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LES TROYENS DE LOUVAIN. 33S

profane, ce beau langage, ces nouveautés, disait-on, allaient infailliblement altérer la pureté de la foi. Appeler, comme on le faisait, barbarie la scolastique, n'était-ce pas bouleverser le monde entier?

Ceux qui raisonnaient ainsi savaient fort bien ce qu'ils voulaient : ils comprenaient que les bonnes lettres, loin de nuire a la vraie religion, devaient nécessairement porter un coup mortel à la religiosité telle qu'un grand nombre l'entendaient alors, et, par conséquent, renverser leur fortune et leur crédit (^). Un de ces troyens, — c'était ainsi qu'on nommait les ennemis du grec, — un de ces troyens les plus intrépides de Louvain, Jean Hessels, qui mourut en 15CC, loua beaucoup le pape Grégoire le Grand de sa haine farouche et de son suprême dédain pour les lettres profanes. Ce pontife, en effet, avait reproché à Didier, évêque de Vienne, en France, de se livrer à cette étude, par la raison qu'un évéque qui prononce l'éloge du Christ ne doit point avoir sur les lèvres celui de Jupiter f). Grégoire était accusé encore, et non sans raison, d'avoir proscrit les mathématiques et d'avoir fait brûler les livres de Tite-Live et la célèbre bibliothèque palatine créée par zVuguste f). Hessels approuvait la destruction de Tite-Live, et, dans un saint zèle, il priait Dieu d'envoyer plus d'un Grégoire pour renouveler ces actes de justice (^). Le pape, conséquent à lui-même, s'était glorifié de faire des barbarismes et des solécismes (% Un moine monta en chaire pour prêcher contre Érasme, Ilulten et d'autres maîtres de la Renaissance, et dit gravement qu'on avait découvert une nouvelle langue, dite grecque, qui était la cause de toutes les

(^) De Reiffknberg, 3® mémoire cité, p. 32.

(-) Greffon i Epistolœ, ep. IX.

(5) C'est ce que nous apprend Je.vn de Salisbury, Opus de nugis ciirialium. Bruxelles, 1476, cap. 26.

(*) Vita St'Gregorii per Jonnnetn dtacœium, lib. IV.

f') /. Hesselii brevts et catholica decalogi exposttio. — De Reiffknberg, L /., p. 43 et 44. — ScHAYES, Essai historique sur les usages, les croyances, etc., des Beiges, p. 77 et 78.

^3(3 tUVSMF: KT LES HOMMES DE SON TEMPS.

hérosios. «Dans retle langue, continuait-il, est écrit un livre <|u'on appelle Nouveau Testament, et qui contient beaucoup lie choses dangereuses. On est maintenant occupé à confectionner une autre langue qui s'appelle Thébreu; quiconque l'apprend devient aussitôt juif (^). »

I^'opposition naturelle des scolastiques et des humanistes avait abouti à une lutte déclarée. Mais les moines et les théologiens n'étaient pas les seuls ennemis d'Érasme ; il s*en flt aussi quelques-uns dans les gens de lettres, et cela au sujet de Cicéron.

c< La beauté d'Hélène, dit de Burigny f), a suscité une guerre plus meurtrière, mais non plus furieuse et plus opiniâtre que celle dont l'Europe savante fut embrasée dans le \vf siècle au sujet du degré d'estime qui étoit dû au mérite de Cicéron. L<»s traits satiricpies et injurieux, qui sont, grâce au ciel, les seuls en usage dans la république des lettres, é'toient alors fort à la mode. L'érudition étoit forte et vigoureuse*, mais encore un peu sauvage, comme les fruits d'une terre nouvellement défrichée; et les héros de la littél'ature, trop semblables à ceux de l'Iliade, ne s'épargnaient pas les injures. Jules-César Seal iger, d'un côté, et Érasme, de l'autre, voilà les deux chefs des combattants; c'est Achille et Agamemnon. »

Ce fut à Rome que naquit la querelle; elle intéressa le plus bel esprit qui ait jamais occupé le siège de Saint-Pierre. Une très bonne cause produisit un très méchant effet. L'admiration pour Cicéron dégénéra en idolâtrie; quelques savants, non contents de penser avec Quintilien que le nom de Cicéron est moins aujourd'hui le nom d'un homme que celui de l'éloquence, soutinrent que c'était le seul auteur qui méritât d'être lu, et que toute expression qui ne se trouvait pas dans

(*) Reiichlin in dedicat. îihri de accent, et o^'^hograph. ad Adriannm Cat'dinaL, apud Meinf.rs, LeJ}enshcschrcibimgen, 1. 1, p. 51.

