LA DEUXIÈME MOITIÉ DU XIV‘ ET LE XV° SIÈCLES
exemple sainte Catherine de Sienne et saint Vincent Ferrier. D’autres, à l'esprit plus léger et critique, se livraient soit à d’amères satires des vices du clergé comme Pédro de Osma ou Pétrarque, soit à des attaques violentes contre la Cour de Rome, comme certains troubadours. D’autres enfin plus hardis, comme Wiclif ou Huss, mirent la cognée à la racine de l'arbre et réclamèrent la réforme radicale de l'Église.
Cependant, les Papes, dont pas un, pas même les élus du Conciie général, ne fut à la hauteur de la crise, refusaient d'exécuter les réformes, pourtant bien inoffensives, demandées par Pierre d’Aïlly, Gerson et Clamengis. Le grand effort, fait à Pise, Constance et Bâle n'aboutit à presque rien, en fait de réformes, et ne fit qu'apaiser la révolution hussite.
Tandis que les Vaudois continuaient, sans bruit et sans découragement, à faire et propager leurs versions de la Bible en langue vulgaire, des savants et des orateurs ébranlèrent, par leurs critiques, les fondements même sur lesquels Rome appuyait ses prétentions. Laurent Valla démontra la fausseté de la prétendue donation de Constantinaupape Silvestre, Jérôme Savonarole, par ses discours éloquents sur les grandes doctrines du salut, détermina à Florence une rénovation morale et sociale, analogue à celle que Calvin devait inaugurer, quarante ans plus tard, à Genève.
Nous adopterons, pour cette dernière partie, le même ordre que pour les précédentes. Dans un premier chapitre, on étudiera les promoteurs de la réforme la plus modérée. Cette aile droite de l'armée des précurseurs est formée par Pétrarque Lopez de Ayala et les deux Ferrier, les cardinaux Pierre d’Ailly et Ximénès. Au centre, se placent, comme d'eux-mêmes. l’auteur du « Songe du Vergier », Gerson et N. de Clamengis. L'aile gauche, enfin, comprend les Vaudois et Pédro Martinez, Laurent Valla et J. Savonarole.