COUNEILLE AGRIPPA ET SES DISCIPLES
mystérieux lélragramme de Tineffable toute-puissance divine. La femme eut pour berceau le paradis, l'homme reçut le jour au milieu des brutes. La fenune est supérieure à Thomme, par l'esprit autant que par la l>eauté, ce reflet de la divinité, ce rayon de la céleste lumière ; bien plus, la femme, c'est Dieu lui-même,.. (^) »
On trouve, dans ce livre étrange, plusieurs passages où l'auteur émet sur la condition des femmes des idées justes et fort avancées. Tout ce qui existe dans notre société est privé de ce moelleux de formes, de cette souplesse, de ce charme, (jue cependant on demande à tout; et pourquoi? C'est que l'homme seul a mis sa main calleuse à l'œuvre et n'a rien laissé faire à la femme, c'est-à-dire à la grâce qui achève tout. Qui a bâti, sculpté, écrit, peint? Les hommes. L'art n'a qu'un sexe : il est maie; tandis qu'il devrait réunir la puissance du sexe évidemment le plus fort à la tendresse du sexe le plus faible. Alors, Jes temps seraient accomplis pour la beauté de l'expression idéale.
Cependant, il ne faut pas prendre cet ouvrage absolument pour ce que le titre annonce. Sous prétexte de défendre un paradoxe. Agrippa n'avait en vue que de se moquer, avec la verve la plus audacieuse, des croyances bibliques et chrétiennes. Dès lors, il fouille à pleines mains dans ce qu'il appelle le magasin sacré de la Bible. Sous sa plume, la création de l'homme et de la femme, le péché originel, l'histoire de Judith et d'Holopherne, celle des filles de Loth, les vies des patriarches, les adultères de David et une infinité d'autres points deviennent des sujets d'amèrcs moqueries. Il n'y a pas de livre qui ressemble plus aux facéties de Voltaire, et souvent, comme Voltaire, Agrippa s'élève tout à coup d'une plaisanterie obscène à des mouvements d'une vive et naturelle éloquence. C'est quand il trouve l'occasion de critiquer la Bible et r.intiquité au nom
(*) Agripfce op., t. \\, p. o\%-v>i\ l<id"vt. de Lyon).