(^) Mémoires deVAcailéinie royale des iusa^iptions et beUes-iettres, 17G1 , t. XX VII, p. 105.

LE « CICÉROMEN » d'ÉRASME. 337

Cicéron devait être proscrite par tous ceux qui prétendaient à la gloire d'écrire purement le latin; la théologie même devint cicéronienne ; et pour mieux ressembler à ce modèle antique, elle prit le ton du paganisme {^).

Alors Cicéron imposa la loi à toutes les sciences et fut un demi-dieu.

Érasme, voyant les savants de son siècle se précipiter avec une sorte de fureur sur les traces de Cicéron, abolir le culte de toutes les autres autorités et ne pas même accorder le droit de bourgeoisie aux mots que Cicéron n'avait pas employés, cribla de railleries ceux qui appelaient les cardinaux pères conscrits et Jésus-Christ \e fils de Jupiter. Rien de plus plaisant que le ,Cicéro7iien d'Érasme : c'est un portrait digne de Labruyère. « Le cicéronien ne vit que pour Cicéron et lui appartient tout entier; il est célibataire et ne se marie qu'avec Cicéron. Il se prépare comme un initié de la grande déesse : il habite une cellule dont les fenêtres sont doubles, où le jour n'entre pas et d'où le bruit extérieur est banni. Pour écrire une lettre, il emprunte des périodes à Cicéron. Il salue son ami et le complimente avec des formules cicéroniennes. Il a composé des dictionnaires, qui réunis occupent plus d'espace que les œuvres complètes de l'auteur, et dont l'un comprend les mots, l'autre les métaphores, un troisième les épiphonèmes, un quatrième les tropes, un cinquième les adages, un sixième les fines plaisanteries employées dans Cicéron f). »

La satire d'Érasme était principalement dirigée contre deux cicéroniens exagérés : le cardinal Bembo, l'ami de Léon X, et un jur isconsul le belge, Christophe de Longueil , de Mal ines f).

(*) De Burigny, /. c.

(*) Revue Mtanuiqite,i). 126-128.

(') Selon Scevole de Sainte-Marthe, il était fils naturel de Léon de Longueil, ambassadeur de la reine Anne de Bretagne, qui l'avait déjà fait son chancelier. Selon Erasme (qui l'assure sur la foi de Pierre Longueil, oncle paternel do Christophe}, il était né à Schoonhovon, en Hollande.

338 KUVSMK KT LKS ilDMMKS DE SON TEMPS.

Noire compalriote n'îivail que dix-neuf ans qu'on le désignait déjà pour occuper une chaire de droit à Poitiers (lolO), A celle occasion, il lui arriva une aventure qu'il a racontée luinicine : Il venait de connnencer son discoui-s d'ouverture; tout à coup, ses élevés, pres(iue tous plus âgés que lui, mirent Fépée au poing et rondirenl sur leur maître, pour le contraindre à céder sa place à un régent gascon. Mais le professeur, sans se laisser d(*coni*erlcr par cette brusque attaque, terrassa sous le poids de trois énormes volumes de Flnfortiat (des in-lolio du xvi* siècle) ceux des nmtins qui s'étaient avancés le plus près de sa chaire. Les autres se le tinrent pour dit et le combat cessa faute de combattants (^).

