RLYSBROECK ET LE MYSTICISME
courage par Ruysbroeck, il eut renoncé à la scolastique pour se livrer tout entier à la mystique. Ses sermons, comme ses ouvrages d'éducation, se distinguent par la profondeur des pensées, par la sincérité de la foi, par un zèle ardent pour la morale, par des tours ingénieux et par beaucoup d'originalité dans le langage f ).
Moins orthodoxe, toutefois, et plus haixli que Ruysbroeck, Tauler brava les foudres du Vatican, qu'il s'était attirées par la véhémence de ses paroles. On sait l'action immense qu'il eut sur la théologie allemande et sur un des principaux adeptes de cette théologie, Jean Staupitz, père intellectuel de Luther.
Au moyen âge, les sermons de Tauler étaient copiés et étudiés dans nos couvents (*). L'influence de leur auteur se maintint chez nous jusqu'au xvii* siècle, où il illumina le génie mystique de Van Helmont f).
Ruysbroeck avait l'habitude de mettre ses inspirations par écrit en se promenant dans la forêt de Soignes. « Un jour qu'un religieux le cherchait, étonné d'une absence qui s'était prolongée plus qu'à l'ordinaire, il le trouva assis sous un tilleul dont le feuillage lui paraissait entouré de rayons. Cet arbre, qui avait commencé à dépérir, reprit une nouvelle vigueur vers Tan 1600 (^. »
Entouré de vénération et comblé d'années, qualifié d'illuminé et de divin, Ruysbroeck s'éteignit le 2 décembre 1381. Suivant les légendes du couvent, sa mort fut, comme sa vie, accompagnée de prodiges.
Son corps fut enterré dans l'enceinte de la chapelle du monastère; mais, en 1586, Jean 't Serclaes, évêque de Cambrai, le transféra dans le chœur de la nouvelle église. Le 8 octo-
(*) Ullmann, p. 35 et suiv., p. 223 et suiv. — Biographie umï>erselle et Répertoire cité, art. Tmtler.
(*) MoNTYiN, Geschiedenis der hereorming in de Nederlaiiden, t. I, p. 87.
(3) RoMMKLAERE, Études sur J,'B . Van Helmont, Mém.cour. Acad., 1868, p. 9.
(*) Hennb et Wauters, Hist, de Bruxelles, p. 536.