COSME DE MEDICIS
Les appartements étaient ornés de soffites peints ou dorés, de lambris en bois de cyprès. Les tapisseries s'y mariaient aux fresques ou aux tableaux de chevalet. Paolo Uccello était représenté par plusieurs compositions importantes : des Combats de lions, des Combats de dragons, des Pâtres dans an paysage, trois Batailles (tre quadri colla rotta di San Romano), X Histoire de Paris1. Parmi les meubles on remarquait les coffrets peints par un artiste célèbre, Dello. L'argenterie était particulièrement belle et précieuse. Advogadro cite parmi les pièces les plus riches un surtout de table en forme de navire.
Quant aux antiques, elles semblent avoir été dispersées selon les besoins de la décoration, plutôt que groupées par séries. Dans le cortile qui correspondait à la Via de' Ginori, on voyait un beau Marsyas (en marbre blanc) suspendu à un arbre et attendant l'exécution de l'arrêt fatal. L'artiste chargé de la restauration de cette statue ne fut autre que Donatello. Le grand sculpteur florentin restaura également une masse de bustes antiques, qui prirent place au-dessus des portes2.
Selon toute vraisemblance la Vénus de Médicis appartenait dès lors à la famille qui lui a donné son nom. Un auteur de la fin du xive siècle, Benvenuto Rambaldi d'Imola, décrit en effet, comme se trouvant à Florence, chez un particulier qu'il ne nomme pas, une statue de tout point semblable au chef-d'œuvre de la Tribune des Offices3.
La recherche de ces morceaux, dès lors si ardemment convoités, mit
p. 148), nous entretient de dessins faits pour la même cour en 1452 par le sculpteur florentin Maso di Bartolomeo : « Per manifattura di due disegni... l'uno fu un fregio alto 7, 8, che va sotto el denanzi del chortile del palazzo, e 11110 architrave che va sotto detto fregio. » — « Per teste designate che sono nel fregio sopra le cholonne del chortile del suo palagio. » Ces ornements, peut-être en stuc, n'auraient-ils pas disparu lors des travaux exécutés au palais des Médicis par le marquis Riccardi ? Une inscription, incrustée dans le cortile. rappelle que ce dernier « in postica auxit parte » le palais acheté en 1 6 5 9 , et que son héritier « intus forisque duplo ampliavit (1690), veterem partem in meliorem formam redegit, ornavit, ornât» (171 5).
1. Vasari, éd. Milanesi, t. II, p. 208. Ces peintures figurent encore dans l'inventaire rédigé à la mort de Laurent le Magnifique.