Christophe de Longueil avait montré de bonne heure beaucoup d'esprit et de mémoire, et embrassé toutes les i)arties de la littérature : langues, anliquilés, droit civil, droit canon, médecine, Ihéologie. Le succès avec lequel il s^était distingué à Paris dans la profession de jurisconsulte lui avait valu une charge de conseiller au parlement, avant qu'il fut professeur de droit à Poitiers. Pour donner plus d'étendue à ses connaissances, il parcourut l'Italie, l'Espagne, FAnglelerre, l'Allemagne, la Suisse, oii il fut retenu captif par le peuple irrilé contre les Français, vainqueurs à la bataille de Marignan, qui venait d'avoir lieu. Il mouiait à Padoue, en 1522, à 5i ans. On a de lui des épitres et des harangues, avec sa vie par le cardinal Pôle. La diction en est pure et élégante, mais le fond n'est pas toujours assez bien fourni. Dans ses premières productions, il a peut-être trop donné a une imagination abondante et vigoureuse; mais le jugement et la réflexion réparèrent bientôt cet abus de richesse. Le cardinal Pôle fait de Longueil le plus grand éloge, et l'on ne peut disconvenir que cet éloge ne soit bien mérité f).

On prétend que des raisons personnelles déterminèrent

(*) BouLMiER, Estienne Bolet, p. 91 .

O Biographie universelle, art. Longiieil.

LE cr CICÉRONIEN ». 339

Érasme à écrire contre les cicéroniens : il savait qu'il n'en était pas estimé; l'Italie s'attribuait le privilège exclusif de bien écrire en latin; on y défendait la lecture des ouvrages d'auteurs étrangers comme n'étant propres qu'à altérer la pureté du style. On ne faisait grâce qu'au seul Longueil, qui, en considération de sa belle latinité, fut fait citoyen de Rome : encore ne fût-ce pas sans difficulté; il était coupable d'une sorte de forfait littéraire; dans un discours public, il avait osé comparer la France à l'Italie et faire l'éloge de Budé et d'Érasme (^).

Érasme avait voulu engager Budé à donner le premier l'assaut. Budé lui avait répondu qu'à la première occasion qui se présenterait dans quelque ouvrage, il ne manquerait pas d'attaquer les cicéroniens; mais Érasme crut que ce sujet méritait bien d'être traité dans un livre à part; il était plus intéressé encore dans la querelle; les cicéroniens le regardaient comme un blasphémateur, parce qu'il avait dit qu'à l'âge de vingt ans, une longue lecture de Cicéron l'ennuyait; que saint Jérôme écrivait mieux que Cicéron, et que les ouvrages de cet auteur n'étaient pas exempts de solécismes f).

L'ouvrage d'Érasme qui devait lui attirer tant d'attaques était un dialogue intitulé Ciceronianus, sive de oplimo dicendi génère^ rempli d'enjouement, de plaisanteries fines et d'une littérature exquise, surtout lorsque le grand écrivain porte son jugement sur les auteurs latins, depuis César jusqu'à ceux du XVI* siècle f).

Ce n'est pas qu'Erasme n'estimât Cicéron comme un beau génie, mais il défendait la liberté des écrivains et la nécessité d'un style nouveau pour des idées nouvelles. Il pensait qu'il n'y avait aucune impossibilité qu'on écrivît mieux sous certains rapports et surtout d'une manière plus virile, plus

(») DeBurigny, p. 196.

(«; Id., p. 196 et 197.

(^) Dartigny, Nouveaux mémoires d'histoire, ds critique et de littérature, t. II, p. 165.

substantielle et plus solide, moins flasque et moins verbeuse (^). Ange Politien avait pensé comme Érasme, et Muret, qui écrivait le latin avec tant d'élégance, était du même avis f).

