‹ Les précurseurs de la RenaissanceChapitre 34 sur 132 · Loc. cit · texte numérisé non relu

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2. Nous manquons encore d'un bon travail sur Alberti. Cette lacune, nous sommes heureux de l'apprendre à nos lecteurs, sera prochainement comblée par M. H. Janitschek, professeur à l'Université de Prague.

suivant encore comme antique, il se place au premier rang des latinistes ; tantôt il fait revivre clans Fart de bâtir les principes des anciens Romains. Chez d'autres , la puissance de l'assimilation exclut souvent l'initiative; chez lui, elle semble la développer. Ce champion des humanités a fait les plus grands efforts pour remettre en honneur sa langue maternelle ; nous le voyons notamment ouvrir, en 1 44 r , un concours pour les poésies écrites en italien '. Il est, en outre, le premier qui ait cherché à introduire dans la langue vulgaire les mètres antiques \ Sa curiosité, toujours en éveil, ne profite pas moins aux sciences exactes ; il perfectionna entre autres la chambre claire et en tira un brillant parti pour les relevés topographiques. Son Traité d'architecture contient sur son programme un aveu cligne d'être recueilli : « Je n'écris pas seulement pour les artistes (lisez : spécialistes), mais encore pour les esprits curieux de s'instruire : « non enim scribimus solum fabris , verum et studiosis etiam rerum dignarum. » (Liv. II, chap. xi.) Le savant, chez lui, est toujours doublé d'un penseur.

Malgré son admiration pour Niccolô Niccoli , dont il se proposait d'écrire la biographie, malgré sa liaison avec le Pogge et avec Flavio Biondo, qui le mit en relations avec le pape Nicolas V3, Alberti étudie les monuments antiques plutôt comme artiste et comme constructeur, que comme archéologue. L'influence de Brunellesco l'emporte ici sur toute autre : les dates des édifices, la succession des styles lui importent peu, il les considère comme des modèles, non comme des types.

C'est un ouvrage bizarre que ce Traité d'architecture, ce De re œdificatoria, qui, composé sur l'invitation de Lionel d'Esté, traduit par l'auteur en latin, vers 1452, et offert au pape Nicolas V, parut définitivement en 1485 par les soins de Politien, qui le dédia à Laurent le Magnifique. Des conseils essentiellement pratiques sur le chauffage, la ventilation, la salubrité'1, y alternent avec des essais d'esthétique transcendante: clans le chapitre v du livre IX, par exemple, Alberti cherche à appliquer à l'architecture les principes de la musique. Même éclectisme clans le choix

1. Alberti, Gli Elem'enti délia Pittura, éd. Mancini, Cortonc, 1864, p. 20.

2. Carducci, La Poesia barbara nei secoli XV e XVI. Bologne, 1881.

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