Poemata, s. 1. n. d., liv. I
4. « Et nos ipsi habemus domi in hortis nostris monumentum marmoreum e Graecia Pisas antiquitus devectum, deinde Florentiam translatum, quo insculptus ludus equester cum piscibus Neptuno dicatus. » ( Mehus, Lettres d'Ambroise le Camaldule, préface, p. lvi.) M. Dutschke (t. II, p. 188) croit retrouver un bas-relief de la collection de Bernard, l'Enlèvement de Proserpine, dans un sarcophage provenant du palais Rucellai et conservé de nos jours dans le palais Firidolfi-Ricasoli, à Florence.
Médicis. Son cousin Jean Rucellai, le fils de Bernard, fit représenter en son honneur Rosrnunda ; c'était la seconde fois que la tragédie italienne se produisait sur les planches. Après bien des vicissitudes, les Orti Oricellarii sont devenus la propriété du prince Orloff, qui leur a laissé leur caractère primitif et n'a pas voulu qu'ils cessassent d'être un sanctuaire de l'art l.
Plus exclusifs que les Rucellai, les Tornabuoni cherchèrent, surtout dans leurs entreprises artistiques, à mêler l'édification à la magnificence. C'est dire que leurs efforts profitèrent aux édifices religieux d'une part, à l'art vivant, de l'autre. Si, par la commande des fresques de Santa Maria Novella, ils ont concouru aux progrès de la Renaissance, ils l'ont fait, selon toute vraisemblance, à leur insu. En un mot, on ne trouve pas chez eux ces vues si nettes sur l'importance qu'offrait l'antiquité pour la régénération de l'art moderne, ces entraînements d'archéologues auxquels cédèrent si souvent les Médicis, les Strozzi, les Rucellai. Peut-être ont-ils mis à profit leur séjour à Rome pour procurer à Laurent le Magnifique quelques-uns de ces marbres, de ces pierres gravées, dont il était si friand ; mais en cela ils n'ont fait que remplir leur rôle de correspondants de la banque des Médicis. Quant à collectionner pour leur propre compte, il ne semble pas que l'idée leur en soit venue.
Jean Tornabuoni, l'oncle de Laurent, a laissé des marques de sa magnificence à Rome aussi bien qu'à Florence. Lorsque sa femme, Francesca di Luca Pitti, mourut en 1477 sur les bords du Tibre, il chargea Verrocchio de sculpter les bas-reliefs du monument funéraire (on sait que ces sculptures ont passé de l'église de la Minerve, de Rome, au Musée national de Florence). Ghirlandajo compléta l'œuvre de Verrocchio par Y Histoire de la Vierge et par YHistoire de saint Jean-Baptiste, peintes à fresque, et par un retable. Ce fut là le point de départ d'une amitié qui ne se démentit pas : de retour clans sa ville natale, Jean Tornabuoni commanda au peintre les fresques de Santa Maria Novella, un des chefsd'œuvre de la Renaissance florentine. Rome conserve un autre souvenir encore de la piété et de la munificence du banquier florentin. Jean, ayant
1. Passerini, Curiosità storico-artistiche florentine, t. I, Florence, 1S66.