‹ Les précurseurs de la RenaissanceChapitre 124 sur 132 · BERNARD RUCELLAI · texte numérisé non relu

BERNARD RUCELLAI

L'érudit florentin compléta ces investigations par un recueil de dessins dans lequel figuraient des vues des Thermes Antonines, des Thermes de Dioclétien, du Colisée, de Tare de Titus, des ruines d'un petit édifice situé entre le Capitole et l'Esquilin l. Cette précieuse collection semble malheureusement perdue.

Le Liber de Urbe Roma resta inédit jusqu'au siècle dernier ; ce n'est donc point par cet ouvrage que Bernard Rucellai a pu exercer une grande influence sur ses contemporains. Il s'est acquis des titres bien autrement considérables à leur reconnaissance en formant dans ses jardins, les fameux Orti Oricellariï, une série d'antiques qui put consoler les artistes florentins de la dispersion du musée des Médicis. Une lettre de Michel Verino à Simon Canigiani nous fait connaître la richesse du médaillier réuni par messire Bernard 2. Pierre Crinito, dans une poésie adressée « ad Faustum de Sylva Oricellaria », décrit un de ses marbres antiques 3. Bernard lui-même nous parle d'un bas-relief (sans doute un sarcophage) qui lui appartenait et qui représentait des Tritons 4.

La chute des Médicis avait compromis l'existence de leur célèbre Académie platonicienne. Bernard tint à honneur, lorsque le calme fut rétabli, d'offrir un asile à cette institution, qui a joué un si grand rôle dans le développement de la Renaissance. C'est dans les Orti Oricellarii que furent lus pour la première fois, parmi tant d'autres ouvrages célèbres, les Discours sur la première Décade de Tite-Live, un des chefs-d'œuvre de Machiavel. Lors de son voyage à Florence, en i5i6, Léon X daigna assister à une séance de cette Académie platonicienne, qu'il avait si souvent présidée, lorsqu'il ne s'appelait encore que le cardinal Jean de

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