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TÊTE IMITÉE DE L'ANTIQUE

Deuxième porte du Baptistère de Florence.

juvénile évidemment inspirée d'un Apollon ; ailleurs un guerrier digne de

figurer parmi les légionnaires de l'Empire romain, ou un Samson ressem-

blant à s'y méprendre, Vasari déjà en a fait la remarque, à un Hercule. S'il faut en croire le biographe que nous venons de citer, Ghiberti poussa même l'admiration de l'antiquité jusqu'à copier (Vasari dit contrefaire) des médailles grecques ou romaines1. Et cependant, malgré ces emprunts, l'auteur des portes du Baptistère est bien plus le représentant du moyen âge que le champion des idées nouvelles. Chez lui, l'imitation de l'antique se borne en quelque sorte aux accessoires, à des détails de costume, d'ornement : l'idée, comme le style, reste foncièrement chrétienne.

La collection de Ghiberti comprenait principalement des marbres et des bronzes. Albertini et Vasari, qui l'ont encore vue, proclament la haute valeur des pièces réunies par l'illustre sculpteur-. Ghiberti ne s'était pas contenté de mettre à contribution l'Italie, il avait étendu ses recherches jusqu'à la Grèce. Grâce aux relations fort suivies qui existaient alors entre Florence et la partie orientale de l'Europe , il put notamment se procurer un grand vase sculpté, un vrai chef-d'œuvre, au dire d' Albertini 3.

Après avoir longtemps fait l'ornement de la maison de Ghiberti, la collection fut vendue par un de ses héritiers. Heureusement toute trace des trésors dont elle se composait n'a pas disparu. Parmi les marbres, les annotateurs de Vasari citent le torse d'un satyre, œuvre grecque d'une bonne époque, un torse de Vénus analogue à la Vénus de Médicis, le torse d'une autre Vénus, ceux d'un Génie, d'un Narcisse et d'un Mercure. La première de ces antiques fut acquise par le grand-duc Pierre- Léopold ; elle se trouve aujourd'hui aux Offices ; la seconde, après l'extinction de la famille Gaddi, devint la propriété du marquis de Sorbello, puis celle d'un Oddi de Pérouse. Le torse du Génie, attribué à Praxitèle, passa des mains du marquis de Sorbello dans celles du chevalier Lorenzo Adami. Quant

1. Vasari, éd. Milanesi, t. II, p. 223. Cf. p. 23 1, 232, 233, 238.

2. « OItre le cose di sua mano (Lorenzo), lascio agli eredi moite anticaglie di marmo e di bronzo; come il letto di Policleto, ch'era cosa rarissima ; una gamba di bronzo grande quanto è il vivo, ed alcune teste di femmine e di maschi con certi vasi, stati da lui fatti condurre di Grecia con non piccola spesa. Lascio, parimente, alcuni torsi di figure e altre cose moite, le quali tutte furono insieme con le facoltà di Lorenzo mandate maie, e parte vendute a messer Giovanni Gaddi, allora cherico di caméra; e fra esse fu il detto letto di Policleto e l'altre cose migliori. » (Éd. Lemonnier, t. II, p. 120, 121; éd. Milanesi, t. II, p. 245.)

3. « Non fo mentione di quelle excellentissime per mano di Polycleto antiquo, sono in casa e Ghiberti, dove ho visto uno vaso grande marmoreo intagliato bellissimo, il quale Lorenzo Ghiberti fec» portare di Grecia, cosa bellissima. » (Albertini, Memoriale.)

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