Érasme avait dédié (1528)son Ciccroniamis à Jean Ulatenus, recteur du gymnase d'Aix-la-Chapelle, le même auquel il avait dédié son édition des Tusculanes; et ce qu'il y a de remarquable, c'est que dans la préface de cette édition, Érasme lui-même s'était pris en faveur de son auteur d'un enthousiasme plus dangereux que celui qu'il se proposait de combattre dans le Cicéronien. « Je ne lis point Cicéron, avait-il dit, sans être frappé jusqu'au point de croire que quelque divinité résidait dans l'àme d'où ces productions sont sorties. Où est présentement cette ame? C'est sur quoi aucun homme peut-être ne saurait prononcer. Je ne m'éloigne pas beaucoup du sentiment de ceux qui se persuadent qu'elle est heureuse dans le ciel. » Il avait encore scandalisé les théologiens dans ses Colloques par des hyperboles trop favorables au paganisme; voici comment il s'exprime dans celui qui a pour titre Convivium rcUgiosum : « Je ne puis lire les ouvrages de Cicéron sur la vieillesse, sur l'amitié, ses 0/fices, ses Tusailaues, que je ne baise ces livres, que je ne me sente pénétré du plus profond respect pour cet esprit inspiré par la divinité môme. J'aimerais mieux voir périr Scot tout entier avec ses semblables que d'être privé des livres de Cicéron ou de ceux de Plutarque. Ce n'est pas que je blâme en tout les scolastiques; mais je m'aperçois que les ouvrages de ces anciens philosophes me rendent meilleur, au lieu que la lecture des scolastiques refroidit mon amour pour la vertu et n'allume en moi que l'ardeur de la dispute. Quand je vois de si belles maximes dans les païens, j'ai bien de la peine »i ne pas m'écrier : Scnnl Sacrale, priez pour nous; et je suis bien tenté de croire que les saintes âmes de Virgile et d'Horace jouissent

(^) Erasm, apud Fortin, t. I, p. 422 et 423.

(') NiSARD, p. 179. — Fortin, t. I, p. 444 et 445.

OPPOSITION DE SCALIGEU ET d'ÉTIENNE DOLET. 341

de la félicité. » C'était aller d'autant plus loin qu'Érasme ne pouvait douter que toutes ses actions et ses paroles ne fussent sévèrement examinées par une foule de théologiens et de moines, qui ne cherchaient que l'occasion de se venger de ses mépris, et ces hardiesses étaient d'autant plus dangereuses pour lui qu'il s'accordait avec le langage d'un des plus grands ennemis de l'Église romaine, Zvvingle, qui, dans sa confession de foi adressée h François P% expliquant l'article de la vie éternelle, plaçait dans le ciel Thésée, Socratc et tout ce qu'il y avait eu d'hommes célèbres par leurs vertus parmi les Grecs et les Romains {^).

On crut voir dans le Ciceronianus un dessein préconçu de déprimer Cicéron : aussitôt s'élève contre Érasme un violent orage; jamais Cicéron n'avait tonné contre Catilina ou contre Antoine avec autant de véhémence que les partisans de l'orateur se déchaînèrent contre le critique : c'était un Salmonée, un impie, qui avait conçu le projet insensé de faire oublier Cicéron et de substituer ses propres ouvrages à ceux du père de l'éloquence. Érasme eut beau réclamer contre cette injuste imputation; il écrivit, il protesta, il rappela en vain ce qu'il avait écrit ailleurs en faveur de l'orateur romain, rien ne put calmer la tempête, et Gilbert Cousin, son domestique et son ami, convint que le nombre de ses admirateurs diminua considérablement depuis la publication du Cicé" ronien. Le plus violent de ses adversaires était le célèbre, mais vaniteux Jules César Scaliger. On fut aussi très mécontent, en France, de ce qu'il avait paru mettre en parallèle Budé et l'imprimeur Bade : c'était, disait-on, comparer Achille à Thersite ; les meilleurs amis d'Érasme l'abandonnèrent; Jean Lascaris, avec qui il s'était lié d'amitié à Venise, lorsque ce seigneur s'y trouvait en qualité d'ambassadeur de Louis XII, lit des épigrammes contre lui, quoiqu'il eût été cité avec honneur dans le Cicérouicn f).

[ (*) De Burigny, l. c, p. 197-198.

(«) Id., p. 300-301.

;U"2 KUASMK Kl Lr.S HOMMES DE SOX TEMPS.

