‹ Les précurseurs de la réforme aux Pays-basChapitre 39 sur 182 · ÉLÈVES DE RUYSBROECK · texte numérisé non relu

ÉLÈVES DE RUYSBROECK

Telles étaient, à Groenendael, Thumanité et la charité des frères les uns envers les autres, telle était leur simplicité, que chacun d'eux, quels que fussent son rang et sa place dans le monastère, pouvait instruire tous les autres. Ainsi, Jean de Leeuw, d*Âfflighem, qui avait suivi Ruysbroeck dans sa retraite et qui y faisait le métier de cuisinier, se sentant la vocation de donner également aux frères et aux hôtes une nourriture spirituelle, ne laissa pas échapper l'occasion de les exciter à la contrition et à Tamour de Dieu. Le bon cuisinier, car c'était ainsi qu'on le nommait, portait les plus mauvais habits, se contentait des mets les plus vulgaires et avait atteint le vrai but d'un disciple du maître, en ce qu'il était «lussi capable de vaquer à la vie active que de se livrer à la contemplation. Personne ne le surpassait en douceur, en humilité; et, « cependant. Dieu ne lui épargna pas les épreuves; souvent il endura les tourments et les angoisses de l'enfer». En revanche, il se vit honoré de révélations divines qui lui inspirèrent quelques ouvrages flamands dans lesquels il parle avec enthousiasme de son maître bien-aimé. 11 mourut en 1377 (').

Mais Ruysbroeck eut un élève tout autrement éminent dans le Hollandais Henri Mande, qui sut s'approprier avec beaucoup d'originalité les idées et même le style du célèbre Brabançon.

(*) Engklhardt, p. 320.

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