‹ Les précurseurs de la RenaissanceChapitre 13 sur 132 · Voy. plus loin le chapitre sur Florence · texte numérisé non relu

Voy. plus loin le chapitre sur Florence

4. « Nous n'avions point encore fait un pas, lorsque je m'aperçus que cet escarpement circulaire, qui paraissait inaccessible, était de marbre blanc et tellement enrichi de sculptures que non seulement Polyclète, mais la nature elle-même en auraient été vaincus. » (Purgatoire, ch. X, v. 28-3i.)

5. Voy. le beau travail de M. Gaston Paris : la Légende de Trajan. Paris, 1878, p. 267. M. Paris a montré que Dante, contrairement à l'opinion de M. de Rossi, n'avait pas sous les yeux un bas-relief, faisant partie d'un arc situé près du Panthéon, lorsqu'il a raconté la touchante légende de la Justice de Trajan.

6. Discours sur l'état des beaux-ar.s dans l'Histoire littéraire de la France au xivc siècle, 2e édit., t. II, p. 77.

Mais ne demandez pas au prince des humanistes de regarder en face ces monuments qu'il semble admirer de confiance : un tel effort serait trop grand. Il Ta bien montré en prenant la pyramide de Cestius pour le tombeau de Rcmus, la colonne Trajane pour le tombeau de Trajan, le Panthéon d' Agrippa pour le temple de Cybèle, etc., etc. Une seule fois il lui est arrivé de lire les inscriptions qui s'étalaient en caractères gigantesques sur le fronton ou à la base des monuments romains : en examinant celle de l'obélisque du Vatican, il a découvert que ce monolithe était consacré à des empereurs, « divis imperatoribus sacra ».

Telle était, à cette époque, l'ignorance des Italiens en matière d'épigraphie, que l'on citait, comme un prodige, un certain Romagnole qui savait déchiffrer les inscriptions étrusques. Vérification faite, l'une de ces inscriptions, qui existe encore, est tout simplement rédigée en latin, à l'aide des formules les plus connues : c. vibio. c. f., etc. Dieu sait quelle interprétation en donna le pauvre érudit ! 1

Ne soyons pas injustes, cependant, pour Pétrarque, l'initiateur par excellence. Rome et le monde antique tout entier ont contracté une dette éternelle envers celui qui a chanté en si beaux vers les vieux murs, source d'admiration et de terreur pour tous ceux qui se rappellent le temps passé :

L'antiche mura, ch'ancor terne ed ama, E tréma '1 mondo quando si rimembra Del tempo andato.

C'est à l'ami de Pétrarque, le tribun Cola di Rienzi (i3io-i354), que revient l'honneur d'avoir inauguré, nous ne dirons plus le culte, mais l'étude des antiquités. Singulier mélange de grandeur et de faiblesse, partagé entre la poésie et la politique, ardent champion de la liberté, sauf à s'entourer, après quelques mois de dictature, d'un faste tout oriental, Rienzi a été une des nombreuses victimes des souvenirs, j'allais dire des illusions classiques. Il ne s'inquiéta pas du sort d'Arnaud de Brescia, qui,

i. « Negli anni i 3oo passo un pelegrino che veniva da Roma et era délie parti di Romagna, chiamato per nome Giovanne de Giapeco d'Astorre, il quale sapeva lettera etrusca, et lesse quelle lettere che sono nell' altare grande... » (Giornale di Erudipone artistica, t. I, 1872, p. 1S4.)

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