Uudé avait d'abord fait peu d'attention a ce qui avait été dit de lui dans le (Mrrouieuj mais des amis officieux prirent soin de laigrir, et celte aflaire fit tant de bruit à Paris que François l" voulut en être informé; un ami de cour instruisit le roi qu'Érasme, pour offenser Budë, l'avait comparé ù Bade, et qu'il profitait de toutes les occasions dans ses écrits pour se déchaîner contre les Français, — ce qui était une pure calomnie (^).

En vain, Érasme déclara-t-il que la comparaison qu'il avait faite de Budé et de Rade ne tombait que sur le style; que personne ne connaissait mieux que lui le mérite de Budé et ne l'aimait davantage, cette explication ne parut pas satisfaisante: Germain de Brie, ami de l'un et de l'autre, conseilla SI Érasme de corriger l'endroit de son ouvrage qui causait tant de clameurs; ce qui fut fait dans une seconde édition; et de plus Érasme fit, dans une lettre publique, le plus grand éloge de Budé. Mais, en 1531, Scaliger, jeune, tranchant, irritable, cria au meurtre, au parricide, au triple parricide, et traita Érasme d'ignorant, d'imposteur, de séditieux, de moine apostat, d'impie, de bourreau, de furie sortie des enfers, digne des galères et de la torture; l'appelant cent fois ivrogne et lui reprochant de gagner sa vie comme correcteur chez le célèbre imprimeur italien Aide Manuce, et de laisser beaucoup de fautes que l'ivresse l'empêchait de remarquer. On eût dit qu'il ne s'agissait ni plus ni moins que d'un scélérat digne de la roue ou de quelque capitaine visigoth ou ostrogoth prêt à exterminer toutes les sciences et tous les arts, et à mettre le feu à toutes les bibliothèques f).

Après Scaliger, ce fut Etienne Dolet, typographe et humaniste français, qui voulut rompre une lance contre Érasme f). tJn an avant la mort du philosophe, il fit imprimer un dialogue contre lui, sous le titre : De iinilatione Ciceronis; les

(«) Dk Burigny, p. 201.

(*} Bayle, Dictionnaire histoin'qut'y t. II, p. 384.

(•) Stephani BoJeti diaîogas de imitationc cice^xfniana adversus Desiderium Erasmum Roterodamwn, pro Christophoro Lonyalio,

LE « OICÉUOMEN ». 343

interlocuteurs sont Thomas Morus et Simon Villeneuve, sous lequel Dolet avait étudié à Padoue. Morus prend le parti d'Érasme; mais Villeneuve en parle avec le dernier mépris : Érasme n'est qu'un mauvais bouffon, un vieillard qui radote, un double escroc, un parasite, un ennemi de Cicéron, de tous les gens d'esprit, de la France même et des Français. Cet ouvrage mérite cependant d'être lu, parce que l'auteur, qui possédait parfaitement Cicéron, le justifie contre quelques critiques un peu trop légèrement avancées. Érasme en fut piqué, mais il déclara qu'il ne répondrait pas à ce libelle, et Dolet finit, comme Scaliger, par une réparation à celui qu'il avait attaqué avec tant de violence f).

Au surplus, la guerre que le philosophe de Rotterdam faisait aux cicéroniens dura aussi longtemps que le siège de Troie; elle ne finit qu'à sa mort, et, chose à noter, dans cette lutte acharnée, le meilleur cicéronien par son éloquence, par son esprit, son savoir, le seul digne de ce nom, c'était Érasme. C'est qu'au lieu d'imiter les formes du style de Cicéron, Érasme l'imitait par la pensée, par la suite, par le lien des idées et les procédés de composition que les écrivains illustres se transmettent f).

(*) De Burigxy, p. 104, et Quo^dles littéraires ou Mémoires pour sercirà Vhistoire des révoliUio}is de lu république des lettres, t. I, p. 1 13-1 19. (*j PiRiCAUD, Érasme dwis ses rapports avec Li/on, p. 8. — Nisard, p. 179.

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Pages.

Influence de lantiquité. — La Renaissance et la scolastique. — La Renaissance hostile à l'Eglise. — Influence des grandes découvertes. — Doux systèmes en présence dans TEglise. — Rôle et situation de la Belgique 5

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