rivaux par l'éloquence et l'invention. Aussi accusait-il particulièrement les Espagnols d'être les défenseurs de la vieille citadelle de l'ignorance (^).
Jeune encore, Vives quitta sa patrie pour aller étudier la dialectique à Paris, dont l'université était regardée comme le foyer de la philosophie et de la théologie, mais dont, en réalité, l'enseignement était déplorable. Lorsqu'il s'y présenta, on lui dit que la grammaire et les langues étaient l'école de tou(e impiété, et le Gantois Dullaert, qui ét«iit rec-
(•) GiARDiA, Revue d*\^ Dciur. Mondes. 1860, t. XXVIII. p. 464. — Ritter, ^-^^^ht'chte der Philosophie, t. l'X., v- A'.\^.