S56 L IMPRIMERIE AUX PAYS-BAS
Ëdouard-Léon Mellema f), de Leeuwaarden, reçu boui^eois d*Anvers et devenu successivement professeur de mathématiques et de langues dans cette ville, à Haarlem, à Leyde et à Âix-la-Chapelle. On a de ce dernier, entre autres œuvres, un Dictionnaire ou Promptuaire flameng-françoys, très ample et très copieux, etc. (*).
Heyns, qui était d'abord un des meilleurs amis de Meurier, devint aussi un de ses adversaires.
Parmi les publications de Meurier Ggure la Foire des enfants d*Israël, qui commence par une Lettre monitoire et dédicatoire aux enfants d'Israël, signée Votre père Moise et suivie de vers adressés aux zélateurs du français et pleins de jeux de mots et de tours de force qui exigeaient, en eflet, de vrais zélateurs.
A cette époque, l'imprimerie n'était pas très commune dans l'Artois; Douai, qui devait produire plus tard tant de livres généralement estimés, ne possédait encore aucune presse; il en était de même d'Arras, de Cambrai, de Saint- Omer. Béthune n'était pas plus heureuse; mais on imprimait à Ilesdin, qui devait être quelques années plus tard renversée jusque dans ses fondements par une vengeance de Charles- Quint. La Flandre et le Brabant devancèrent les provinces wallonnes dans l'appréciation des bienfaits de l'imprimerie : à Liège, elle ne s'introduisit que fort tard. Mons n'eut sa première imprimerie qu'en 1580 fj; Namur, qu'en 1617 et Verviers, qu'en 1782. Iluy et Spa connurent les bienfaits de la nouvelle invention en 1650; Malmédy en 1713, Stavelot
(V Né en 1544.
(«) Anvers, 1589, in-4o.
(') Helbig, Messager dus sciejices historiques de Belf/ique, 1847, p. 243-248, tt 1850, p. 382 et 384. — Koisski.le, Les Annales de rimprimerie à Mous, p. 44. — De Reiffenberg, Archives philijh'giqucs, t. I, p. 10, 13, 50, et le BibliophiU'brit/e^ 1. 1, p. 9 et suiv. — Henné, Histoire du règne de Charl^s-Quint, t. V, p. 8. — Conf. Hénaux, Messager, etc., 1843, p. 31 et 39. — Vov. aussi de Reiffenberg (/. r., p. 53 et suiv.), sur lo premier établissement de la tvpograpliie dans les diverses: localités de la Belgique.
EXTENSION DE L*IMPRIMERI£. 257
en 1778, tandis que Maesiricht en avait une en 1552. Hasselt est une des rares villes flamandes qui restèrent en arrière; ses premiers livres imprimés ne datent que de 1670; mais Hasselt relevait alors d'une contrée wallonne f).
A Audenarde, en 1480, Arend De Keysere publia successivement trois ouvrages qui ont fort occupé les bibliophiles. 11 transporta ensuite ses presses à Gand et publia dans cette ville, de 1483 à 1490, plusieurs livres qui sont d'une grande rareté. Quand il eut quitté Audenarde, cette ville resta sans imprimeur jusqu'en 1761; la raison publique y était tellement en décadence qu'un f) des deux livres qui y furent édités alors, quoiqu'il fût approuvé par le censeur, le curé de Pamele, et deux récollets, n'en fut pas moins condamné comme sentant l'hérésie. L'auteur, Edm. Helias, fut si épouvanté de celte condamnation, qu'il tomba en démence.
Cependant, alors que la ville de Tournai était encore dépourvue d'un établissement typographique et que le chapitre de cette ville faisait imprimer ses livres d'église à Anvers, à Louvain, à Paris et à Cologne, de courageux Tournaisiens dressaient leurs presses dans des contrées lointaines. Ainsi, Jean de Tournai se distingua, en 1475, comme imprimeur à Ferrare.
A peu près un siècle plus tard, mais à une époque oii, selon toule probabilité, il n'y avait pas encore d'imprimeur à Tournai, un autre bourgeois de cette ville, dont la famille n'est pas éteinte, Thomas Guarin, exerçait celle même profession à Bàle f).
On n'est pas d'accord sur le fait de l'introduction de l'imprimerie en Belgique.
En 1776, un Anversois, Fr. Mois, revendiqua pour sa ville
(*) Van der Mrersch, Les imprimeurs belges et néerlandais à Vélranger. Gand, 1856, p. 479 et 482.
(') Ce livre avait pour titre : Yyf icaerheden vocrgesteld, etc., door Fr. Edmom.us Helias, religicxis der abdy van Baudcloo.
(') Lecouvet, Messager des sciences historiques de Belgique, 1858, p. 204.
T. II. Vv
-Tiar: